‹ Correspondance de Louis VeuillotChapitre 6 sur 73 · Louis Veuillot a parlé de ce voyage avec Mathilde dans · texte numérisé non relu

Louis Veuillot a parlé de ce voyage avec Mathilde dans

Allons, ma bonne petite, un peu de courage,

nous nous reverrons bientôt; dans huit jours, je

commencerai à revenir ; je n'aurai plus à visiter

que Chambéry, la Chartreuse et Lyon ; je presserai

ma course, afTamc de le revoir, toi et ta chère

enfant, affamé de reposer mon cœur auprès de ce

que j'ai de plus cher et d'ouvrir mes yeux sur ce

que je trouve de plus beau.

Ton mari fidèle et dévoué,

Louis.

A la même.

26 août.

Nous sommes sur la route de Sallanches, à deux pas de l'endroit où Ton tire le canon pour faire parler ce bel écho dont tu te rappelles, sans doute, les retentissements. L'excellente famille qui nous donne l'hospitalité nous apprend que nous avons vingt minutes d'ici au passage du courrier, et j'en profite, ma bien chère femme, pour t'adresser un petit mot de souvenir. Nous sommes toujours florissants de santé, dans un beau pays, chez de bonnes gens. Nous avons couché cette nuit chez les Jésuites , qui m'ont donné la chambre des évoques et d'où j'ai emporté, avec les plus doux souvenirs, une centaine de très belles pièces, engraissées du sang des saints. Tout va bien, très bien, fort bien, mais,

Ça et là, livre premier : Du Mariage et de Clianiounix. Il sy nomme Sylvestre et la nomme Marianne.

mais, mais.... tu n'es pas là, et tout manque de quelque chose qui est indispensable à mon bonheur. Oh ! que je t'aime et que j'ai bien prié pour loi ce matin !

Prends courage, ma bonne petite, je reviens. Samedi soir, je serai à Annecy, riche de notes ; dimanche, je prépare mes paquets; lundi, nous couchons à Ghambéry, et de là nous faisons route pour Lyon en passant par la Grande-Chartreuse. Je l'écrirai encore d'Annecy ; mais toi, ma bienaimée, ne m'écris plus qu'à Lyon, poste restante K

Je ne saurais te dire combien le temps me durera jusqu'à Annecy ; je n'ai pas reçu de tes nouvelles depuis six jours. Juge de mon impatience.

Adieu, ma chère femme; voici le courrier, il faut finir. Embrasse bien ma chère enfant. Parle-lui bien de son père, et toi, songe bien à celui à qui tu appartiens par la volonté du bon Dieu. Je m'arrête; si je te disais tout ce que j'ai dans l'ânje, il me semble que ton cœur battrait comme le mien, jusqu'à le suffoquer. Gela n'est pas bon pour les nourrices. Adieu, mon amour. Ma vie est à loi tout entière. Il ne se passe pas un moment que mon cœur ne ratifie l'engagement du 31 juillet. Et dans ces pays où je retrouve la trace des premiers jours de l'année de miel, je crois t'aimer avec plus d'ardeur encore. Mille

1. Qu'on n'oublie pas qu'alors les lettres mettaient trois ou quatre jours pour aller de Sallanches à Paris.

baisers sur ton front si pur, sur tes doux yeux, sur tes mains enchaînées aux miennes.

Louis.

Comment as-tu fait la Saint-Louis hier ? Moi je l'ai employée à prier au moins cent fois dans la journée pour Malhilde et Marie, les bons anges d'un pauvre malheureux pécheur qui ne mérite pas tout le bonheur que Dieu lui a donné.

A la me me.

25 février 1848».

Ma chère Mathilde,

Tout va bien, l'ordre est rétabli , je ne suis pas encore de la garde nationale, mais j'en serai ce soir, et Eugène aussi. Tout le monde s'en met, et tout le monde a bien raison. Il faut soutenir ce gouvernemenl. S'il ne s'appuie pas sur les bons, il s'appuiera sur les méchants et tout sera perdu.

J'ai dormi fort tranquille celte nuit, après avoir fait une petite promenade assez triste dans la chambre des enfants et regardé dans le cabinet de toilette pour voir si je ne t'y trouverais pas. Hélas ! ma pauvre femme, que ce serait une triste

1, Dès le 24 février, mon frère avait fait partir sa femme et ses enfants pour Versailles, où demeuraient les parents de Malhilde.

chose d'être séparés. Mais nous ne le serons pas; j'ai beaucoup d'espoir pour la paix, j'en ai même beaucoup pour la religion. Elle n'a point été insultée, elle ne le sera pas. Si elle devient libre, il faudra rendre grâce à Dieu. La Providence nous aura fait un grand cadeau par ce coup de tonnerre et il n'y aura pas de meilleur républicain que moi.

Je vais aller tout à l'heure chez maman Andry^ pour rassurer les bonnes. Je pense que demain tout sera remis en ordre dans son quartier qui est plein de barricades. Reste à Versailles jusqu'à demain, si tu ne gênes pas trop. J'irai te chercher.

Adieu, ma bonne Mathilde. Embrasse tout le

monde pour moi. Je suis très pressé et je te

laisse.

Ton mari.

A la même.

28 février 1848. Dimanche, 11 heures.

Ma chère.

Hier, j'ai battu le pavé toute la journée, je suis allé à Notre-Dame des Victoires et chez maman Andry (quelques instants plus tard, je l'au. rais rencontrée); de là, je suis venu chez moi faire un article, j'ai diné chez Eugène, j'ai acheté un uniforme, j'ai trouvé un fourniment, j'ai as-

1. La grand'iaère de Mathilde; elle habitait le quartier Saint-Martin.

sislé à une séance du comilé (catholique), je suis revenu au journal, j'ai corrigé mon article, et à onze heures et demie je me suis rendu au corps de garde, où j'ai passé la nuit. Je rentre à l'instant. Tu peux juger si je suis fatigué; mais j'éprouve un vif contentement d'avoir rempli ce que je regarde en ce moment-ci comme le plus grand devoir d'un honnête homme. L'ennui de ces veilles, qui se renouvelleront souvent, est bien compensé quand on se dit qu'on veille au salut d'une si nombreuse population, et qu'en se protégeant soi-même on protège aussi ce qu'on a de plus cher. J'ai assisté à la sainte messe avant de rentrer. Il y avait plus de monde qu'à l'ordinaire : double sujet de consolation. L'attitude de la garde nationale est très rassurante. On peut espérer qu'elle ne se laissera pas faire la loi parles émeutiers. Il était temps. Outre les communistes, qui rêvent et qui désirent le pillage, il y a dans Paris quarante mille malfaiteurs qui sont armés jusques aux dents, et point de police! Si Dieu nous préserve, comme je le crois fermement, de ce danger immense, jamais il n'aura mieux prouvé qu'il est encore plein de miséricorde, lors mémo qu'il s'irrite et punit.

Les prêtres ne sont point insultés, au contraire. Ils circulent librement dans les rues avec leur soutane, et ils font bien de la montrci-. Je regrette qu'on ait renvoyé les élèves du séminaire de Versailles. La confiance est un puissant moyen de salut. Si les prêtres se cachaient et qu'on perdit

l'habitude de les voir, ils auraient ensuite beaucoup plus de difficulté à se montrer. Ils doivent prouver qu'ils se sentent le droit d'être ce qu'ils sont. Dis-le bien à ceux que tu verras. Je ne doute pas que ceux qui voudraient les insulter à Paris en ce moment, ne fussent très riofoureusement punis sur l'heure par le peuple lui-même.

On a fait courir le bruit que le Sacré-Cœur et les Oiseaux étaient menacés. La garde nationale s'y est portée aussitôt. Elle a trouvé tout parfaitement tranquille.

Beaucoup d'ouvriers se sont enrôlés dans la garde nationale , avec les bourgeois', pour défendre le bon ordre et la propriété. Le gouvernement provisoire se conduit très bien. On peut dire que les hommes qui le composent valent mieux aujourd'hui qu'ils ne valaient il y a huit jours.

Le P. Lacordaire va prêcher à Notre-Dame : je n'y pourrai pas aller et j'en ai grand regret, mais il faut que nous fassions le journal aujourd'hui.

Je crois, du reste, que je ne le ferai pas longtemps. Le pauvre Taconet veut absolument se retirer, et il se retirera. Naturellement, nous nous en irons avec lui, et ce sera probablement M. de Goux qui me remplacera, ou du moins, ce sera sa couleur^. Que ferai-je alors? Dieu seul le sait. Nous

1. M. de Coux adhérait de tout cœur à la république, tandis que Louis Veuillot se contentait de l'accepter très sincèrement, avec la résolution de louer ou de condamner ses actes, selon le caractère qu'ils auraient. Ce fut M. de Coux qui partit. Il fit VÈrc noin'clle avec Lacordaire, Frédéric Ozanam, l'abbé Maret, etc. Comme les membres du gouvernement

ne pouvons nous dissimuler que nous serons, de façon ou d'autre, atteints comme tout le monde par le contre-coup de ces événements. Que la volonté de Dieu soit faite! Il ne nous abandonnera pas dans le fort de réj)reuve, et nous ne nous abandonnerons pas nous-mêmes. Je me sens plein de courage et au-dessus de tous les coups de la fortune, pourvu seulement que ma chère Malhilde et nos chers enfants me soient laissés. Si nous gagnons par nos privations, nos angoisses et notre soumission, d'effacer quelques-uns de nos péchés, et d'avancer en nous et dans le cœur de quelques autres le règne de Dieu, nous gagnerons plus que tous les trésors de ce monde. Ainsi donc, ma bonne amie, courage, confiance, soumission, amour. Rappelle-toi toujours la façon dont nous agissons envers nos enfants. Quand nous les punissons, c'est qu'ils l'ont mérité, et nous n'avons d'autre but que de les rendre meilleurs; quand ils demandent pardon, nous avons déjà pardonné. Dieu n'est ni moins juste, ni moins prévoyant, ni moins miséricordieux que nous. Seulement comme il faut reconnaître que nos fautes sont un peu plus graves et un peu plus réfléchies que celles de Marie, nous ne devons pas nous étonner que Dieu frappe un peu plus fort, et fasse un peu plus longtemps la sourde oreille. Quand le moment de pardonner sera venu, et même avant qu'il vienne, la sainte

redevinrent très vite les ennemis qu'ils avaient été avant de prendre le pouvoir, l'Univers eut souvent à les condamuer et rarement à les louer.

DE LOUIS YEUILLOT 15

Vierge jettera vers le Père justement irrité un de ces regards que Mathilde tourne vers Louis en colère ; ce regard veut dire : assez; il est irrésistible et le bon Dieu ouvrira ses bras aux pauvres coupables.

Depuis quelques jours, il y a une prière que je ne me lasse pas de redire, tant je la trouve belle et consolante; c'est le De profundis. Je me regarde comme perdu dans l'abîme du péché, et de là, j'élève vers Dieu ma voix suppliante. Ce verset surtout me donne une confiance infinie : Si iniquitates observaveris^eic. Peut-être n'y as-tu jamais songé ? Prends l'habitude de le redire avec moi. Oh ! que ces catastrophes qui font tant de mal aux intérêts périssables font de bien par compensation aux intérêts éternels !

Ta chère lettre m'a rendu très heureux. Le bon Glédat me l'a apportée tout de suite. Tu peux m'écrire directement. Je marche avec le gouvernement et je n'ai rien à craindre. J'irai te chercher ou tout au moins te voir demain, ou mardi au plus tard. Embrasse bien pour moi tes bons parents. Tu peux leur dire combien je les aime. Et nos pauvres petites! que de baisers je leur envoie sans cesse, ainsi qu'à toi, du fond démon cœur !

A la même.

Mercredi matin, 2 août 18'i9.

Juge du plaisir avec lequel j'ai reçu ta lettre par celui que la mienne l'a fait. Nos cœurs devaient se rencontrer dans ce cher anniversaire du 31 juillet; ils s'y sont embrassés, avec tristesse, à cause de la situation présente ; avec espérance, parce que nous connaissons tous deux la bonté paternelle du Dieu qui a formé nos liens. Toute la journée, mon âme a été embaumée de toi, tantôt je me souvenais, tantôt j'espérais, tantôt je m'attendrissais. Je te voyais contente et étonnée comme tu l'étais dans les premiers jours; je te voyais souffrante et pâle dans ton fauteuil ; je te voyais guérie, reprenant nos promenades et nos modestes petits plaisirs; petits, mais si doux et si purs. Il faisait hier une espèce de beau temps d'automne, paisible et un peu triste, comme je les aime. Je me disais : Comme nous en jouirions ensemble ! Mais j'ajoutais : Ce que nous perdons pour le temps, nous le gagnons pour l'éternité. Cette journée d'anniversaire nous vaudra mieux dans le ciel, à cause de ses épreuves et de ses privations, que si elle nous avait apporté toutes les joies que nous étions en droit d'en attendre. Ainsi donc que Dieu soit béni. Notre malheur semble plus grand parce que nous nous aimons, mais en réalité combien cet amour mutuel l'adoucit! J'ai parlé de toi toute la

journée. Ce matin, je t'ai écrit, chez les Pères Jésuites; je t'ai recommandée à leurs prières et tous ceux qui étaient présents m'ont promis de dire la messe pour toi; le soir, à Sceaux, je m'en suis donné. J'étais fort heureux, parce que notre excellent père avait apporté de bonnes nouvelles. Nous avons bu à ta santé. Enfin, en rentrant chez moi, j'ai trouvé ta lettre ; je t'aurais écrit tout de suite si mes yeux me l'avaient permis.

A la même.

Saint-Valery-en-Caux, fête de saint Louis 1849.

J'ai eu le bonheur de communier ce matin. Je te laisse à penser si j'ai prié pour toi; mais juge de mon émotion, lorsqu'après la messe j'ai vu venir à l'autel une jeune femme, accompagnée de sa mère portant un petit pain et un enfant nouveau-né. C'était la femme d'un matelot qui faisait ses relevailles. Le mari n'assistait pas à la cérémonie, il était absent, peut-être en mer. J'étais déjà fort attendri d'avoir reçu le bon Dieu. Mon cœur n'a pas résisté à ce spectacle qui te représentait à moi si vivement. J'ai caché ma tête dans mes mains et je me suis mis à pleurer. La jeune femme qui relevait était faible et pâle, et les cris de son enfant avaient déjà assez de force pour me donner à croire qu'un peu de temps s'est écoulé depuis sa naissance. Peut-être qu'il a aussi coûté de longues douleurs à sa mère.

Au sortir de la messe, je suis allé chercher mes lettres. J'en ai trouvé trois, toutes les trois de Versailles. J'ai lu d'abord celle qui a été adressée à l'autre Saint- Valéry. Je suis bien aise maintenant qu'elle ne me soit pas arrivée tout de suite, car elle m'aurait cruellement inquiété. J'espère que les douleurs qui te revenaient au côté, il y a huit jours, ont complètement disparu. Sous ce rapport comme sousd'autres, lalettre d'Arthur m'acharmé. Je m'en rapporte à lui plus qu'à toi dont la tendresse craint toujours de m'effrayer.

Rien de nouveau dans ma vie maritime. Elle est d'une monotonie parfaite; nous faisons toujours les mêmes promenades, aux mêmes heures, et nous tenons les mêmes discours ^ Le temps se laisse tuer d'assez bonne grâce; mais il ne faudrait pas jouer à ce jeu-là trop longtemps. Nous pousserons l'expérience jusqu'à mercredi prochain. Ce sera bien assez. Ensuite nous partirons pour le Havre; nous y flânerons quelques jours pour visiter les environs, puis nous nous embarquerons pour Paris où j'arriverai de mardi en huit. Si la chose est possible, je prendrai immédiatement le chemin de fer de Versailles. Dans tous les cas, j'aurai la joie de t'cmbrasser, le mercredi 4 septembre au plus tard. Je ne pense pas que d'ici là tu veuilles retourner à Paris. Je n'aimerais pas que tu fisses sans moi ce voyage, et il me semble que je te manquerais un peu dans la maison. Cependant je n'or-

1. Ces compagnons de voyage étaient le directeur et le géront de l'Univers, M. Taconet et M. iîarrier.

donne rien. Je te recommande seulement d'avoir de la prudence, et trop plutôt que pas assez.

Adieu, ma obère Malhilde. Je suis bien aise que la robe ail fait plaisir à ta maman. Je lui ait écrit, mais trop tard; j'oublie toujours que les fêtes se souhaitent la veille. Je m'en souviendrai à la pro* chaine Saint-Nicolas.

Tout à toi. Louis.

A la même.

Bruxelles, 21 décembre 1849.

Ma. chère femme, Je suis encore à Bruxelles pour deux jours. Le prince (de Metternich) veut que je dine une seconde fois avec lui, et nous retient parce que nous sommes pris aujourd'hui par le président de la Cour de cassation. Ces dîners ne m'empêchent pas de faire au prince des visites continuelles. Je le verrai deux ou trois heures aujourd'hui et quatre" ou cinq heures demain. Il dit à Bussières ' que je lui reviens tout à fait, et, en vérité, il me le prouve. Je reçois un accueil également gracieux de toutes les personnes de la famille. C'est quelque chose de terriblement haut pourtant que ces princesses autrichiennes, mais comme elles sont très bonnes catholiques et qu'il

1. Le vicomte Théodore de Bussières, Comme secrétaire d'ambassade, il avait connu à Vienne M. de Metternich et était resté en relation avec lui.

n'y a aucun sujet de froissement entre nous, non contentes d'être très polies, elles sont encore très simples et très bonnes.

Je continue d'être charmé de mon voyage. Le but principal en est rempli au delà de mon attente et même de mes vœux. J'aurai vu quatre fois, avec le plus grand loisir, l'homme que je voulais voir.

Dimanche matin, nous partirons d'ici pour Brugelette^; nous y resterons la journée, nous y coucherons, et lundi nous arriverons à Paris pour dîner.

Je n'irai point en Hollande, et de toute la Belgique je n'aurai vu qu'Anvers, où tu sais peutêtre déjà que j'ai passé la journée. J'ai reçu la bonne lettre. La nouvelle que tu me donnes m'a fait grand plaisir, comme tu le penses bien. Néanmoins, je t'engage à ne point te chagriner si l'affaire subissait encore des lenteurs. Plus j'y réfléchis, plus je la trouve difficile. Nous avons encore bien des obstacles à lever. Je n'ai pas besoin de te dire que je les aborderai avec courage et persévérance; mais d'avance, rendons grâce à Dieu de ce qu'il permettra, échec ou succès.

Je ne sais pas ce que je pourrai t'apporter de Bruxelles. Je n'y vois rien à acheter que des poêles. Je mange tous les jours deux douzaines d'Ostende. Je ne puis t'en porter, ni t'en envoyer. Mais je suis informé que quelqu'un en adresse à Paris dans une certaine maison du Palais-Royal

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