ETUDE SUR SA VIE XLV
part au siège de Rhinberg qui fut long * ; puis coopérer aux travaux de débloquement d'Ostende que l'archiduc Albert d'Autriche, général en chef des troupes ennemies, investit en 1601 *.
Un égal acharnement présidait à l'attaque et à la défense. Des mois se passèrent sans amener de résultat de part ni d'autre*. Alors, le supplice d'une séparation dont rien ne faisait prévoir le terme devint intolérable *. <ç Ma fille, écrit-elle le 20 janvier 1603 à « M"' de La Trémoille, je n'attends qu'un peu de beau temps pour « passer la mer*. »
Il fallait bien que l'amour maternel, despote égoïste et sublime, eût fait entendre sa voix irrésistible, pour que Louise quittât sa patrie au milieu de la crise où elle se débattait.
Les huit derniers mois, en effet, avaient été lourds pour la France. Désarmée par le traité de Vervins dont la signature avait suivi de trois semaines la promulgation de l'édit de Nantes, l'Espagne avait remplacé la guerre ouverte par les menées ténébreuses, l'épée par le poignard. Pendant un voyage qu'il avait fait à Paris l'an 1599. son allié et — qu'on nous passe le terme — son homme d'affaires, le duc Charles-Emmanuel de Savoie, avait pratiqué l'un des frères d'armes de Henri IV, le maréchal deBiron, « brave de peu de cervelle, sot glorieux que l'on pouvait pousser par l'orgueil et le mécontentement aux plus sinistres tentations* ».
* Correspondance, n» XCVll.
^ Ihid.y n"CI, cm, CIV.
^ Ibid,, n^* Cil et CIV; cf. les notes étendues dont nous avons cru devoir les accompagner. — Du Maurier, p. 226.
» Ibid., n» ex.
• Michclet, //rV/. de France^ Henri IV et Richelieu, chap. V.