‹ Correspondance de M. de Rémusat pendant les premières années de la restauration; (volume 2)Chapitre 30 sur 91 · DI · texte numérisé non relu

DI

CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉMUSAT, A LILLE

Paris, mardi 4 janvier 1820.

J'ai beaucoup tardé à vous écrire, ma mère, et j'ai eu grand tort. J'attendais toujours de vos nouvelles. J'avais besoin que vous missiez quelque chose sur le tapis, car je ne trouvais rien moimême à vous dire, sinon que je vous souhaite une bonne année. Je suis bien aise que mon père soit content de moi; d'autant plus aise que j'oublie assez souvent de regarder si je fais bien ou mal, et

que telle est la singulière situation où je suis placé, qu'elle me dégage à mes propres yeux d'une foule de devoirs qui paraissent importants aux autres, et m'en impose, en revanche, quelques-uns que d'autres trouveraient pénibles.

Je vous remercie des idées ouevous avez eues, et je les suivrai, autant que cela est possible. Quant à la dédicace, indépendamment de ce qu'elle n'est plus d'usage, et qu'elle aurait extérieurement quelque chose de subalterne, il suffit qu'il puisse y avoir quelque chance pour moi de devenir maître des requêtes, avant peu, pour que je ne doive pas, ce me semble, paraître acheter cette faveur par un hommage. Je ne pourrais, d'ailleurs, parler delà commission dont j'ai été, sans donnera mon ouvrage un caractère presque officiel, sans m'attirer aussitôt les attaques des partis. J'aurais beau protester, on attribuerait au gouvernement des idées qui sont les miennes, et il se pourrait très bien qu'il déplût très fort au ministre, ou aux membres de la commission, de se voir exposés, ou trahis, par l'imprudence ou l'indiscrétion d'un jeune homme. Ce que j'avais cru devoir faire, le voici : J'ai donné, dans ma préface, les raisons générales qui me paraissent autoriser les plus jeunes et les plus faibles à contribuer,

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