M. do Barante
toujours amusant, et parfaitement raisonnable. Je ne suis content qu'avec eux, ou en vous écrivant. Quand vous viendrez, on est disposé là à vous conter de drôles de choses. A la bonne heure!
CGCLXXXII.
MADAME DE RÊMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT. A PARIS
Lille, vendredi 30 octobre 1818.
Votre père avait bien tout l'air d'un homme en convalescence, faible, encore un peu pâle, la voix un peu tremblante, mais avec un pouls excellent, un meilleur appétit, de la sérénité dans Thumeur, et un besoin de marcher qui annonce le retour des forces. Cette convalescence demandera des soins et un peu de temps. Je ne puis donc prévoir, mon cher enfant, quand je partirai.
Vous saurez, avant l'arrivée de ma lettre, que nous avons nommé pour notre huitième M. d'Hancarderie. Ce diantre de Dubois, que ses intrigues, peut-être son argent, et l'arrondissement de Valenciennes, où il a des amis fort chauds, ont jeté au
travers de nos élections, les a toutes brouillées. On ne pouvait plus se recorder; le parti ultra marchait seul son chemin ordinaire; le parti libéral se partageait entre Dubois et Durut. Le commerce de Lille flottait incertain, et craignait le préfet de police. lia, au dernier moment, réuni ses voix aux ultra pour être sûr de la victoire, et M. d'Hancarderie a passé. Au reste, c'est le plus pacifique des tdtrày un honnête homme et qui louvoiera beaucoup, afin de n'être pris dans aucun mouvement trop vif qui déterminerait trop sa couleur. En somme, notre députation est bonne. Le peu de zèle des citoyens est pourtant singulier. Dans le déparlement, il devrait y avoir de quatre à cinq mille électeurs, il ne s'en est fait inscrire que deux mille quatre cents, et il n'en est pas venu tout à fait mille. Tant que cet engourdissement durera, les partis auront un grand avantage, et je vous avoue que voilà ce qui m'inquiète. Nous courons, je trouve, sur une pente bien rapide ; je vois avec quelle facilité ce qu'onappelle les jacobins et les bonapartistes, plus ou moins mal déguisés, peuvent arriver à égarer l'esprit des provinces, et à profiter de la torpeur de la multitude. L'année prochaine, la Chambre pourrait donc devenir encoreplus libérale, ou indé-
pendante qu'elle ne le sera cette année, et plus serait certainement trop. Le ministère sera-t-il assez fort pour lutter? le roi ne s'ébranlera-t-il pas dans un système qui favorise les entreprises de la portion remuante de la nation? Le trop petit nombre de députés ne deviendra-t-il pas un vice radical sans remède, et aurons-nous un moyen d'éviter les inconvénients d'une assemblée qui voudrait devenir trop législative?
Comme j'étais assez frappée par ces réflexions, j'en ai très sérieusement causé avec M. de Brigode qui me paraît assez heureusement blessé d'être aujourd'hui un peu confondu avec les jacobins, par l'accolement où certaines listes l'ont porté. Il n'est point ministériel; mais il semble sentir qu'il faut que le parti auquel il tient établisse une ligne de démarcation très nette entre lui et ces jacobins. 11 dit que, dès l'ouverlure de la Chambre, il faut s'engager les uns aux autres pour n'aller que jusqu'à un point qu'on se promettra bien de ne pas dépasser. Ce point sera-t-il celui de la raison? Voilà ce que j'ignore. Il me paraît important, si je ne me trompe, que le ministère cherche des forces dans ce parti libéral un peu plus modéré que le bout de la ligne : car il ne gagnerait rien chez les uUrày et
pousserait les autresà quelque emportement. Votre père a dicté surtout cela une longue lettre adressée à M. Decazes. Il y dépeintfranchementrétat des provinces qui est encore autre que celui de Paris; il hasarde doucement de très sages conseils : c Donnez, dit-il, tout ce que la disposition des esprits à cette époque exige; évitons de nous laisser forcer par Topinion ; lâchons de bonne grâce ce qu'on nous enlèverait, et ce qu'au fond la raison peut exiger, et par là nous aurons le droit d'être de fer sur les concessions qu'exigeraient les factions. Si la liberté n'est pas régularisée par des lois nettes, et qu'on ne pourra plus dépasser, nous courons le risque de la voir demandée par des esprits brouillons qui, s'enivrant les uns et les autres, la défigureront étrangement, et rendront impossible toute marche administrative. Ce qui a failli se passer dans cette province la plus paisible de la France doit éveiller surtout. »
Vous voyez que me revoilà, malgré moi, retombée dans la politique; c'est mon inquiétude qui m'y ramène. Les âmes généreuses seraient-elles donc appelées encore à être dupes des fâcheux? Les bons sentiments devront-ils encore être refoulés? Votre pauvre petite tante, et compagnie, viendront-elles
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nous dire, avec cette apparence de raisonnement qui quelquefois en impose à la raison : c Nous vous l'avions bien dit, > et cette logique toute passionnée Temportera-t-elle sur la nôtre, toute vraie, toute sentie qu'elle est? Dans le monde, les gens qui parlent ont si souvent l'avantage sur ceux qui sentent, que je vous avoue que je ne suis pas sans peur. Les Français ont tant de fougue réunie à tant de mollesse, qu'on n'est jamais sûr de pouvoir les contenir et les diriger en même temps.
Vous aviez raison de me mander que, dans le fond, madame de N... regrette Bonaparte. Il y a bien longtemps que, votre père et moi, nous nous confions que c'est là sa secrète pensée. Tant qu'elle a vécu étrangère à sa cour, dans les premières années du Consulat et de l'Empire, lorsqu'avecune imagination un peu vive et portée à l'espérance, on pouvait attendre de lui un avenir pour la France, elle n'y regardait guère, et demeurait indifférente à nos exaltations, j'en conviens assez imprudentes, mais enfin qui peuvent s'expliquer. Sa cour, vue de près, a produit, sur madame de N... et sur moi un effet tout différent. Elle m'a détrompée, et elle l'a séduite, et, suivant une route contraire, j'arrivais à l'indignation, au moment où elle montait à l'en-
thousiasme. La Révolution de 1814 l'a prise à ce point. Trop faible pour secouer ses opinions avec les événements, elle les a seulement revêtues d'une aut re couleur ; elle a mis le lys à la place de l'aigle, et voilà tout. Les circonstances m'ont servie; elles m'ont poussée dans un autre sens. Il est assez rare que, nous autres femmes, nous sachions leur échapper, et, quoique je me croie assez disposée à la raison, qui sait pourtant ce que j'aurais pensé, si ma jeunesse n'eût été de bonne heure flétrie par la souffrance, et si l'état de maladie où j'ai passé ma vie ne m'avait fait une fatigue de cette pompe active de la cour impériale qui, ne m'amusant point, m'a laissé la faculté de la juger, sans m'éblouir? Avec un peu de réflexion, je ne sais pas grand'chose dont, seule avec sa conscience, on puisse s'enorgueillir. Aussi, mon enfant, plus je vais, plus la vanité meurt en moi.
CCCLXXXIII.
CHARLES DE RÉMUSAT A MADAME DE RÉHUSAT, A LILLE
Paris, yondredi 30 octobre 1818.
Des visites fort importunes m'ont empêché de vous écrire ce matin; j'en avais cependant bonne envie et bon besoin. Écoutez : C'est un moment grave que celui-ci. Nous voyons en 1818 ce que nous ne croyions voir qu'en 1820. Les chances sont belles si l'on ne fait pas de fautes^ mais il n'en faut pas faire une seule. Il parait que le ministère le sent, et qu'il va commencer par agir sur lui-mème« en s' épurant et en se recrutant. Quelque habitués que nous soyons à la promptitude française, nous y sommes toujours trompés. Quel mouvement! qu'il est général! qu'il est instructif! Qui nous aurait dit, il y a un an, que, pour faire nommer M. Ternaux, le gouvernement ferait insérer dans les journaux la belle déclaration de ce candidat où il prend des engagements qu'on aurait jadis regardés comme les menaces de la plus fougueuse indépendance? Assurément, la leçon
est forte ; il parail qu'on Ta comprise, mais assurément on ne l'avait pas entendue. Quand je songe qu'il y a quinze jours, on ne voulait pas nommer Camille président dans l'Ain, et que, mardi dernier, quelques personnes croyaient encore que M. Bonnet serait nommé au premier tour M Ce qui me parait étonnant, c'est la disparition magique des uUrà; ils sont venus d'eux-mêmes donner leurs voix à M. Ternaux. La peur les a ralliés. Aussi verrezvous le ministère avec une majorité plus forte que l'année dernière. Il est seulement important qu'il ne soit point trop satisfait de cette supériorité numérique. Il paraît que son chef le comprend, et qu'il va nous le prouver, et cela dans huit jours.
Ce qui, au reste, est un motif de sécurité bien grand, c'est la tranquillité réelle et inaltérable du pays; c'est quelque chose de merveilleux que le calme de Paris, au milieu de la lutte si vive de ces trois jours. Et je vous dirai plus : C'est un choix peu honorable que celui de M. Constant; mais j'ai acquis la preuve que les électeurs qui le portaient,
1. La lutte qui se poursuivait à Paris entre M. Ternaux et M. Bonnet était celle qui ne s'est point ralentie entre le centre gauche et le centre droit.
à Texception de trois ou quatre cents intrigants, le faisaient par une tendance morale et dans une direction très estimable. Sa personne leur est inconnue, mais ses écrits ne le sont pas. La pureté de ses doctrines séduit; j'ai vu une foule de gens qui le regardent comme un saint, et de la meilleure foi du monde. Sa popularité est un hommage rendu à la pensée : c Elle prouve, me disait un de mes amis, que le mysticisme est ce qu'on aime le mieux dans ce pays-ci. »
Ainsi, il ne faut point s'alarmer. Rien n'est si sot que ces figures allongées qu'on voit depuis huit jours. Il fallait connaître la France. La voilà telle qu'elle est. Le gouvernement représentatif repose sur les faits, les voilà; la route est tracée ; il n'y a qu'à marcher.
Nous ne manquons pas ici de personnes qui ne savent trop sur quel pied danser. Celte pauvre madame deL... est dans un grand état d'alarme. Elle nous consulte tous successivement dans les coins. Je ne sais quelle induction générale elle tire des mille avis qu'elle accueille tous de même. Madame de Vintimille est plus contenue et plus habile ; les gens mêmes qu'elle daigne consulter, entre deux portes, assurent qu'elle concède les doctrinaires.
Il n'y a rien de si piquant que de voir des personnes ultra par nature, que des circonstances ont empêchées de l'être par conduite, aux prises avec la réalité du gouvernement représentatif, et tout effarouchées du résultat naturel des efforts que l'on fait depuis deux ans, et qu'elles ont elles-mêmes approuvés et secondés.
Vous me parlez du livre de Gourgaud *. C'est un récit de la bataille de Waterloo, très curieux sous tous les rapports, et qui porte partout l'empreinte de la griffe du maître. Je ne l'ai point lu, mais tous ces messieurs en sont très frappés. Tâchez de l'avoir, et de le lire. C'est dans la préface que se trouve cette phrase étonnante lancée comme un brûlot au milieu des rois de l'Europe : c L'avenir apprendra si la bataille de Waterloo a raffermi ou
1. Le général Gourgaud, né en 1783 et mort en 1852, ancien aide de camp de Tempereur, avait accompagné Napoléon à Sainte- Hélène, n venait d'en revenir, ramené par une altération de sa santé, ou par des dissentiments avec les autres captifs, mais fort soupçonné de préparer une évasion . Il fut môme, pour cela, arrêté et emprisonné en Angleterre. Il publia un grand nombre de lettres à Marie-Louise, aux empereurs de Russie et d'Autriche, pour exposer la situation et les misères de Tempereur à Sainte-Hélène, et surtout une relation de la bataille de Waterloo qui déplut fort à lord Wellington, et qui passait pour avoir été dictée par l'empereur
ébranlé les trônes. » La lettre de Gourgaud à Marie-Louise est bien plate et bien ridicule.
L'empereur de Russie a été fort aimable, et de bien bon goûl, de venir voirie roi, sans s'exposer aucunement aux témoignages de reconnaissance que lui devaient les Finançais. Le roi de Prusse, qui n'a pas lieu d'être si modeste, va partout et personne n'y pense* .
GCCLXXXIV.
MADAME DE RÉMUSAT A SON FILS CHARLES DE RÉMUSAT, A PARIS
Lille, mardi 3 novembre 1818.
Je vous remercie de ce que vous me dites de vous-même. Je suis plus hardie que vous, et je conçois de bonnes espérances pour l'avenir, parce que je vois que vous possédez une qualité très utile, celle de savoir vous juger sans illusions; on va loin quand on sait se voir marcher. Vous compre-
1 . L*empereur de Russie et le roi de Prusse étaient arrivés à Paris le 28 octobre, venant d'Aix-la-Ghapelle. L'empereur n'y resta qu'une journée, tandis que le roi demeura aux Tuileries quelques jours.
nez les choses, vous vous comprenez; reste à regarder aux individus, non seulement pour les connaître, ce que vous savez assez bien, mais encore pour agir d'après cette connaissance, et concéder au prochain, ce qui est vraiment nécessaire, même quand cela déplaît un peu. Voilà, mon ami, à quoi il faut s'appliquer; car, dans ce bas monde, dès qu'on vaut quelque chose de solide, il faut en quelque sorte se le faire pardonner.
Je regarde la destinée de la France comme attachée à cette session. Je crois qu'il faut se hâter de finir des lois qui deviendraient de jour en jour plus difficiles. Bon Dieu! qu'on se fût évité d'embarras en cassant net la Chambre de 1815, et, sans s'embarrasser du présent, en travaillant dès lors pour l'avenir. On a fait des fautes qui sont déjà irréparables. 11 s'agit de les replâtrer plus ou moins bien. Il me paraît, autant que j'y puis voir, que dans les deux partis qu'on redoute, il y a deux dispositions dont on peut profiter. Les ultra ont franchement peur ; on pourrait rallier quelquesuns d'entre eux. Les autres ne voudraient point passer pour des Jacobins, et craignent Taccolement avec ceux qui vont droit à la république. Possible est donc encore de se recruter dans ce côté. La
route à tenir est donc un peu difficile, mais elle est si droite, que, si on s'égare, c'est qu'on l'aura voulu.
Voilà ma politique épuisée. Je n'aime pas beaucoup les lettres de madame Du Deffand, et si cette femme avait vu clair, je ne les aimerais point du tout, mais sa tristesse et son découragement ont une excuse. Quant à Voltaire, il me parait toujours le plus singulier personnage qui ait existé, et les facultés actives de l'intelligence humaine ne semblent pas pouvoir aller plus loin que les siennes. On fera mieux que lui telle ou telle chose, mais difficilement on serait tout lui. Afin de ne point perdre l'idée de ce qu'il était, si on me proposait de ne garder qu'un seul de ses ouvrages, je conserverais sa correspondance, sans hésiter. C'est un étrange mais imposant monument... monument de quoi, mon fils ? Je m'arrête ici tout court, vous finirez ma phrase tout comme il vous plaira.
J'ai lu le quatrième numéro du Conservateur^ ^
1 . Le Conservateur, recueil périodique consacré à la défense des principes et des intérêts politiques, et surtout religieux, de la Restauration avait été fondé, au mois d'octobre 1818, par MM. de Vitrolles, de Montmorency, de Chateaubriand, de Bonald, de Genoude, de Lamennais, deVillèle, Fiévée, etc. La Censuer,
qui me semble médiocre. Je suis presque en colère du morceau religieux qui le commence. Pourquoi ne pas présenter la religion, au contraire, comme la source de la véritable instruction du pauvre? En effet, les anciens ne s'étaient guère occupés d'instruire le peuple, et les écoles pour les basses classes n'ont pris naissance qu'avec le christianisme. A quoi bon ravaler l'humanité, et vouloir que l'ignorance soit le seul moyen de la conduire à la vertu ? Oh ! que certains prêtres entendent mal les avantages qu'ils pourraient tirer de ce siècle oiï l'on peut jeter de nouveaux fondements pour toutes choses I Que je suis fâchée de ne pouvoir rendre nettement ce que je sens dans mon âme! Il mS semble qu'il y fermente quelque chose de fort et d'animé sur mille sujets à la fois. Je m'émeus de ce que j'éprouve, et malheureusement, faute d'un certain talent, mes bons sentiments que je ne puis convertir en grandes pensées seront perdus pour vous et pour la postérité. En vérité, c'est bien dommage ! Mon fils, je vous prie de ne pas trop vous moquer de moi.
qui fut rétablie en 1821, après l'assassinat du duc de Berry, fit disparaître ce journal, en même temps que son adversaire la Minerve,
Nos petits ultra ont une joie un peu niaise de la nomination de ce d'Hancarderie; c'est la satisfaction d'une victoire de coterie, car à quoi serat-il bon? Notre commerce se reproche ce choix, en voyant la joie des autres. Re voire dit à M. d'Hancarderie : € Monsieur, où vous assoirez-vous à la Chambre? — Monsieur, répond l'autre, là où siègent les honnêtes gens. » Et, là-dessus, on se tourne le dos. Enfin, on aperçoit dans tout cela une petite aigreur qui donne, en raccourci, l'idée de ce que vous serez en grand là-bas. Je trouve toujours qu'on a l'air d'avoir trop peur de vos doctrinaires. M. de Mézy ne parle que du mal qu'ont fait Camille Jordan, Guizot, Royer-Collard, etc. On me parait tout près de les haïr plus que tout; c'est s'égarer étrangement. Je vous avoue que je suis toujours inquiète; les erreurs de cette année auront de l'importance. Votre patron doit être noir, peut-être plus découragé que jamais. Je me représente quelques autres plus contents qu'il ne faudrait d'avoir écarté Benjamin Constant. Toute la victoire n'est pas là. Les choses, les choses, mon fils; n'écoutera-t on pas le bruit qu'elles font?
Jeudi.
Il me semble que nous n'avons plus rien à nous écrire, et qu'il faut garder nos paroles pour notre première conversation. Vous aurez beaucoup à me conter, et force questions à entendre; car je me trouve dans un sac, ne comprenant rien à certaines paroles de vos lettres, et arrêtée tout court dans mes spéculations, parce que je n'aime pas à raisonner à faux. J'ai toujours aussi ma petite peur secrète. Je voudrais qu'on vît bien juste l'état ou Ton est. Quelques-unes des nominations de cette année, et le mouvement qui les a causées, ont donné une légère audace à un parti remuant qui se manifeste même ici. Les discours sont vifs, les démarches hardies. En vérité, le nom de M. de Lafayette réveille des souvenirs, trompe certaines gens, et les ramène à des temps qui ne ressemblent point à ceux où nous sommes aujourd'hui. Enfin, il faut regarder de bien près à ce qui se passe, et voir bien juste ce qui est.
Votre patron* m'impatiente; je suis fort dé-