J73, fol
4. Il faut encore remarquer que la lettre du 21 janvier 1584 ^ ^^ être découpée du registre qui la contenait; elle y a été fixée de nouveau au moyen d'un onglet. Peut-être avait-elle fait aussi l'objet d'une tentative de vol.
de l'opération des fac-similés, les originaux, retrouvés par la famille, furent restitués au légitime propriétaire. Ils ont repris leur place, en regard des faux, dans les deux volumes où ils avaient été insérés primitivement.
Les premières lettres de Montaigne au lieutenant général du roi en Guyenne qui aient été éditées ont été données par le D"" Payen. Ce fut d'abord celle du 22 mai i585 de la coll. Egerton, qu'il publia et reproduisit en fac-similé dans ses Nouveaux documents inédits ou peu connus sur Michel de Montaigne (i85o), p. 10; puis celle qu'il avait acquise de la succession de M""*^ de Castellane et celle du 12 juin [1587] transcrite d'après l'original (J 77, fol. 96). Ces deux dernières forment les nos 3 et 4 de ses Recherches sur Montaigne ; documents inédits recueillis et publiés chez Techener, en i856.
Il est bien extraordinaire que ce passionné chercheur, ayant eu communication de la lettre du 12 juin 1587, n'en ait pas connu davantage. Il fut réservé à Feuillet de Conches de posséder le texte des huit autres lettres contenues dans les deux registres J 73 et 77. Il le reproduisit dans ses Lettres inédites de Michel de Montaigne et de quelques autres personnages pour servir à l'histoire du XVh siècle^ qu'il publia à la librairie Pion, en i863, avec une dédicace au prince de Monaco, Charles III, descendant direct du maréchal de Matignon ^
Charles III fit réunir au Palais de Monaco tout ce qui restait des archives des Matignon, des ducs d'Aumont et de Mazarin, etc. Les registres de correspondance y furent donc apportés. Aussi, lorsque MM. Courbet et Royer voulurent, en 1877, ajouter au tome IV des Essais édités par eux à la librairie Lemerre toutes les lettres de Montaigne susceptibles d'être retrouvées, ils s'adressèrent au baron Boyer de Sainte-Suzanne, gouverneur de la Principauté et auteur des Notes d'un curieux sur les tapisseries tissées
I. Feuillet de Conches publia de nouveau les trois lettres déjà connues du D' Payen; il innprima donc le texte de onze lettres de Montaigne au maréchal. Elles sont dans son volume aux pages 226, 238, 241, 243, 247, 249, 25o, 252, 272, 274 et 276.
de haute et basse lisse* (ouvrage pour lequel furent consultés des inventaires de mobiliers possédés par les archives du Palais) ; ils lui demandèrent s'il ne pourrait pas les aider à faire connaître de nouvelles pièces de la correspondance adressée à l'ancien lieutenant général du roi en Guyenne. M. de Sainte-Suzanne leur envoya la copie des lettres des 21 janvier et 19 août 1584, d'après les originaux de J 72-. Mais, chose étrange, il omettait dans le même registre celle du 1 2 juillet 1 584, qui était cependant signalée dans la table du début. Grâce à sa communication, MM. Courbet et Royer imprimèrent donc treize lettres de Montaigne au maréchal.
Si le lecteur se reporte à la liste donnée plus haut, il constatera qu'il en reste encore trois d'inédites; elles sont insérées dans les volumes J 70, 71 et 72. Si l'on n'a pas connu les deux premières, c'est probablement qu'on ne s'était pas donné la peine d'ouvrir les registres qui les contiennent.
Avant d'en reproduire le texte, il serait peut-être utile de relever les particularités qui se dégagent de l'examen de tous les originaux, encore possédés par les archives du Palais de Monaco. S'il paraît présomptueux, avec si peu d'éléments, d'établir des règles sur la façon d'agir de Montaigne, on reconnaîtra, d'autre part, que nulle part ailleurs on ne possède réunies autant de lettres de cet écrivain. D'ailleurs, les observations qui vont suivre ne sont valables que pour la période de temps comprise entre i582 et i588.
L'auteur des Essais utilisait, pour papier de correspondance, deux principaux formats. Le plus fréquemment usité, à beaucoup près, présente pour dimensions de 322 à 335 millimètres de hauteur sur 214 à 221 millimètres de largeur. Ce papier n'a pas de filigrane; seule, la lettre