MONTESQUIEU A THOMÉ
Minute autographe. Arch. de La Brède.
[Février 1749.]
Monsieur,
Votre lettre seule est le digne prix d'un travail de vingt ans. Elle m'a donné une joie si vraie que je pardonne volontiers à l'ennui des Capitulaires et j'ai remarqué que les suffrages d'un homme comme vous enorgueillissent trop; mais comme je vois que je les dois surtout aux bontés et à l'amitié dont T. 11. 17
t3o CORRESPONDANCE
VOUS m'honorez, j'aime encore mieux cette cause. Permettez-moi, Monsieur, de chercher à la mériter de plus en plus; rien ne peut davantage m'approcher du mérite personnel". Je vous prie de vouloir bien faire ma cour à M""^ Thomé; j'ai l'honneur de lui dédier les deux livres sur la religion'.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur, avec un attachement rempli de respect et de reconnaissance, votre très humble et très obéissant serviteur.
424. - LE FRANC DE BRUNPRÉ- A MONTESQUIEU. Autographe. Arch. de La Brède.
A Bâillon 3 j ce 22 février 1749.
Monsieur,
Vous venez de faire un présent à l'univers, dont il ne tient qu'à lui de profiter. Et, quoique j'en fasse la plus petite partie, je ne saurais m'empêcher de vous faire mon remerciement particulier de la peine que vous avez prise de nous faire connaître l'esprit des lois. Je prétends d'ailleurs satisfaire par là aux lois de l'esprit et de la raison. Depuis la création du soleil, cet ouvrage est, à mon gré, celui qui pourrait le mieux éclairer le monde, car, quoique ignorant de profession, je me mêle quelquefois d'apprécier ce que font les doctes.
Je ne suis point étonné que vous ayez jeté bien
a) Biffé : et de la mettre au rang de ce qui pourrait plus m'approcher du mérite personnel.