HUART A MONTESQUIEU
Original. Arch. de La Brède.
[Début de mars 1749.I
Nous sommes enfin parvenus à obtenir non une permission formelle d'imprimer VEsprit des lois,
a) Au dos, Montesquieu a noté: Répondu.
mais une promesse de n'être point inquiétés dans le débit, pourvu que cet ouvrage ne paraisse pas imprimé à Paris. Nous nous disposons à le mettre sous presse, mais avant que de commencer, nous vous prions, Monsieur, de vouloir bien nous dire sur quelle édition vous nous conseillez de travailler. Gomme il est sûr que vous prenez un intérêt particulier à cet ouvrage et que l'auteur ne vous est pas inconnu, voudriez-vous, Monsieur, nous procurer les augmentations ou corrections que l'on dit avoir été depuis les éditions de Genève ? Elles rendraient la nôtre la meilleure, qui sera aussi certainement la plus belle. Permettez-nous, Monsieur, de vous faire observer que nous avons besoin de diligence; on nous tolère aujourd'hui et peut-être changerait-on d'avis si nous paraissions mettre quelque intervalle entre la tolérance et l'exécution. D'ailleurs nous avons été déjà prévenus une fois; il pourrait arriver que nous le fussions encore pour une deuxième édition.
M. Le Bret qui me veut du bien et qui, à votre recommandation, s'intéresse beaucoup pour moi, doit vous écrire et vous remercier très fort de vos politesses, aussitôt qu'il aura reçu VEsprit des lois que vous avez eu la bonté de me marquer d'avoir donné l'ordre de lui adresser. Comme il ne l'a pas encore reçu, je vous serai obligé infiniment, Monsieur, d'en récrire à M. Barrillot.
Je vous prie instamment de me pardonner tant de liberté et de me permettre de me dire, avec le plus profond respect. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.