Livre XX, ch
elles sont fort utiles. Avant 1706, il y avait une quantité suffisante d'or et d'argent dans toutes nos colonies pour les usages communs; on y introduisit un papier de crédit ou papier courant, qui fit sortir tout l'argent et a eu de si pernicieuses conséquences que le Parlement est résolu de l'abolir cette session '. On avait entrepris la même chose, environ dans le même temps, dans votre colonie du Canada, mais on y renonça prudemment dès les commencements. Ces banques étaient, en etïet, très différentes des banques d'Europe : elles répandaient un papier sans argent pour le faire circuler Voici en gros mon raisonnement, que je soumets à votre décision : l'abondance de l'or et de l'argent dans un État lui est fort avantageuse si l'on considère les Etats voisins, parce que ces étrangers donneront pour cet argent leur travail et leurs marchandises; mais, par rapport au commerce intérieur, cette abondance d'or et d'argent n'est d'aucun avantage ; au contraire, elle rend les travaux chers et empêche l'exportation; le papier a les inconvénients de l'argent et n'en a point les avantages.
Page 12, chapitre XI-. Il paraît que nous avons en Angleterre une trop grande jalousie de la balance du commerce. Il est difficile que l'équilibre se rompe au point de faire un tort considérable à une nation. Si la moitié de l'argent qui est en Angleterre était subitement anéantie, le travail et les marchandises deviendraient subitement à si bon marché qu'il s'en suivrait subitement une grande exportation qui attirerait chez nous l'argent de tous nos voisins. Si la