‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 172 sur 489 · LE PÈRE CERATI A MONTESQUIEU · texte numérisé non relu

LE PÈRE CERATI A MONTESQUIEU

Autographe. Arch. de La Brède.

A Rome, ce 20 août 174g.

Monsieur,

Monsieur le grand prieur Solar, ambassadeur de Malte, me permet de lui confier ces deux lignes pour les faire passer plus sûrement, Monsieur, jusqu'à vous. Elles ne sont destinées qu'à vous renouveler le tribut d'estime et d'admiration que je dois à l'excellent ouvrage de VEspriL des lois et dont ma première oblation doit être parvenue jusqu'à vous par le moyen de Son Excellence Ms' le prince de Craon, il y a plus de six mois. Je vous félicite de tout mon cœur d'avoir employé la supériorité de votre génie, la quintessence de votre grand savoir et les rayons de votre éloquence laconique à tourner les esprits européens vers un très grand nombre de vérités utiles au genre humain, que le gouvernement militaire et despotique avait presque partout fait disparaître. Ce sera toujours le plus beau projet du monde d'avoir tenté avec une noble hardiesse de sauver les débris de notre espèce des ravages de la puissance arbitraire.

J'ai fait avec plaisir une course à Naples et je passerai environ quatre mois à Rome; au commencement de novembre, je retournerai à ma retraite obscure de Pise. Ce serait pour moi un grand bon-

heur de pouvoir faire un autre voyage à Paris, uniquement pour recueillir avec une oreille docile et avide tout ce que la prudence a retranché de votre grand ouvrage.

Je serai plus que jamais, avec la tendresse la plus inviolable, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Cerati.

A Monsieur, Monsieur le président de Montesquieu, — à Paris.

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