‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 202 sur 489 · Le P. Berthier, jésuite · texte numérisé non relu

Le P. Berthier, jésuite

4. « Quand un homme tient à un état qui fait respecter la religion et que la religion fait respecter, et qu'il attaque devant les gens du monde un honime qui vit dans le monde, il est essentiel qu'il maintienne par sa manière d'agir la supériorité de son caractère. >

ici a senti cela, et vous en sait gré; le premier même que j'ai dit a pris ce ton de moi, mais n'a pas pris l'autre, que ce fût P. B. [sic]. Je crois pourtant qu'il y est revenu, voyant tous les autres y souscrire, l'intéressé même, qui en a été comme foudroyé, m'a-t-on dit, car j'ai évité de le voir et j'ai eu tort. Je lui aurais aidé à prendre du moins patience ; au lieu d'elle, il a pris un parti, un parti... ! Voyez notre février, 2® volume, art. 3o, p. 532, qui paraîtra demain lundi i5. Je n'en ai point d'exemplaire que je puisse vous envoyer. Cet article n'est rien en soi ; c'est la chicane de Diodore de Sicile, pure pédanterie grammaticale. Et ce n'est pas là ce qui m'a affligé. Je vous laisse deviner le mot, un simple mot, qui m'a porté au cœur'. Vous ne devinez rien, vous le verrez d'esprit comme je l'ai d'abord senti de cœur. Et puis cette fougue d'user (ou abuserj du train courant d'un journal pour frapper un tel coup huit jours après, tandis que nos extraits sont des trois, quatre et six mois à paraître et que jamais on n'a voulu me permettre de donner celui de votre Esprit des lois.

Vous n'avez pas voulu m'y aider; je n'ai osé m'y ingérer de moi-même, on m'a intimidé en disant que j'étais votre ami. Si vous vous étiez plaint et que vous eussiez demandé que je le fisse, on n'aurait pu vous le refuser. Ils ne peuvent pas craindre que

I. Dans la Défense, Montesquieu qui réfutait longuement les Non' velles ecclésiastiques, se bornait à répondre an Journal de Trévoux, sur une légère difficulté soulevée à propos d'un passage de Diodore de Sicile. Dans l'article du i5 février ijSo, le journaliste de Trévoux souligne la façon dont Montesquieu a éludé la discussion théologique: t Je ne m'imaginais pas que dans une lettre qui contient 23 pages de ses Mémoires, ce fût là le seul endroit qui pût attirer l'attention d'un apologiste de l'Esprit des lois » (p. 335).

je prévarique et n'aurais-je pas toujours passé par leur revision? Or, je puis vous le dire, nul autre que moi ne peut donner ici le vrai tour à votre livre. Je n'aurais rien fait que de concert avec vous et, vous et eux étant mes reviseurs, j'aurais sûrement tout concilié. Il en serait encore temps, mais il faudrait m'aider. N'avez-vous pas compris enfin que vous vous deviez une défense sur le dit fait théologique? La vôtre est un chef-d'œuvre ; la mienne, sans être si bien, serait mieux pour vos vrais intérêts. Vous m'entendez et nous pouvons, je crois, nous parler un peu à demi-mot: sci'ipta vianeiit; CQ-penàant JQ n'ajoute pas verba volant : yen ai de poids à vous dire.

Je fus cloué par une toux, espèce d'asthme; mais vous avez un carrosse qui vole et il me semble que nous avons à nous parler depuis six mois; vous me coupâtes la parole, il y en a trois. Je fis pourtant alors, malgré vous, une démarche, mais sans effet, n'ayant osé l'appuyer, manque de votre appui. Je vous dis que ce théologique n'est pas à mépriser, que Tusage en est sévère et l'abus terrible. Fussiezvous le grand Pontife, vous auriez à craindre le Sanhédrin. Ne laissez point cela en arrière. Plus vous êtes une personne noble, un auteur distingué, plus vous devez éviter à'inferre inaculam nomini tno. Vous avez un nom, une réputation et un fils.

Il me revient dans le moment que vous devez dîner avec P. B. chez l'évêque de Sen...', et que vous l'avez demandé. J'ai nié le fait que vous l'eussiez demandé; il m'est de conséquence de savoir le vrai

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