‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 235 sur 489 · Esprit des lois,li.XlV , ch. lo · texte numérisé non relu

Esprit des lois,li.XlV , ch. lo

2. Cf. la traduction des Réflexions morales de l'empereur Marc- Antonin, 1691 et 1742, 2 vol. in-S».

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de mon traité à l'académie de Bordeaux; on fit des extraits de partie de cet ouvrage dans les journaux"; ces morceaux et, entre autres, cet éloge furent reçus avec applaudissement et personne ne pensa que la religion pût le moins du monde être attaquée dans mon éloge. Dans la suite, je trouvai qu'il me serait très difficile de faire un bon ouvrage sur les devoirs que la division de Cicéron, qui est celle des stoïciens, était trop vague; surtout je craignais un rival tel que Cicéron et il me semblait que mon esprit tombait devant le sien. J'abandonnai donc le projet et, lorsque j'entrepris mon ouvrage sur les lois, ayant trouvé que j'avais un morceau tout fait sur les stoïciens, je le copiai pour l'y mettre-; cela n'est pas plus fin que ce que je dis.

Mais, en vérité, si j'ai voulu parler dans mon livre d'une manière à décréditer la religion chrétienne, il faut que je sois une grande bête. Tout le monde convient en Angleterre que personne n'a plus ni mieux combattu Hobbes^ que moi et Spinoza^ aussi. On convient en Allemagne que j'ai mieux terrassé Bayle, dans deux chapitres», que n'ont fait M. Basnage'' et autres théologiens dans des livres faits exprès. J'ai, dans toutes les occasions que mon sujet m'a pu présenter, relevé l'excellence de la

1. Montesquieu fit sa lecture le i*' mai 1725 et les fragments en parurent dans la Bibliothèque française ou Histoire littéraire de la France, t. VI, mars 1726, pages 238-243. — Cf. Despois, Revue politique et littéraire, 14 nov. 1874, et Laboulaye, VII, 66.

2. Cf. dans Laboulaye, VII, p. 67 et suiv. l'indication des passages du Traité des Devoirs repris dans V Esprit des lois.

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