MONTESQUIEU A GUASCO
Lettres familières (LVI;, p. 233. — Laboulaye, VII, 452.
De Paris, en lySb.
Vous fûtes hier de la dispute avec M. de Mairan' sur la Chine. Je crains d'y avoir mis trop de vivacité et je serais au désespoir d'avoir fâché cet excellent homme. Si vous allez dîner aujourd'hui chez M. de Trudaine, vous l'y trouverez peut-être; en ce cas, je vous prie de sonder un peu s'il a mal pris ce que j'ai dit; et sur ce que vous me rendrez, j'agirai de façon avec lui qu'il soit convaincu du cas que je fais de son mérite et de son amitié.
I. « Ces deux savants n'étaient pas du même avis sur quelques points qui regardaient les Chinois, pour lesquels M. de Mairan était prévenu par les lettres du P. Parennin, jésuite, et dont M. de Montesquieu se méfiait. Lorsque le Voyage de l'amiral Anson parut, il s'écria : « Ah ! je l'ai toujours dit, que les (Chinois n'étaient pas si honnêtes gens qu'ont voulu laire croire les Lettres édifiantes. » (Guasco.)