‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 473 sur 489 · MÉMOIRE DE MA VIE · texte numérisé non relu

MÉMOIRE DE MA VIE

Autoi^raphe de Montesquieu. Arch. de La Brède.

Quoique ce soit commencer par une très sotte chose que de commencer par sa généalogie, il est bon pourtant que je vous donne quelque connaissance de vos pères. Ce n'est pas que je puisse vous en donner beaucoup, parce que les titres de notre famille furent enlevés pendant les troubles, comme il paraît par un procès-verbal ou information de

l'an ...'.

Je trouve que, l'an i5oo ... 7*3, je crois, Pierre de Secondât % un de nos aïeux, fit un échange de la terre de ...

Jean de Secondât, seigneur des terres de ...5, prit des lettres de bénéfice d'âge devant le juge d'Agen, comme fils et héritier de noble Pierre de Secondât. C'est de ce Jean de Secondât que M. de Thou parle

a) Biffé: à mon peiit-fils. — A ce mémoire est jointe la note autographe suivante :

«Je vais commencer par une sotte chose: c'est ma généalogie. Ma crainte est de la faire sottement.

Mon père ...

Mon oncle fut président à mortier au parlement de Bordeaux et c'est lui qui, en me faisant son héritier, me ût président. »

1. Probablement 048, date à laquelle aurait été enlevée par une bande de partisans une cassette contenant, avec des bijoux, les titres de famille des Secondât. Cf. O' Gilvy. Nobiliaire de Guyenne... (Paris, Dumoulin, i83G-i883, 4 vol. in-8»), t. II, p. 25 i.

2. Selon O' Gilvy (op. cit., p. 2b3), ce Pierre de Secondât, II« du nom, serait mort en i56o, âgé de 70 ans.

3. Jean II de Secondât, s"" de La Fleyte, Roques, Glermont-Dessous, Roquefort, Sérignac et Montesquieu, mort en iSgg, à l'âge de 84 ans (Cf. O' Gilvy, p. 234).

dans sa Vie et dont il fut reçu avec toute sorte

àAgen: « Ce gentilhomme, dit-il, ... »\ Comme, parmi les terres possédées par Jean de Secondât, il y en avait une appelée de Roques, dont plusieurs personnes de notre famille prirent le nom, M. de Thou appelle en quelque endroit Jean de Secondât Rupiîis.

Jean de Secondât laissa ses terres et ses biens à son aîné-, qui continua sa postérité et dont est descendu M. de Secondât, à qui j'ai marié ma tille.

C'est de son cadet, Jacob de Secondât', que nous descendons. Il servit longtemps dans les guerres des Pays-Bas. Il fut longtemps, en qualité de lieutenant-colonel du régiment de Chastillon, entretenu par la France au service des Provinces-Unies. Il fut gouverneur de Lectoure, chevalier de l'Ordre de Saint-Michel. Il avait eu pour sa légitime la terre de Montesquieu, que nous possédons; le Roi, en sa faveur, l'érigea en baronnie"^. 11 se retira du service, acheta la terre de Castelnouvel, que nous n'avons plus, et épousa A. de Sevin'. Cette famille a eu un homme très illustre, Nicolas de Sevin,

a) Note de Montesquieu: Jacob de Secondât, ou un de ses frères, était chambellan du roi de Navarre. Cette place ne pouvait que lui faire grand honneur, puisqu'à peu près dans ce temps-là M. de Rosni l'était.

1. » Après avoir passe' la Garonne, il [de Thou] reprit son chemin par Agen, et y fut reçu magnitiquement par Secondât de Roques. Ce gentil* homme avait épousé la tante de Joseph Scaliger, du côté de sa mère, et il en avait eu plusieurs enfants... »(J. -A. de Thou, Méutoires, année i382, coll. Michaud et Poujoulat, XI, 297). Sa femme s'appelait Eléonore de Brénieu.

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