‹ Correspondance de Montesquieu (volume 2)Chapitre 84 sur 489 · I. [.e duc et la tluchessc de Nivernais · texte numérisé non relu

I. [.e duc et la tluchessc de Nivernais

s'il est juste et vous pourriez me le dire: il s'agit de VEsprit des lois, qui m'a appris une confidence que vous n'avez pas voulu me faire. Déguisez-vous autrement si vous ne voulez pas qu'on vous reconnaisse. Vous pouvez vous reposer à présent, après nous avoir donné le précis d'une bibliothèque choisie et celui de vos pensées, ce qui vaut mieux.

J'ai régalé Ms"" Cerati en passant par Pise, où je me suis arrêté un jour: je lui ai laissé ce livre jusqu'au moment de mon départ; il en a connu tout le mérite, et nous nous sommes félicités d'avoir un ami si illustre. Je ne puis me défendre de louer l'auteur d'un ouvrage dont j'ai été enchanté et qui m'a frappé d'admiration; ce n'est pas une expression romaine, je ne suis pas encore fait à ce style; c'est dans la plus grande simplicité et vérité que je dis ce que j'ai senti.

Je crois que je m'accommoderai de ce pays après que j'aurai essuyé le terrible fardeau des cérémonies. On y a de la liberté, du choix pour les compagnies et peu de dépêches, un beau climat et abondance de tout; je crois que le sort m'a mis à ma place. Vous pourriez y ajouter ce qui me manque; je ne pourrais pas avoir de plus grand plaisir que celui de vous embrasser et de vous marquer toute mon amitié.

SOLAR

Je suis très sensible au souvenir de M. l'abbé Guasco et à l'attention obligeante qu'il veut avoir de m'envoyer son ouvrage, que je lirai avec plaisir; il peut le faire tenir à Turin par quelque occasion à M""* la comtesse de Fauri, qui me l'enverra ici.

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