XVIII INTRODUCTION
Les archives de La Brède nous ont permis de joindre aux lettres de Montesquieu celles qui lui ont été adressées. Elles sont d'une variété rare, depuis la lettre d'atfaires d'un libraire jusqu'au billet d'une jolie femme. Tous les mondes y défilent : la petite société bordelaise et son académie provinciale, la famille de M""^ de Prie, où de grands seigneurs, comme les Matignon, s'allient à des traitants enrichis, les trois salons littéraires de M""® de Lambert, M""^ de Tencin et M™^ Geoffrin, Maurepas et son entourage, l'hôtel de Brancas, et la cour de Vienne et les petites cours italiennes et plus tard la cour de Lunéville. « Pour mes amis... je les ai toujours conservés », écrit Montesquieu'. Quel plus éloquent témoignage en avons-nous que ces lettres où ses amis sans cesse l'appellent auprès d'eux, où la mort seule semble avoir interrompu bien des correspondances?
Il est un de ses amis avec qui Montesquieu entretint un commerce de lettres particulièrement important : le président Barbot, auquel il écrivit « pendant plus de trente ans ». « C'était tout à fait, rapporte Latapie, dans le goût des
I. Pensées et fragments inédits de Montesquieu, publiés par le baron Gaston de Montesquieu (Bordeaux, 1899, ^ ^°^- ^""4°)» t. I, p. II.