INTRODUCTION IX
à ce point de vue significatives'. En doit-on conclure, qu'allant plus loin, il ne s'est pas fait faute d'altérer à son avantage le texte même des lettres-? Si Ion envisage la correspondance dans son ensemble, on doit, pensons-nous, répondre à la question par la négative. Xous connaissons, en effet, loriginal et une copie contemporaine de deux des lettres publiées en 1767% et quand on les confère au texte de Guasco, Ton peut conclure que celui-ci s'est montré un éditeur fidèle. A peine relevons-nous dans l'une d'elles4 une inexactitude voulue et d'une fatuité qui prête à rire : Montesquieu avait écrit de Guasco qu'il prodiguait son mauvais estomac à « toutes les tables » ; l'abbé corrige « à toutes les invitations de dîners d'ambassadeurs ».
Guasco était vindicatif autant que vaniteux. Nous le sentons joyeux d'écrire que son ennemi, le marquis dOrméa, mourut « au milieu des douleurs et des rugissements » 5. n fit plus : comme
1. Les notes de Guasco ayant été reproduites in extenso dans Tédition Laboulaye, nous avons cru pouvoir écourter ou supprimer un petit nombre d'entre elles, qui ne présentent aucun intérêt.
2. La question a été posée par M. Tourneux, M'"^ Geojffrin et les éditions expurgées des « Lettres familières» de Montesquieu, dans la Revue d'histoire littéraire, 1894, p. Ô4.
3. Lettre 290, dont l'original se trouvait dans la collection Kathery ; et lettre 407, dont une copie, de la main d'un secrétaire de Montesquieu, se trouve aux archives de La Brède.