X INTRODUCTION
il avait été mis à la porte de chez M""^ Geoffrin, qu'avait choquée sa façon de s'établir chez elle', il eut la grossièreté, à douze ans de distance, d'insérer dans la correspondance de Montesquieu trois lettres des plus désobligeantes pour elle-. Tout porte à croire que ces lettres sont pour le moins falsifiées : la déplorable réputation de Tabbé ^ les bonnes relations que jusqu'à sa mort Montesquieu continua d'entretenir avec M™^ Geoffrin4 et l'aveu, semble-t-il, de Guasco lui-même, qui reconnut « avoir fourni quelques lettres qui n'étaient point comprises dans un recueil » prêté par lui aux éditeurs des Lettres familières^ .
Le scandale fut tel que l'ouvrage ne put entrer
1. Cf. Grimm, VII, Sgi. « Le Président l'avait introduit chez M°" Geofïrin, et l'abbé de Guasco s'y était établi de façon qu'il fallait ou le chasser ou risquer de voir la maison désertée de la bonne compagnie. »
2. Les lettres LIV, LV et LVII (n°' 668, 670 et 67a de notre édition).
3. Grimm, VII, Sgo et suiv.; et mieux Collé (éd. Bonhomme, III, 171J, dont le témoignage est d'autant plus sûr qu'il n'était pas des amis de M"' Geoffrin.
4. « Ce que je sais, c'est que j'ai vu le Président chez M"' Geoffrin peu de jours avant la maladie qui le mit au tombeau. ^ Grimm, VII, 892.
5. Lettre de Guasco au Journal encyclopédique, 19 octobre 1767, réimprimée par M. Tourneux, art. cit., p. 59. — Citons aussi ce passage de la préface de Guasco dans les éditions de 1771 et 1773: (. Quelques-unes de ces lettres étant écrites d'un caractère peu lisible, d'autres étant mal conservées, il se sera peut-être glissé quelques inexactitudes dans la copie que j'en ai fait faire... >