‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 295 sur 433 · LE PÈRE CASTEL A MONTESQUIEU · texte numérisé non relu

LE PÈRE CASTEL A MONTESQUIEU

Autographe. Arch. de La Brède.

Ce dimanche [>7?4l.

Monsieur, J'ai trouvé votre lettre d'hier — celle qui était dans le livre — fort bien, et je ne vois pas ce que

DE MONTESQUIEU SoQ

VOUS y trouvez de mal, si ce n'est un petit excès de précaution; car il est vrai que l'endroit de la mort volontaire' est suffisamment corrigé par ce que vous dites que « la passion ne fait pas voir mais sentir » et que vous rejetez cette fantaisie de se donner la mort sur une passion. Un petit mot aurait mis tout cela hors du soupçon même de la critique. Mais absolument il n'y a à craindre tout au plus qu'un soupçon. Bagatelle tout cela. Le livre est bien d'ailleurs et, ce me semble, à l'abri de tout excepté des plus grands éloges. J'en commence tout de bon l'extrait demain lundi. Il ira vite, parce que je suis plein, car, du reste, je ne sais pas un mot du tour que je vais lui donner; les trois premières lignes me le diront et je pourrai mardi vous en apporter l'esquisse.

Si vous saviez combien mon mémoire est vrai ou même au-dessous du vrai, et combien tout Grégoire de Saint-Vincent avec un peu de Descartes et de Fermât est le vrai auteur de toute la science moderne de l'infini, vous en seriez étonné, et du front avec lequel on a attribué tout cela à d'autres. Jamais M. Leibniz n'avait prévu qu'on dût le lui attribuer. Entre nous, je suis au désespoir d'avoir à me plaindre ici presqu'uniquement des Anglais et des Français, c'est-à-dire de Wallis, de Newton et de Pascal. Ce dernier ne m'embarrasserait pas, comme vous pensez bien, mais Newton me déconcerte. Pourquoi les Anglais en ont-ils si bien usé avec moi ?Car cela embarrasse extrêmement mon extrême véridicité et je sais gré à notre Académie d'ici d'en

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