Cf. p. 355, n
2. Allusion à son rôle lors de l'élection d'Alexandre VIII et des négociations avec la cour de Rome en 1689. Cf. le P. Faucher, Histoire du cardinal de Polignac (1777, 2 vol. in-12), I, p. 14 et suiv.
loisir, il enverra. Ce garçon a du mérite et il en a tous les jours plus.
Quand vous m'enverrez les lettres de M. Silva, je les lui rendrai. Je ne fais aucun doute que, n'y ayant point de protecteur, le directeur ne puisse faire la fonction de protecteur. Je me hâte de vous dire que j'accepterais fort l'évêque de Bazas' et l'abbé de Monville'; vous pouvez leur dire dans le temps et à l'Académie. De plus en recevoir un c'est les recevoir tous les deux, car personne ne connaît plus le mérite de l'évêque de Bazas que l'abbé de Monville et personne ne connaît plus celui de l'abbé de Monville que l'évêque de Bazas. Dans le sérieux, je serais très d'avis de recevoir et l'un et l'autre et je recevrais l'abbé de Monville sans différer un moment.
Notre armée de Bohême a grand froid; le pain y est mauvais et nos soldats y meurent beaucoup. M. de Belle-Isle a écrit une lettre au médecin Boyer^, qu'il débite dans tout Paris, par laquelle il lui mande qu'il a fait tous les arrangements et qu'il ne laisse à M. de Broglie que le soin de battre les ennemis. 11 court aussi une lettre de M. de Belle-Isle à son jardinier, datée de Dresde, par laquelle il lui mande de planter, transporter de certains arbres d'un lieu à un autre et remplie de quatre pages d'autres ordres pareils; ce qui doit bien faire voir que ce grand homme, au milieu de la grandeur des affaires, a encore du temps de reste pour penser à des baga-
1. Edme Mongin, de l'Académie française. Dans le ms 828'°') delà Bibl. de Bordeaux se trouve (n" 2g) la minute d'une lettre du président Barbot lui demandant de se présenter à l'Académie.
2. Mazières de Monville, chanoine de Bordeaux, auteur d'une Vie de P. Mignard (i-Zo).
3. J.-B.-Nic. Boyer, doyen de la faculté de Paris (1693-1768).
telles. Fargis ' a aussi une lettre dans le même goût, qu'il débite partout.
Adieu, mon cher Président, je vous salue et honore
de tout mon cœur.
Montesquieu.