‹ Correspondance de MontesquieuChapitre 350 sur 433 · MONTESQUIEU AU PRÉSIDENT BARDOT · texte numérisé non relu

MONTESQUIEU AU PRÉSIDENT BARDOT

Original. Bibl. de Bordeaux, Lamontaigne , t. XXX.

Paris, le 2 février 1742.

Le marchand contre qui Pierre Balguerie plaide

DE MONTESQUIEU 3hb

est M. de La Fore et j'approuve bien, mon cher Président, que vous ne sollicitiez pas contre lui.

La grande objection contre le projet d'attacher le protectorat' à une place, c'est que par là il devient nul pour et n'existe plus que contre; c'est pour lors un simple attribut de charge, et par conséquent une grièvance^ comme disaient nos anciens Français, sur ceux sur qui porte cet attribut. Félicitez, je vous prie, de ma part ^L le président Loret^ sur le succès de son ouverture.

A mon égard, mon ouvrage'' augmente à mesure que mes forces diminuent. J'en ai pourtant dix-huit livres à peu près de faits et huit qu'il faut arranger. Si je n'en étais pas fou, je n'en ferais pas une ligne. Mais ce qui me désole, c'est de voir les belles choses que je pourrais faire si j'avais des yeux. Quand je serai à Bordeaux, je vous montrerai mon affaire et profiterai de vos conseils. Comme je dirige toutes m.es études et tout mon travail sur cela, cela ne laisse pas que d'avancer.

Nos affaires de Bavière sont désespérées. Nous sommes à présent, pour celles de Bohême, entre les mains du plus grand fou qui fût jamais^; il est parti du bal, car il part toujours du bal; il a été en Saxe, il a été à Dresde pour que l'électeur lui donnât le commandement ; de là il s'est mis dans son chariot de poste, est arrivé dans une auberge à Prague, et

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