‹ Correspondance de Nicolas PoussinChapitre 164 sur 320 · Poussin a Chantelou · texte numérisé non relu

Poussin a Chantelou

(Ms. 12347, fol. i3o.)

A Monsieur de Chantelou, A la Rue S^ Thomas du Louvre, A Paris.

[M. Poussin II' Sep^"^ 1644

Panégirique de Chaperon.

Ilfinist la confirmation.]

A Rome ce unziesme Septembre. 1644.

Monsieur

Le longtemps que Monsieur l'Ambassadeur de France a prins pour résoudre se qu'il debuoit faire de la copie du tableau de S* Pierre in Montorio a esté cause que jei tardé jusques à présent à vous faire scauoir ce qui en est. enfin il n'a pas trouué se qui cherchoit car il s'estoit imaginé quil estoit plus que demi payé de l'argent du Roy et croyoit le faire finir auec peu de chose, mais quand il a entendeu quil faloit restituer cent et ottante escus et que pour le faire finir l'on luy fesoit de grosses demandes, à la fin il a quitté la prise. Le père Chaperon cependans n'a pas manqué de dire quantité de menteries et a tasché à faire demourer la ditte coppie en la maison de M^ l'Ambassadeur mais à la fin l'on c'est mocqué de luy comme d'un fripS qu'il est. et l'on me l'a rendu sans aucune contradicti5 il ne laisse pas toutefois de dire qu'il veut estre payé de sa fatigue et ne veut pas reprendre le tableau en rendans les frais demanière que en le prenant de quel bies l'on voudra l'on le trouue beste de tous costés comme un chapron quil est id est beccho.

Vous m'aués escrit par le passé que vous désiriés

que Je vous enuoyasse la susditte coppie telle quelle est. Si je le pourrai faire sans mon dommage. Je vous l'enuoyerei avec la copie de la vierge du petit Le Maire par la première occasion qui se rencontrera bonne.

Jei repseu par cet ordinaire une de vos lettres en datte du i8™« Aoust par laquelle je vois assés le soin quil vous plaist prendre des interrest de vostre seruiteur. Je vous supplie que cette bonne affection vous dure autant comme la déuotion que jei de vous seruir.

Je veus bien que vous scachiés Testât où est vostre tableau de la Confirmation. Si les chaleurs de l'esté ne m'eusent pas incommodé de la façon quil m'ont fet il seroit fini et peut estre dens vostre cabinet, mais il a faleu bien souuent mettre les pinceaus à part, et me semble auoir fet assés d'en estre sorti sans grande maladie, (néanmoins que je ne sois pas encore bien libre de ma personne. Je l'ei reprins il y a quelque temps et tous les jours y trauaille un peu de sorte que je crois l'auoir fini à la fin de se mois. Quand il sera en estât de vous le pouuoir enuoyer je ne manquerei pas de le conseigner à un Courrier fidelle et vous l'enuoyer.

Je vous ay par le passé enuoyé vos contes et monstre par le meneu en quoy jei employé l'argent que vous m'aués mandé pour paier les choses que vous auiés ordonnés icy à Rome deuant que de vous en partir Mais vous ne m'en aués point mandé de responce. Je vous supplie de les reuoir et de regarder ci il sont justes. Car autrement je retournerei de nouueal à en faire le calcul, il vous reste cent et cinquante quatre escus voyés sil vous plaist ce que vous voulés que jen face. Vous me ferés la faueur de me donner

un mot de responce sur ce subiect. et vous m'obligerés à demeurer comme je suis Monsieur Vostre trèshumble et trèsobéissant

Seruiteur

Poussin.

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