M. DE Noyers a Chantelou
(Ms. 12347, fol. 21.)
[De Monsigneur 12 octobre i63g.]
Pour Monsieur de Chantelou, Commis de Monseigneur de Noyers, Secrétaire d'Estat\
Du i2« Octobre lôBg, à Lion".
Monsigneur le Cardinal auoit bien raison de me presser de vous enuoier en Piedmont, car je voy bien que sans voz soins la citadelle de Turin nous eust
1. A côté, d'une autre écriture plus noire : Pour Paul Fréard de Chantelou gouverneur de Chasteau du loir et M' dhostel du Roy. Cette mention n'a pu être écrite qu'après le 20 mars i656, date du mariage de Chantelou avec M°" de Montmort, qui lui apportait ce gouvernement qu'elle tenait en survivance de son premier mari. Ces lignes sont sans doute des héritiers de M. de Noyers (mort le 20 octobre 1645), quand ils procédèrent au tri de ses papiers.
2. Les affaires de Piémont occupaient fort Richelieu. La duchesse régente de Savoie venait de se rencontrer à Grenoble, le 25 septembre iôSq, avec Louis XIII, son frère. Ses beaux-frères révoltés, Maurice et Thomas de Savoie, alliés des Espagnols, avaient pris Turin, sauf la citadelle, dont la mise en état de défense avait été l'un des gros soucis de M. de Noyers, secrétaire d'État à la Guerre depuis i636.
1639] DE NICOLAS POUSSIN. 2f
faict un affront'. Je prie Dieu de ce que vous y aués si utillement seruy, et ie le prie de vous y conseruer en bonne santé, afin quaiant satisfaict à ce qui vous a esté ordonné nous nous puissions réuoir pour ne nous pas séparer si facillement que nous auons faict jusques icy.
Je seray bien aise quà la première occasion vous m'enuoyiez un estât par le menu de tous les ouurages et trauaux que vous auez entrepris, ce qui est faict, et ce qui reste à faire.
Le pauvre mons' de Chambray' a besoin d'estre encouragé et ie n'en voy point de meilleur moienque de l'asseurer qu'il reuiendra avec vous, pourueu qu'il aye faict ce qui luy a esté commandé/ 3.
Je vous remercie de l'espitre de Lentulus aue ie desirois d'auoir il y a fort longtemps/.
Mais quoy oublierons nous tout à faict la vertu, ne parlerons nous plus de M. le Poussain, et du sculpteur qui debuoit venir auec lui/"*.