Poussin a Chantelou
(Ms. 12347, fol. 61 2.)
A Monsieur de Chantelou^ commis de Monseigneur de Noyers^ à Ruel.
[Un compliment sur un régal que je luy auois enuoyé.]
Monsieur' Je ne repsois jamais présent que de touttes les sai-
ir.oral qu'au sens historique, car il n'y avait alors à Rome aucun malheur public qui la justifiât. A Paris sévissait une épidémie de petite vérole (voir Avenel, Corresp. de Richelieu, t. VI, p. 885).
I. « Le petit ouvrage du Baptême de Jésus-Christ dans le Jourdain qu'il lui avoit laissé à terminer » et auquel, en septembre 1641, « il ne lui avoit pas encore été possible de donner un coup de pinceau » (note de Ph. de Chennevières).
3. Cette lettre est inédite. Le copiste de 1755 l'aura sautée par erreur; aussi Quatremère n'a-t-il pu la publier.
3. Le coin de la feuille originale étant déchiré, les quatre premières lettres de Monsieur et le premier mot de la lettre : Je manquent au ms. 12347.
1641] DE NICOLAS POUSSIN. Io5
sons et à touttc heure ne me facent jouir des délices de vostre généreuse courtoisie. Il est bien vray que la fortune en ce qu'elle va fesant ne scait jamais ce quelle fet tesans les princes * d'un coeur petit et rauallé et les gentilhommes d'une Ame Royale. Moy qui vous donne telle louange considérant vostre Magnanimité je vous célèbre encore pour homme de tant de bonté que les peuples seroint bienheureus qui obéiroint à un Signeur de telle marque^.
Qui n'est point né prince ce monstre tel par les nobles actions de qui la nature la orné et celuy qui est né grand seigneur et ne fait rien de conuenable à sa naissance quil se restitue le coustume qui doibt à soymesme auec le procéder de vos^ trèscourtoise largesses lesquelles estans digne d'un degré Royal me forsent de dire autre chose que ceque je dis et je vous jure Monsieur que si je n'estois moy mesme je croirois d'estre vous qui haués cohuerti l'amour et la réuéranse que je vous porte en lobligation que je vous doibts
Vostre très obligé à jamais Poussin de Paris ce 7 novembre 1641.