‹ Correspondance de Nicolas PoussinChapitre 66 sur 320 · Poussin a Cass. del Pozzo · texte numérisé non relu

Poussin a Cass. del Pozzo

(Coll. de M. le comte Allard du ChoUet.)

Air Ill^f et Reu'^° Siglt et Prôn mio

il Sig : Caualier dél Po:{\o

In Roma.

111™° et Reuf? Sig/. mio

Infinité sono le occasion! che obbligano à venire

qu'on luy fit d'un dessein, non pas le plus magnifique ny le plus superbe qu'il peust composer, mais d'un ornement dont l'exécution fust prompte, et d'une dépense modérée, eu esgard au temps et à l'humeur impatiente de nostre nation » (Dédicace du Traité de la peinture, i65i).

spesso con le mie a riuerire VS : Ill°" et Ri^f ma la prossimità di questo Santissff giorno di Natale m' inuita à pregare la bonta eterna di nostro Sig";* che lei goda in queste feste è sempre una quiète i tranquilità di animo che riesca conforme al suo desiderio è piacera à lei di credère che non ha nessun Ser^« che più ardentemente di me gli desidera quelle contentesse che richiedono al suo merito mi mortifica il non potere accompagnare alla présente ed quéllo ch' ho cominciato di fare mi solleua al incontro la sua singolar bontà la quale priego mi lassi goder lungamente la sua benigna protettione et le bagio riuerentemente le mani.

DIVS. Ill?f et Reu"??

Humiliss™? Serff Nicole Poussin Di Parigi 20 Xbre : 1641

A l'Ill^^ et R^^ et Seig% mon Patron, le Seigneur Cavalier del Po:{:{o, à RomeK

Mon 111""» et R™« Seigneur, Infinies sont les occasions qui m'obligent à venir souvent avec mes lettres présenter mes respects à V. S., mais la proximité de ce très saint jour de Noël m'invite à prier la bonté éternelle de N. S. que vous jouissiez en cette fête et toujours d'un repos et d'une tranquillité d'âme conformes à votre désir; et qu'il vous plaise de croire qu'il n'y a aucun serviteur qui

1. L'original de cette lettre appartient à la collection d'autographes de M. le comte Allard du Chollet, lequel a bien voulu nous la communiquer, pour cette édition, avec la plus aimable obligeance. Tous les amis de Poussin lui en seront d'autant plus reconnaissants que ce texte était resté inédit. La lettre figurait précédemment dans les collections Fillion et Sensier.

IIO CORRESPONDANCE [1642

VOUS désire plus ardemment que moi les contentements que l'on réclame pour votre mérite. Je suis peiné de ne pas pouvoir accompagner cette lettre, et en ce que j'ai commencé de faire, me soutient votre bonté singulière, que je prie de me faire jouir longtemps de votre bonne protection, et je vous baise respectueusement les mains

De V. S. 111°»^ et R°>e

Le très humble Ser""

Nicolas Poussin.

De Paris, le 20 Dec. 1641.

(Coll. Naylori.)

111: et Reu»?." Sig^. mio Qualche giorni sono che mi fù portato una lettera di VS: lU^f per un amico di Monsieur Bovart secretario del Marchese de fontane Mareil Ambasciadore in Roma et al 6 di Gennaro mi fu portato da un fattore délia posta di leone un piego nel quale erano il frontispicio é l'intitulazione del libro del Padre ferrari detto l'Esperidi con quatro pezzi di miniatura rappresentanti un cedro tagliato in diverse manière con la dichiarazione del sudeto frutto. Di poi hauer bagiato la lettera di VS : et apertala la lessi con quella attenzione che si deue et intesi il contenuto di essa mi stimai fortunatissff mentre lei si degnaua aile volte di darmi occasione se non di seruirla

I. L'original se trouvait dans la collection F. Naylor quand M. Thibaudeau fit, en 1879, pour M. de Chennevières la copie que nous publions. Bottari l'avait publiée, t. I, p. 282, avec beaucoup de menues retouches. La suscription manque dans la copie Thibaudeau.

almeno di esercitare la mia deuozione quanto si estendano le mie debolezze. Ma prima di entrar piu auanti in questo negozio del quale ella mi scriue gli dirô che ultimamente facendo le raccomandazioni sue al Sig^. de Chantelou è gli diede la sua lettera la quale riceuè con grandiss'y? piacere è venendo al proposito di parlare délia Abbadia sua mi disse che egli èra vero che il Sig"^ de Noyers hauer per moite volte tentato il Cardinale su questi negozio ma non hauendo potuto far cosa di momento per causa délie lettere scritte costi et dal Re è dai dette Cardinale in fauor del Mondino non haueuano voluto riuocare la prima dimanda non vi era altra via per far conseguire a VS : quel che desideraua le non che donando al dette Mondino il primo benefizio vacante quisti per ricompenza e cedesse a VS : le sue pretenzioni giunse à quesio che il cardinal Barberino n'haueua scritto al Cardinal Mazzarini. Sentite queste nuoue pregai instantemente il Sig^. de Chantelou di scriuerne à VS : mi promesse di farlo e credo che la sua lettera giungera costi prima di questa. Tornero dunque a dire che doppo hauer trattato secretamente il sudetto negozio del Padre ferrari con l'istesso di Chantelou è datogli ad intender ogni cosa, lo pregai di pensare qualche mezzo di farlo gentilmente intendere al Sig"^ de Noyers senza che nessun altro lo sapessi questo si tratto al 12 di questo et al i5 del medisimo il detto Cantelou mi disse che vi era buona disposizione gli diede dunque in mano quanto lei mi haueua mandate (eccetto la lettera di VS : che fesi copiare senza nome) accio fussère informati piu à piene del fatte subite che ne hauero qualche altra nova non manchero à scriuerlo ma dio voglia che l'infiniti negozio che 1911 9

hanno al présente (percioche il Re si parte al 25 di

questo mese per il viaggio délia Catalognia) non li

occupi in maniera che non possino volger gl' occhi

aile cose più curiose. lo ho fatto quanto ho potuto

in tanti mesi per fare espedire il privileggio del libro

del Angeloni ma la mia sollecitudine non ha potuto

tanto tuttavia credo sicuramente che sarà per il primo

ordinario io dico questo accio ella sappia la dificulta

che voi e à fare spedire il minimo negozio. Il Sig^.

de Chantelou ha messo in capo al Sig^. de Noyer di

pregare VS : lUff di permettere che li suoi sette sacra-

menti siano copiati da un Pitture che io deuo (dice

egli) nominare questo non vien gia del mio consiglio

VS: fera corne gli placera ma io so bene che non

hauerei mai gusto di rifare quello che già ho fatto

volta l'impieghi che mi danno non sono tante degni

che io non li potessi lasciare per attendere à qualche

noui disegni di Panni arazzi se loro pero hauessero

il pensiero a cose nobile ma à dire il vero non ci è

cosa quivi che meriti starci troppo. Temo di moles-

tarla con queste mie ciance la supplico caramente di

continuarmi nelle sue grazie è di credere mentre

viuero la maggior che hauero mai sara di compia-

cere à VS : Ill°f à cui bagio riuerent™*.* le mani.

DI VS : 111?." et Reuff Humiliss'?? ser^'

Nicolô Poussin Di Parigi 17 di Gennaro 1642.

Hauerei molta da caro di sapere qualche mezzo sicuro per far tenere il quadretto suo quando sarà compito accompagnât© di qualche pochi disegni insieme con la madonina del Sig^ Roccatagliata percio che non li vorrei mettere in risico VS: me ne darà auuiso.

Mon Ill™« et R°« seigneur, Il y a quelques jours qu'une lettre de V. S. Ill"»» me fut portée par un ami de Monsieur Bovart\ secrétaire du Marquis de Fontane Mareil, Ambassadeur à Rome, et le 6 janvier, par un facteur de la poste de Lyon, un paquet dans lequel étaient le frontispice et le titre du livre du Père Ferrari 2, appelé les Hespérides, avec quatre pièces de miniature, représentant un citron coupé de diverses manières, avec l'explication du susdit fruit. Après avoir baisé la lettre de V. S. et l'avoir ouverte, je la lus avec l'attention qui se doit, et je compris son contenu, mais je m'estimai très heureux de ce que vous daigniez me donner cette fois l'occasion, sinon de vous servir, du moins d'exercer mon dévouement dans les limites de mes faibles moyens. Mais, avant d'entrer plus avant dans l'affaire dont V. S. m'a écrit, je dirai que dernièrement, en faisant vos recommandations à M. de Chantelou,

1. Il s'agit de « M. Board, secrétaire de l'Ambassade de Rome, sous M. le Marquis de Fontenay ». Nous avons pris la matière de nombreuses notes dans ses lettres inédites, qui concernent les années 1641-1642 et 1647 (Bibl. nat., ms. fonds Dupuy 343). Malheureusement Board n'y mentionne pas Poussin; sa relation est exclusivement d'ordre diplomatique.

2. Jean-Baptiste Ferrari, jésuite, né à Sienne en 1584, reçu en 1602, se distingua par l'étendue de ses connaissances. Il occupa pendant vingt-huit ans la chaire d'hébreu au Collège Romam et mourut à Sienne, le i" février i655. Le titre exact de l'ouvrage en question est : « Hesperides sive de Malorum aureorum cultura et usu Libri quatuor Jo. Baptistae Ferrarii, Senensis, e Societate Jesu. Romae, sumptibus Hermanni Scheus, MDCXLVI, fol., pp. 48, sllelt. » Cet ouvrage contient loi planches gravées sur cuivre par C. Bloemaert, d'après Pietro de Cortone (Sommersvogel, p. 676). Ferrari avait loué Poussin, affirmant que Louis XIII l'avait appelé en France « afin que l'Alexandre français ne manquât pas d'avoir son Âpelles ».

je lui ai donné votre lettre qu'il reçut avec un très grand plaisir; et arrivé à parler du sujet de votre Abbaye, il me dit qu'il était vrai que le seig*^ de Noyers eût, à maintes reprises, sondé le Cardinal sur cette affaire, mais n'ayant pu faire rien d'important, à cause des lettres d'ici écrites pour là-bas par le Roi et le Cardinal en faveur de Mondino, ils n'avaient pas voulu annuUer la première demande; qu'il n'y avait pas d'autre moyen de faire obtenir à V. S. ce qu'elle désirait que de donner le premier bénéfice vacant au dit Mondino, qui en retour céderait ses prétentions à V. S. Il ajouta à cela que le cardinal Barberini en avait écrit au cardinal Mazzarini. Ayant appris ces nouvelles, je priai instamment M. de Chantelou d'écrire à V. S. Il me promit de le faire, et je crois que sa lettre arrivera là-bas avant celle-ci. Je reviens donc à dire qu'après avoir traité secrètement la susdite affaire du Père Ferrari avec le même de Chantelou, et lui avoir donné explication du tout, je le priai de penser à quelque moyen de la faire galamment entendre à M. de Noyers, sans que personne autre le sache. Cela se traita le 12 de ce mois, et le 1 5 du même, le dit Chantelou me dit qu'il y avait de bonnes dispositions. Je lui remis donc en main tout ce que vous m'aviez envoyé (excepté la lettre de V. S. que je fis copier sans nom) afin qu'ils fussent informés du fait plus pleinement. Aussitôt que j'en aurai quelque autre nouvelle, je ne manquerai pas de vous l'écrire, mais Dieu veuille que les affaires infinies qu'ils ont à présent (parce que le Roi part le 25 de ce mois pour le voyage de Catalogne *) ne les occupent pas de manière

I. Louis XIII passa l'hiver de 1641 à Saint-Germain; il était fort souilrant. Richelieu voulait qu'il se rendît devant Perpi-

1642] DE NICOLAS POUSSIN. Il5

qu'ils ne puissent tourner les yeux vers les choses plus curieuses. J'ai fait tout ce que j'ai pu, depuis tant de mois, pour faire expédier le privilège du livre de l'Angeloni, mais mes sollicitations n'ont pas eu assez de pouvoir. Toutefois, je crois sûrement que ce sera pour le premier ordinaire. Je vous dis cela afin que vous sachiez la difficulté qu'il y a à faire expédier la moindre affaire. M. de Chantelou a mis en tête à M. de Noyers de prier V. S. Ill"»* de permettre que ses sept sacrements soient copiés par un peintre que je dois, dit-il, désigner. Cela ne vient pas de mon conseil. V. S. fera ce qu'il lui plaira, mais je sais bien que je n'aurai jamais du plaisir à refaire ce que j'ai déjà fait une fois. Les travaux qu'ils me donnent ne sont pas si relevés que je ne les puisse laisser pour m'occuper à quelques nouveaux dessins de tapisseries, s'ils pouvaient penser à de grandes choses, mais à dire vrai, il n'y a rien ici qui mérite qu'on s'y tienne trop. Je crains d'ennuyer V. S. de mes sornettes. Je la supplie chèrement de me continuer ses grâces, et de croire que tant que je vivrai, la plus grande que j'aurai sera de complaire à V. S. Ill™«, à qui je baise respectueusement les mains, De V.'S. lU-^'et R»»

Le très humble ser%

Nicolas Poussin.

Je serais bien aise de savoir quelque moyen sûr de

vous faire tenir votre petit tableau quand il sera

achevé, accompagné de quelques petits dessins, en

même temps que la petite Madone du Seig"" Roccata-

gnan pour encourager l'armée qui l'assiégeait, mais Cinq- Mars essayait de le retenir à Saint-Germain, où son influence s'exerçait plus librement.

Il6 CORRESPONDANCE [1642

gliata, parce que je ne voudrais pas leur faire courir de risque. Ainsi V. S. me donnera son avis.

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