‹ Correspondance de Nicolas PoussinChapitre 81 sur 320 · I. Bottari a lu : Bonnomes · texte numérisé non relu

I. Bottari a lu : Bonnomes

1642] DE NICOLAS POUSSIN. l5l

tifier n'avoir eu de ma vie chose à faire qui m'ait tant donné de souci, comme de me voir empêché (tantôt par l'importunité et l'impatience de ces Messieurs, tantôt par la rigueur de la saison) d'achever une chose depuis déjà tant de temps commencée et attendue. Mais, avec l'aide de Dieu, je l'ai conduite à fin et n'était la difficulté de l'envoyer qui me donne de nouveaux ennuis, je ne m'occuperais plus du reste; sachant fort bien que V. S. ne doute pas du grand zèle que j'ai pour lui être agréable. J'ai été plusieurs fois chez Monsieur Carlo, et l'ayaut enfin trouvé, je lui dis que V. S. avait parlé au Père Mazzarini' et que le dit Père vous avait assuré que le susdit Carlo vous servirait si on lui parlait de la part de V. S. Avec un air assez dissimulé, le dit Carlo me dit : « Quoique je n'aie pas l'honneur de connaître particulièrement le Seigî Cavalier del Pozzo, je l'honore pour son mérite et le servirai volontiers, mais le Cardinal mon maître n'étant pas à Rome^, il n'y a pas d'occasion, pour le moment, d'envoyer là-bas aucun bagage, mais venez me revoir. » Telle est la réponse que j'en ai eue. Je ne laisserai pas de voir de temps en temps s'il envoie quelque chose là-bas, et s'il y a lieu, je lui consignerai, avec toute la diligence requise, les dits tableaux, mis en caisse de la façon que vous m'indiquez; mais s'il se présentait sur ces entrefaites quelque autre bonne occasion, je m'en servirais. Que

I. Michel Mazarin, né à Rome en 1607, mort à Rome le 2 septembre 1648. Il était dominicain, quand la fortune de son frère excita son ambition. L'archevêché d'Aix le dédommagea d'avoir dû refuser le généralat de son ordre; plus tard, cardinal de Sainte-Cécile, 8 octobre 1647, ^^ vice-roi de Catalogne. Ce fut un médiocre, dont l'ambition gêna fort la politique française.

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