‹ Correspondance de Nicolas PoussinChapitre 84 sur 320 · I. Sic · texte numérisé non relu

I. Sic

1642] DE NICOLAS POUSSIN. l55

di tanto merito è cognizione. Intanto la riuerisco di tutto core bagiandole riuerentemente le mani.

D. I. VS: 111"?.» et Reuf?

Humilissf? ser^« Nicolo Poussin Di Parigi 22 Maggio 1642.

Dubito che l'intrinchi nati di qualche tempo in quà in questa corte non siano causa di ritardare l'effetti délie promesse fatte al padre ferrari.

A l'Ill^'^ et Rev^^ seig^^ mon Maître très honoré^ le Seig^ Abbé de Cavore, à Rome.

J'écris la présente à V. S. 111"* pour lui faire savoir que ce matin j'ai remis en mains propres à monsieur Carlo, intendant de S. É. le Cardinal Mazzarini, — conformément aux deux lettres de V. S., la première du 14 mars et la seconde du 12 avril — , les deux petits tableaux : celui de V. S., qui est un Baptême du Christ, composé de i3 figures principales, et l'autre, de 3 figures, à savoir la Vierge qui tient l'Enfant Jésus nu dans son giron, et Saint Joseph appuyé contre une fenêtre. L'un et l'autre tableau sont scellés au revers de mon sceau et tous deux sont enfermés avec soin dans une caisse de bois recouverte de toile cirée et entourée d'une corde. L'adresse est sur une carte clouée sur le couvercle, avec de la cire sur les clous, et aux deux bouts de la carte est mon sceau en cire d'Espagne; sur la même toile cirée est la même adresse, qui porte simplement : A rill"' Seig^ le Cavalier del Pozzo, à Rome. Voilà les marques auxquelles V. S. pourra reconnaître le tout. Le susdit Monsieur Carlo n'a rien voulu pour le port, et il m'a

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bien promis d'envoyer la dite caisse gratis et sûrement en même temps qu'un portrait et certaines cannes de l'Inde que le Seig"" Gabriel Naudet^ envoie à S. É. le Cardinal Antoine. Le tout s'enverra à Arles, et quand le cardinal Mazzarini passera en Italie, le paquet partira dans ses bagages. Dieu veuille que ce soit bientôt^ et que toute chose réussisse. J'ai pensé ne pas devoir envoyer à V. S. par cette occasion ceux de mes dessins que j'ai retrouvés, autant parce que je n'ai pas pu encore retirer deux des principaux des mains de Monsieur Meslan que parce que je n'ai pas jugé bon de faire courir à tout le risque d'une seule voie. J'espère bien vous les envoyer promptement, pendant qu'en attendant, leur nombre s'augmentera, et Monsieur Stella, mon ami, actuellement à Lyon, me servira en cette affaire et les fera facilement tenir à V. S. par le moyen de quelque courrier, car ce sont choses faciles à transporter. J'écrirai à V. S. plus en détail quand je serai pour les lui envoyer, et lui donnerai les indications les plus détaillées des moindres choses. Si la bonne fortune

1. Gabriel Naudé, le célèbre bibliographe, né à Paris le 2 février 1600, mort à Abbeville le 3o juillet i653. Il était, depuis 1629, bibliothécaire du cardinal Bagni à Rome, quand il devint celui du cardinal Antonio Barberini (1641), puis de Richelieu, qui l'appela à Paris (1642). Il est célèbre surtout comme bibliothécaire de Mazarin et par la fondation de la bibliothèque Mazarine, la première ouverte au public en France dès 1643.

2. Mazarin écrivait à Le Tellier le 11 mai 1642 : « Sa Majesté m'a ordonné de faire un voyage à Rome. » Richelieu écrivait à M. de Noyers le i3 mai 1642 : « Mr. Mazarin ne veut point de vaisseau pour aller à Rome... », et, le 18 mai : « J'ai enfin fait résoudre M' le cardinal Mazarin à s'en aller... » — Cependant, Mazarin resta, notamment parce que Richelieu, très malade, ne pouvait garder près de lui un plus précieux collaborateur (voir Avenel, Corresp. de Richelieu).

fait arriver le dit tableau entre les mains de V. S., je la prie de tout cœur de l'agréer avec affection comme je le lui donne, n'y ayant rien de considérable dans cet ouvrage que ma bonne volonté; et je ne saurais l'estimer digne, — non plus que les autres choses que vous avez de moi, — d'être entre les mains d'une personne de tant de mérite et de réputation que je révère de tout cœur, en lui baisant respectueusement les

mains.

De V. S. 111°* et R™»

Le très humble ser""

Nicolas Poussin.

De Paris 22 mai 1642.

Je ne suis pas sûr que les intrigues nées en cette

cour voici quelque temps n'aient retardé l'effet des

promesses faites au Père Ferrari.

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