Poussin a Cass. del Pozzo
(Bottari, t. I, p. 294.)
Al Commendatore Cassiano del Pono.
Avendi di già coll' ultime mie del 22 maggio scritto a VS: Illff di aver consegnato in mano di monsù Carlo, maestro di casa dell' eminentiss. cardinal Mazzarini, la casetta con li due quadri, secondo che per due consécutive di VS: n'avevo avuto ordine, nulladimeno essendo arrivate a tempo le sue delli 3 maggio, per le quali VS : dimostrar di stimar
I. Poussin avait d'abord écrit supporter, puis il a rayé et surchargé par le mot endurer.
l6o CORRESPONDANCE [1642
meglior mezzo quello che le avevo proposto, cioé d'inviargliela per un corriero, l'ho subito ritirata di mano del suddetto Carlo, tenendola presso di me fino e tanto che VS : m'abbia scritto a quai corriero s'abbia da consegnare la cassa in Lione. Non potrei dirle quanto ho caro che la cosa passi in questo modo, perché dubitavio che per la via délie robe del Cardinal Mazzarini l'involto dei nostri quadretti no si fosse smarrito o almeno tardato troppo a giunger costi, essendo il viaggio per Roma del ditto cardinale molto incerto. Del resto, per esser piccola e non incassata, facilmente si saria potuta perdere, et particolarmente non essendomi alcuno présente che ne prendesse cura.
Per quest' ordinario scriverô a monsù Stella in Leone di quanto sarà necessario fare, acciochè subito, saputo il nome del corriero col cfuale avrà da trattare, gli mandi la detta cassa sigillata, ed accomodata conforme a quello che già ho scritto. Non mander© a VS : per questa volta li disegni per la cause già accennatele, etc.
Di Parigi, 3o maggio, 1642.
Au Commandeur Cassiano del Po\\o.
Par ma dernière lettre du 22 mai, j'avais déjà écrit à V. S. Ill"» que j'avais consigné entre les mains de Monsieur Carlo, intendant de S. E. le Cardinal Mazzarini, la petite caisse et les deux tableaux, selon l'ordre que j'en avais reçu de V. S. par deux lettres consécutives; néanmoins votre lettre du 3 mai étant arrivée à temps, celle par laquelle V. S. me dit tenir comme meilleur moyen celui que je lui avais proposé, c'est-à-dire de lui envoyer la caisse par un cour-
rier, je l'ai de suite retirée des mains du susdit Carlo, la gardant près de moi jusqu'à tant que V. S. m'ait écrit à quel courrier elle devait être remise à Lyon. Je ne saurais dire combien je tiendrais à ce que la caisse fut transportée par cette voie, car je crains que par le moyen des bagages du Cardinal Mazzarini, l'enveloppe de nos tableaux ne soit abîmée, où au moins que cela ne tarde trop à vous arriver là-bas, le voyage à Rome dudit Cardinal étant fort incertain. Du reste, comme le paquet est peu volumineux et non fortement emballé, il pourrait se perdre facilement, surtout qu'il n'y a personne là pour en prendre soin.
J'écrirai par cet ordinaire à monsieur Stella, à Lyon, ce qu'il sera nécessaire de faire, afin qu'aussitôt qu'il saura le nom du courrier avec lequel il aura à traiter, qu'il lui envoie la dite caisse scellée et préparée comme je le lui ai déjà écrit. Je n'enverrai pas à V. S. les dessins pour cette fois, pour les raisons que je lui ai déjà expliquées, etc.
De Paris, 3o mai 1642.