‹ Correspondance de Nicolas PoussinChapitre 89 sur 320 · Poussin a Cass. del Pozzo · texte numérisé non relu

Poussin a Cass. del Pozzo

(Bottari, t. I, p. 296.)

Al Commendatore Cassiano del Po^^o.

Ho ricevuto in questo settimana tre lettere da parte di V. S. Illustriss. l'una per mezzo del Sig.

1642] DE NICOLAS POUSSIN. l65

Gabriel Naudet, l'altra da Monsu Petit mercante, e l'altra dal P. Nicerone. Le due ultime sono del 21., e 3i. di Maggio. Per la prima rendo infinité grazie a V. S. del favore, ch' ella si compiace d'usare verso l'amico mio Francesco Bonnomes. E circa poi a quello che V. S. mi scrive di Monsù Carlo, e dell' inviamento dalla cassetta dei quadri, ho scritto più d'una volta quello, ch' è accaduto, e come fino a quest'ora non ho aspettato altro da V. S. che il nome, e cognome del corriero, al quale Ella desidererebbe, che la detta cassetta fosse consegnata. Ho pure scritto, che se l'ordine di V. S. tardasse troppo a venire, avevo risoluto di non perder più tempo, anzi di pregar Monsù Stella di trattar con uno de' corrieri di Leone, e rimaner d'accordo con quello di portar a Roma, e consegnare in mano di V. S. la detta cassa sana, e salva. E giacchè Ella non mi accenna di non aver fino ad ora trattato con alcuno, tosto che mi sarà giunta la nuova, che il detto Stella avéra ricevuta la cassa, li scriverô, e pregherô di spedire il negozio, come fosse suo proprio; e credo, che lo farà puntualmente, perô V. S. non si metta più in pensiero di questo, e lasci fare. Scriverô poi, e faro sapere chi sarà quel corriero, quando si avrà da partira, e con quai patto portera la detta cassa, e se sarà pagata, o no.

Péril negozio del Padre Ferrari non ne dirô altro. Dicesi, che Monsù de Chantelou vada a Roma quanto prima; e costi, se n'averà pero commisione, potrà servire il detto Padre, conforme n'avea data la speranza. Dell' altre cose tacerô ancora, perché il fargliene sovvenire non ha giovato.

Mi sento di nuovo soprammodo obligato à V. S. che mi dà occasione di servire l'Eminentiss. Sig.

l66 CORRESPONDANCE [1642

Cardinal Barberino del disegno dell' istoria di Scipione, mi dispiace perô d'essermi privato del pensiero, che ne feci prima del partirmi di Roma, essendomene rimasta solo l'idea, la quale col tempo, che potrô rubare, metterô al netto nel miglior modo, che potrà la mia tremante mano, e con quella giungerô, conforme a quanto V. S. mi scrive, due parole le più divote e le più umili, che potrô, per ringraziar sua Emi. deir onore, che mi fa, di ricordarsi di me, e per pregarla di accettare quello per signo di tributo délia mia servitù. Mi arrosisco in conoscermi suggetto cosi debole, che in niun modo posso corrisponderea gl' infiniti obblighi, e favori, che giornalmente ricevo dalla benignita sua, se non coH' affetto.

Ultimamente il Sig. Bordelot venne da me da parte di V. S. ad ofFerirmisi per quanto puô, ed invitarmi a servirmi di lui, corne ancora per questa présente de' 24. Aprile vedo pienamente, quanta è la bontà di V. S. e del benignissimo sua fratello verso di me, che non posso far altro, se non cercar di servire con tutto il cuore tutti questi Signori amici di V. S. come se fusse Ella propria ;e le bacio umilissimamente le mani.

Di Parigi 27. Giugno 1642.

Nicolô Poussin.

Au Commandeur Cassiano del Po^:[0.

J'ai reçu cette semaine trois lettres de la part de V. S. Ill^e, l'une par l'intermédiaire du Seig»" Gabriel Naudet, l'autre de Monsieur Petit, marchand, et la troisième, du P. Nicéron'. Les deux dernières sont

I. Jean-François Nicéron, physicien, né à Paris en i6i3, mort à Aix, le 22 septembre 1646; il appartenait à l'ordre des

du 21 et du 3 1 mai. Pour la première, je rends à V. S. des grâces infinies pour la faveur dont il lui a plu d'user à l'égard de mon ami François Bonnemes. Et quant à ce que V. S. m'écrit touchant Monsieur Carlo et l'envoi de la petite caisse des tableaux, j'ai écrit plus d'une fois ce qui est arrivé, et comment je n'attends plus à cette heure de V. S. que les nom et surnom du courrier, auquel elle désire que la dite caisse soit consignée. Je vous ai même écrit que si les ordres de V. S. tardaient trop à venir, j'avais résolu, pour ne pas perdre davantage de temps, de priera la fois Monsieur Stella de traiter avec l'un des courriers de Lyon, et de se mettre d'accord avec lui pour porter la caisse à Rome, et la remettre saine et sauve aux mains de V. S. Et bien que vous ne me fassiez pas savoir que vous ayez jusqu'à présent traité avec quelqu'un, aussitôt que la nouvelle que le dit Stella a reçu la caisse me sera venue, je lui écrirai et le prierai d'expédier l'affaire, comme si c'était la sienne; et je crois qu'il le fera ponctuellement. Que V. S. ne se mette donc plus en souci de cela, et qu'elle laisse faire. Je vous écrirai après et vous ferai savoir quel sera ce courrier, quand il sera pour partir, et à quelles conditions il portera la dite caisse, et s'il sera payé ou non.

Pour l'affaire du Père Ferrari, je ne vous en dirai rien d'autre. On dit que Monsieur de Chantelou s'en va prochainement à Rome, et là-bas, s'il en a la com-

Minimes, qui l'envoya deux fois à Rome. Il écrivit sur l'optique et son principal ouvrage avait paru en i638, intitulé : La perspective curieuse. — Bourdelot écrit de lui, à Cassiano del Pozzo, le 12 septembre 1642 : « Il est persuadé de votre mérite et vous considère comme un Dieu en terre et quand il parle de vous il pleure de joie. »

l68 CORRESPONDANCE [1642

mission, il pourra servir le dit Père, selon qu'il en avait donné l'espérance. Je ne dirai rien encore des autres choses, parce que je n'ai pas eu l'occasion de les lui rappeler.

Je me sens encore une fois extrêmement obligé à V. S. de ce qu'elle me donne l'occasion de servir S. E. Mgr le Cardinal Barberin en lui faisant le dessin de l'histoire de Scipion. Il me déplaît fort d'être privé de l'esquisse que j'en fis avant mon départ de Rome; il ne m'en est resté que la première pensée qu'au premier moment que je pourrai dérober, je mettrai au net du mieux que le pourra ma main tremblante; et comme V, S. me l'écrit, j'y joindrai deux mots, les plus dévoués et les plus humbles que je pourrai, pour remercier Son Em« de l'honneur qu'elle me fait de se souvenir de moi, et la prier d'accepter ce dessin comme un hommage de son serviteur. Je rougis de me trouver si faible sujet que je ne puisse répondre d'aucune façon aux obligations infinies, aux faveurs que journellement je reçois de votre bienveillance, si ce n'est que par mon attachement.

Tout dernièrement, le Seig^ Bordelot^ me vînt trouver de la part de V. S., pour m'offrir ses bons offices en tant qu'il pourroit, et m'inviter à me servir de lui. Par cette lettre du 24 avril, je vois pleinement combien est grande envers moi la bonté de V. S. et de son excellent frère, si bien que je ne puis que

I. Le médecin Bourdelot. — Bourdelot à Cass. del Pozzo, 20 juin 1642 : « J'ai vu M. Poussin qui est toujours l'incomparable. Il est ici dans une touchante estime, non seulement pour son savoir mais pour ses mœurs. Il est tenu pour très honnête homme. C'est votre prédicateur éternel, il se loue si hautement des faveurs que vous lui faites tous les jours, qu'il dit qu'il est votre créature. Nous vous chantons des hymnes à qui mieux mieux. »

chercher à servir de tout mon cœur tous ces Seig"

amis de V. S., comme je la servirai elle-même, et Je

lui baise très humblement les mains,

Nicolas Poussin De Paris 27 juin 1642.

Page 1