‹ Correspondance de P.-J. Proudhon (volume 2)Chapitre 11 sur 27 · A M. GARNIER AÎNÉ · texte numérisé non relu

A M. GARNIER AÎNÉ

Monsieur Garnier aîné, je suis si peu disposé à vous importuner de ma publication politique^ et je tiens si fort à TOUS être en tout agréable que je renoDcerais dès à présent à Tintermédiaire de votre librairie si je n'étais retenu par ime considération à laquelle vous ne pouvez manquer de rendre justice.

Songez donc, cher monsieur Garnier, que depuis 1848 je fais pour ainsi dire partie de votre personnel ; maintes fois vous m'avez dit vous-même avec votre frère que j'étais l'un de vos écrivains principaux; vous citiez mon nom à côté de ceux de MM. Sainte-Beuve et Flourens; — vous teniez peu aux brochures de circonstance, politiques, polémiques ou littéraires, mais vous faisiez exception en faveur de nous trois, nous étions vos seules nouveautés, le reste de votre librairie se composant de classiques et d'ouvrages de luxe.

Pourquoi m'écarter aujourd'hui? Pourquoi cette terreur de la politique? Est-ce qu'un livre de moi, misérable grand in-1 8, déparera votre devanture ? Vous regardez-vous vous-même comme frappé d'ostracisme? Ne pensez- vous plus, comme autrefois, qu'un

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peu de critique économico-politique de ma façon est utile pour rompre chez vous la monotonie et placidité de votre littérature.

C'est sur cela que j'appelle votre attention. J'espère donc, malgré tout, qu'aussitôt M. Hippolyte de retour, nous réglerons cette affaire au mieux de notre conunune sûreté. t

Je vous serre la main.

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