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tout juste que plus les médecins Texaminent, plus ils conçoivent pour lui d*espérances, plus ils se trompent. Le divorce est prononcé ici entre le corps et Tâme. Ce que Ton appelle la vie est devenue une véritable incompatibilité. Aujourd'hui, mon père, après avoir consulté des allopathes, suivis des homéopathes, a voulu tftter des raspailiens. Il s*est mis à l'eau sédative, dont les merveilleuses guérisons vous sont connues. BUe n'avait pas franchi le seuil de notre porte, que mon père s*écriait : Vaniias^ vanUatum et omnia vanitai/ Que sortira-t-il de toute cette médication?
Âhl vraiment, nous sommes dans une grande inquiétude, nous n'attendons pas moins qu'un miracle ou un phénomène.
Cher ami Maguet, pouvez-vous nous dire sur tout cela quelque chose ? Y va-t-il de la vie? et s'il n'y va pas de la vie, qu'est-ce qu'une existence comme celle dont nous avons depuis trois mois le spectacle ?
M. Bergmann, un autre de nos amis, un savant, accuse chez mon père l'excès des glaires, et conseille les vomitifs, les purgatife; je ne sais quoi encore. M. BesseteauXfle châtelain que nous avons vu naguère, est pour un régime comme celui que vous lui avez conseillé à lui-même lors de son dernier passage à Dampierre.
Yains propos I mon père a essayé de tout, et tout a échoué dès qu'il en a voulu faire une application...
Mon père nous a apporté de votre part un magnifique pot de fromage fort, dont lui et maman se sont régalés. Quant à ma sœur et à moi, deux petites pimbêches parisiennes, nous n'en avons pas voulu. Pour ma part, j'aimerais mieux courir sur votre -peiii cheval. Votre jambon cochinchinois était aussi un superbe
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morceau : malheureusement nous ne savons ce qui lui était arrivé. Dès le jour de sa réception, mon père le trouvait rance, immangeable; lui qui s'était tant régalé de votre lard de Dampierre, n'en revenait pas. Il prétend qu'on lui a changé son jambon en route.
Je vous souhaite, ami Maguet, bonne santé et longue vie. Puissioz-vous, sous votre vieux toit patrimonial, jouir de ces biens qui nous manquent à nous autres chétifs habitants de la capitale.
M. Besseteaux vous a-t-il fait part du mariage prochain de sa fille ? Il nous a presque invités à la noce. J'ai répondu en tout cas que nous irions certainemeni faire notre visite à W^^ Besseteaux le jour où Tami Maguet voudrait nous prendre dans aa voiture à la gare d'Orléans*
Pour mon pire :
Catherine Proudhon.
Paity, 9 jaiiTier 1865.
A M. FÉLIX DELHASSE
Monsieur Delhasse, nous avons encaissé le billet de 1 ,000 francs, non sans de grandes peines et de grandes formalités, tant nos gens d*afifaires y apportent peu de bon vouloir.
La santé de mon père n*a pas empiré depuis ma dernière lettre, mais elle ne s*est pas non plus améliorée.
Toutes les nuits on le veille ; ses jambes et ses cuisses se sont gonflées, toutefois les médecins n'accordent pas une grande valeur à cet incid^t.
Plus que jamais nous espérons dans le retour de la chaleur et du beau temps.
Recevez, monsieur Delhasse, nos très-sincères et affectueuses révérences.
Catherine Proudhon.
Passy, 12 janyier 1865.
A M. J. BUZON
Cher et cligne ami» reçu votre lettre du 16 juillet» plus les divers objets expédiés par M. Ferry, qu'elle annonçait.
Reçu une caisse de fruits : raisins , oranges et pommes, qui m'auraient guéri de mon asthme, si les produits du bon Dieu pouvaient prévaloir contre les vertus du diable.
Reçu en dernier lieu votre lettre du 8 janvier, annonçant un envoi de M. Chevallier, lettre que je ne lirai de longtemps, mais dont la longueur m'a paru d'avance bien précieuse.
En ce moment, je suis plus accablé que jamais; plus que jamais je doute de ma résurrection, et je sue sang et eau pour appliquer encore une fois ma griffe sur cette missive dont je ne voudrais pas jurer qu'elle ne sera pas à vous la dernière (1).
A vous, à toujours.
P.-J. Proudhon.
(1) Elle fut la dernière! Dictée le 12 janvier, notre pauvre père expirait le 19.
Catherine Pboudhon.