C0BRE5P« IV
no CORRESPONDANCE
J'ai presque euvie de faire un pamphlet sur ce thème...
Je reviens à vous : Comment pouvez-vous espérer que ces misérables qui mériteraient qu'on les pendit tout les premiers avant Témeute, s'occupent de la liberté d'un Français, d'un homme reçu au sein de la patrie, et chassé par l'arbitraire d'un ministre? — Mon cher ami, votre idée est incongrue, intempestive, embêtante; attendez un peu, et si vous n'assistez pas aux funérailles de la démocratie de la nation française, peutêtre aurtiz-vous espoir d'obtenir audience des futurs tyrans. Cela ne peut aller loin.
Je vous embrasse de tout mon cœur et vous suppHe de ne pas céder aux fougues de votre imagination. On m'a assuré que votre jeune fille se porte à merveille et que toutes vos appréhensions à son égard n'étaient que des chimères. Pourquoi ne la connais-je point? Pourquoi ne sais-je moi-môme ce qu'il en est d'elle? Je vous en parlerais au moins de visu et anditu, et, avec lamitié que vous me témoignez, ce serait presque comme si vous-même l'aviez vue et entendue.
Bonjour à M. Il*' ■ ; j'ai lu sa réponse à Michelet; c'est très-bien; c'est mieux, c'est plus net, plus catégorique que tout ce qu'il avait fait jusqu'à présent. Nous^ autres Français, nous n'aimons que les choses précisées et articulées. Il faut qu'on nous mette les points sur les i; notre méthode de raisonner est, au rebours de celle des Allemands, de procéder non par catégories mais par faits.
On connaît presque le peuple slave, on le sent, on, le devine, après avoir lu ces quelques pages.
A vous de cœur,
Pf-J. Proudeon.
DE P.^J. PttODDNON. 131
Saidte-Pélagle. Jéceixibré 1951