‹ Correspondance de P.-J. ProudhonChapitre 15 sur 50 · II · texte numérisé non relu

II

qui jouissent, ainsi que nous, de la liberté de raison et de conscience, ce qui diminue singulièrement l'intérêt que nous pouvons prendre à tout le reste. L'humanité, cher ami, ce ne sont pas ces masses brutales toujours prêtes à crier : Vive le roi ! Vive la ligue ! L'humanité, c'est cette élite, qui constitue le ferment des siècles et

fait lever toute la pâte. Je vois bien, d'après les statistiques, cent millions d'individus à face humaine sur la croûte terrestre ; je doute que Thumanité se compose de plus de dix mille? Un homme sur dix mille hôtes : la proportion n'est-elle pas encore trop forte?

Si Louis-Philippe a suscité contre lui sept régicides, L. B. doit en susciter septante-sept: eh bien! il n'y aura personne. Sentez-vous Ja portée de ce fuit? Et vous iriez pleurer, gémir, vous désespérer comme un Jérémie sur la perte do la liberté ! Allons donc ! est-ce que vous n'otos pas libre? est-ce que moi-même, malgré les verrous, jo ne le suis paâ plus que cette vile mulfifh'de, cuûimodit M. Thiers.

Adieu, cher ami; jo crache sur les dieux et sur les hommes, et je ne crois qu'à rétudc et à l'amitié. Si le gouvernement songe à moi, je solliciterai la faveur d'un bannissement volontaire; alors, nous pourrons 'nous réunir ; plût an ciel que ce soit pour' ne nous séparer jamaié. * '

Je vous ènibrasse, ainsi qfue notre excellent et malheutéux amill^*^';

P*-J. Prôudhon, F.-S. Réponse s'il vous, plaît par Mathey:

i36 COERESIH)NDANCE

Décembre 4851.

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