‹ Correspondance de P.-J. ProudhonChapitre 26 sur 50 · A M. LE DOCTEUR CRETIN · texte numérisé non relu

A M. LE DOCTEUR CRETIN

Mon cher Crciiu, sur vos deux premières queslioDS, vous pouvez consulter Touvrage de Bastiat, intitulé : Coàdeu et la Ligue ^ et aussi ses Sophismes écmomiques ; la collection du Journal des Êconomisles^ ioni vous trouverez chez moi une partie, celle du Libre échantfc^ dont il doit me rester ausâi quelques numéros cons3rves ail hùc; ejiifin,le Moniteur inditsU^iel, dont il faudra vous procurer l'adresse, et qui doit se publier toujours. , Un des fondateurs ou rédacteurs principaux de ce journal est, si.j^ai bonne mémoire, M, Odier, ccdui dont Çavaignac a épousé la fille, M. Odier est anti^libreéohaugiste; il avait; été question, a:vant 48, de me faire travailler dans le Moniteur industriel contre les libresépliangistes. Je crois que là et nxeç, les sources que je vous indique, vous décpuvrirez^cè qui vous est nécessaire. , ' .

Au surplus, parcourez le catalogue de Guillauniiu.

Dans votre travail, vous devrez établir fortement ce princi]3e, que le principe protecliouuiste, soit celui de la liberté du commerce international, est essentiellement

lié à celui de Tintérèt des capitaux et, par là, intéresse directement le travail même.

En sorte que, aujourd'hui, toute réduction du taux de Tintérêt, toute amélioration dans le régime hypotliécaire doit avoir pour conséquence une réduction dans le droit de douane et vice versa.

Etablir subitement en France le régime de liberté, ce ne serait peut-être pas anéantir le travail dans le pays, mais ce serait à coup sûr le faire passer sous la domination de capitaux étrangers et par conséquent le dénationaliser.

"Voilà en gros le principe : Libre-échange et Crédit gratuit sont termes synonymes. Soutenir Tun contradictoirement à l'autre, c'est le comble de l'imbécillité. Car, encore une fois, si en décrétant le libre échange vous ne décrétez pas en même temps la réduction de l'intérêt à un taux inférieur a celui de tous les pays, le capital étranger, plus abondant, par côoséquent à plus bas prix, supplantera le nôtre, et vous ne serez plus, Français, que des salariés de l'Angleterre.

Telle est la tactique que suit l'Angleterre depuis déjà deux siècles.

Comme on le lui a dit, elle a pratiqué le régime protecteur tant qu'elle n'a pas été la plus forte; de^iuis, ce régime a été pour elle un brevet périmé; son intérêt, par suite de l'abondance môme de ses capitaux, fruit de la protection chez elle et de la liberté chez les iautres, est devenu l'inverse de ce qu'il était au commencement.

La loi sur les céréales a été une conséquence de cette situation; elle a passé le jour où l'intérêt propriétaire a été trouvé inférieur à l'intérêt industriel; si la protection agricole vaut à l'Angleterre 100, et que la liberté mercantile produise 150 ou 300,* il est clair qu'au point

de vue f5ocia|, le sacrifice du produit a^t.tçrritpjçîal au produit net industriel donnant un avantage aueei énorme, la révolution aura lieu.

Of, r Angleterre, pays de liberté parlementaire, bieu C[u^ celle liberté soit entravée par mille corniptionSj ne pouvait manquer d'arriver, à ce résultat maintenant irrévopaWq,

Voilà tout le mystère de la fameuse ligue de Cobden et de révolution anglaise.

Il y a deux époques dans Thistoire du commerce anglais :

l® D'abord réginje protectionniste révère; ^i môme temps, acte$ de natigation et traités de compagnies avec le Portugal, l'Espagne, la France, elc , dont l'effet est de garantir à l'Angleterre la majeure partie du marché ; de faire pencher en sa faveur, chaque année,^ la balance, c'est-à-dire de lui donner un solde considérable en numéraire ; par conséquent , d'augmenter son CAPITAL (revoir la définition que j'ai donnée à Bastiat, du capital, dans noire controverse), et avec le capital, d'augmenter par toute l'Europe son influence politique, industrielle, hypothécaire, etc.

2** Arrivée à ce point, rAngleterrei n'a plus riep à craindre de la concurrence étrangère. Partout l'infériprité du capital ne lui laisse aucun concurrent sérieux. I^a cuirasse protectionniste ne lui sert que d'embarras contre un adversaire qui n'a plus de cartouches. Bien mieux, une partie de ses propres capitaux étant engagés dans les opération^ industrielles des autres pays^ elle se murait à elle-même en n'élargissant pas la grande route qui lui assure la domination du mpnde. Le moment est donc venu pour elle, de se faire, de tous les peuples, des armée^ de mercenaires, doat Iq travail

nç héjfLé^if plusrqu'à se&cpy^it^listes; e^j)ar suite, de faite jouir ï' Angleterre de ce qu'il y a de meilleur, Ùans la production naturelle de chaque pays. . '

C'çst ainsi que, tendis qu'çi^ France une grande partie du peuple ne mange jamais de pain de blé, n'usé point de viande, ne boit pas de vin, une partie des céréales, de la viéiàBë, dés' œwfsV des fruits, légumes, du vin, de rhuile, défile vers TAngleterre. Et comme nous ne sommes pas plus forts ^ur la protection que sur la liberté, attendu que nous ne sommes en tout que des badauds et des ganaches, la douane n'a garde de mettre un droit sur les subsistances destinées à Texportation ; elle s'applaudit, au contraire, de ce commerce qui ajoute à la force de l'Angleterre.

Concluez, en exhortant L. Bonaparte à mettre la dernière main à son œuvre, par ime forte réduction du taux légal de l'intérêt, accompagnée d'une prorogation des échéances hypothécaires; de manière que les capitaux anglais subissant la loi commune, nous ne leur paierions pas, en intérêts ou dividendes, plus de 2 à 3 p. 100,

Apprenez-lui à chercher le bon marché des denrées et marchandises dans la réduction des taxes, sinécures, prélibations, commissions, etc., qui grèvent le prix de revient de tous nos produits.

Quant à la douane, sur cent articles, il y en a soixantequinze qui ne figurent que pour donner du travail aux douaniers et qu'on peut radier instantiquo ; le reste doit être traité avec prudence d'après les principes cidessus.

Et mordez les libres échangistes, les anglophiles, jusqu'au sang. Ne craignez pas, à cet égard, de réveiller le vieux chauvinisme français, anti-anglais, et

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de picjuer d'honneur le Président de la République. Qu'il nous délivre de Tanglomanie et des dynasties, ce sera toujours autant.

Je vous serre la main et vous souhaite bonne réussite.

P,-J, Proudhon.

Sainte-Pélagie, 19 mars 1852.

A M. MAURICE y

Mon cher Maurice, il m'a fallu dm temps pour faire l'acte de désistement que vous me demandiez, et c'est ce qui a tant retardé ma réponse. D'abord, j'ai été chez le notaire qui a voulu avoir des indications précises sur les immeubles. Donc il a fallu récrire à mon frère; attendre, retourner chez le notaire. Enfin, l'acte est fait et entre les mains de mon frère. Je croyais que celui-ci irait incessamment vous voir et vous porter mes compliments.

Faites pour lui ce qu'il vous demandera et pour vous ce que vous pourrez. C'est tout ce que j'ai à vous dire. Je m'estimerais heureux si, avec ce qui nous reste au Petit-Battant et ce qui me revient à Lantenne, il pouvait enfin parvenir au remboursement des héritiers Renaud. Mais les immeubles sont toujours de toutes les marchandises celle qui se vend le moins; aussi mes propriétés ne cessent-elles depuis quatre ans d'aggraver mes dettes. Plaisanterie à part, je puis bien dire que ma propriété me wle !

Je suis libre dans deux mois et demi; j'ai du travail par-dessus les yeux et j'ai lieu de croire que, malgré la rigueur du temps pour les écrivains de ma couleur, je parviendrai à me refaire une existence. Heureusement

pour moi que je sais quelque chose et ne suis pas un simple blagueur de démocrate.

Vous voyez aussi que le gouvernement du Deux- Décembre, tout en ne cessant de déclamer contre les socialistes, suit peu à peu leurs idées, tant une idée vraie a de puissance; c'est par la réduction progressive de toutes les charge qui pèsent sur la production, depuis rintérêt de la Banque et de la Rente, jusqu'à celui des hypothèques, depuis Timpôt direct jusqu'à l'octroi, que l'on arrivera à relever en France le travail et les affaires; vous verrez qu« Loiûst Bonapfirtâ, pour avoir fait la dixième partie de ce que je prapçse, sera le sauveur de la société, tandis que je âuiSr et resterai ua monstre exécrable...

Mais qui sait si cette politique du gouvernement ne m'offrira pas quelque moyen de me raccrocher plus fortement que jamais et de m^ refaire une positipn à la fois politique, scientiiiqua et industrielle? Je veillerai au grain, bien résolu, dès que je pourrai accorder mon intérêt avec mes principes, à donner à ma fortune, un peu plus d'attention que je n'ai fait jusqu'ici.

Merci des nouvelles que vous me donnez de L*** et d'O*^*. Ce qui me fait croire que les préfets actuels ne sont pas si bone^parUstes qu'ils en ont l'air, c'est leur façQ» d'agir vis-à-vis des républicains. L'intérêt du Président était de suivre à leur. égard une marche diamétralement opposée; les agents qui le servent, après l'avoir ruiné dans l'opinion populaire^ n'^iuront pas de peine à le laisser choir; alors ils seront tout placés pour recevoir Ghambprd ou d'Orléans.

Mes salutations à ces dames.

Je vous serre la main.

P»-J, Proudhoi*

^î)ter^Pèlf^. IQ miQH im*

». Itf; MAÎÏC ©tJ^RXiSSÉ

Mqa cher M^rc^ ^m^ù biâte i^e; réppudre à voine dernière, afin de ne pas vous laisser nourrir des e^érrances inutiles. Les dernières, élecUons ont ameMé^une rccrudei^ejace de pe^rsécution ; lun.Normand sur lequel BOUS fondions quelque espoir, a été Tobjet d'un mandat d'arrêt çt a, dû passer à l'étranger. Ui^ autrç de nos amiSj, Langlois, a vu ses reyenus rognés par le décret de conversion, et n'est plus du tout disposé à rien faire. Les bailleurs de fonds se sopt ainsi évanouis.

Quant au plan quQ, vous indiquez, goit qu'il consiste à faire simplement l'avance au^ frères Garnier d'une partie dç^ frais de rédaction, eux, restant néanmoins débiteurs de cette avance, soît que Ton considère çet^e ^vapîoe epinm^e la mi^e de /or^s , des écrivains, iaqiwîlle nie leur rentrerait qu'après liquidation,, ce plan, dis-je, est égaleçient inexécutable^ Dans le premier cas, les frères Garnier n'accepteront aucunement; (i^n3 le second, ils refuseront encore, et moi aussi.

Ils refuseront, s'ils doivent être débités du montant des retenues, parce qu'en aucun cas ils ne veu|cnt prendre la charge entière de l'entreprise. Ils refuswQUt

OOmESPtINDàNGE

encore, ^ ces retenues sont réputées miu de fonds; parce qu*alors le point essentiel de leur spéculation leur échappe, qui est la chance, avec une première mise de 100,000 francs, de n'ovoir petU-êire eux-mêmes rien à avancer du tout. Enfin, dans ce dernier cas, je ne voudrais pas être chargé du travail,^parce que je ne crois pas possible de faire un volume de quarante feuilles grand in-8« (640 pages, i, 280 colonnes) pour 4,000 francs, ce qui reviendrait au plus aux écrivains à 75 francs la feuille.

De toute façon, mon cher ami, il faut renoncer à cela. La démocratie est ruinée, archi-ruinée ; tous les citoyens jouissant de quelque fortune sont internés, expulsés ou déportés. Ce n*est pas de din: ans que nous nous relèverons de ce'coup.

Une personne de TÉlysée évaluait naguère à cent cinquante mille le nombre des arrestations depuis le 2 décembre. Le département des Basses- Alpes est à moitié dépeuplé ; le Var, la Nièvre saccagés. Enfin, je ne crois pas que de longtemps nous marchions sur un terrain solide ; toujours de nouveaux décrets, ordonnances, circulaires, etc., viennent changer la situation des choses ; il n'y a nulle sécurité à rien entreprendre. Il faut ou périr ou changer de tactique. A cet égard, voici ce que je pense :

Cette persécution acharnée, dépourvue d'intérêt, au moins pour les trois quarts, quant à ce qui touche le Président de la République; a éveillé mes réflexions, et je crois pouvoir affirmer qu'elle est en grande partie Touvrage des légitimistes, orléanistes, jésuites, financiers, etc., etc., de tout ce qui, en un mot, tenant peu à L. B., le haïssant môme, exècre par-dessus tout la démocratie. . ' ^

DE. P^. PEOUDaON. id3

L'opioiâtrQté de la Gmette à poursuivre la. dynastie dlQrl^aus m'a fs^t voir, que; le parti Ghambord, qui remplit le Corps législatif,''se met en mesure de s'assurer la succession ; ime partie de Torléanisme, représenté par les BébaU et V Assemblée nationale^ manœuvre absoluBaent 4e m^me. L. B. n'est entouré que de ce monde-là, à tel point qu'aujourd'hui même notre inspecteur Bésuqbelf, que vous coçnaissez, vigoureusement interpellé par moi, s'en plaignait amèrement. Il avouait que le camp élyséen était plein d'ennemis. C'ept, de là que viewt cet éclectisme baroque qui signale la politique de L.B. et qui le compromet de plus en plus. Entre nous, il faut avouer que. s'il eût suivi ses inclinati.ons, tout eu fortifiant son despotisme, il eût mieux servi ses intérêts. Ce sont les vieux partis, les mêmes qui ont juré par la République , et qui aujourd'hui jurent par le génie de César, qui l'arrêtent à chaque pas. U pouvait, après le 2 Décembre, enlever la Belgique ; les puissances eussent laissé faire 1 Aujourd'hui, la diplomatie a fait son œuvre; l'Angleterre, la Prusse et la Russie ont garanti l'intégrité de ce territoire 1... Sans les remontrances, il eût peut-être réduit le 5 à 4 au lieu de 4 1/2. aboli l'octroi., etc., etc. La prufleuce de ses conseils le retient sur tout. En même temps, p:i flatte sa vanité impériale ; on pousse tant qu'on peut au despotisme. Le complot contre la démocratie pe continue donc, après comipe avant Décembre, lentre les menées coalisés, quitte ensuite à s'enlever la m^otte, le trône!... T

Voilà, au vrai, la situation. On appuie . Bonaparte, pe(rc^ qu'on .yeut, succéder à Bonaparte. C'est, u^i héritage que i'oii protège ^nJo.servaut lui-cqè^ie, et lui jurant fidélité. Que nous sonunes loin d^ toutes ces

roùefie», nchis attirés (ïémoc soc!... Aussi, nous n'atrh'erons jamais' à rî^, si notis ne devenons un peu maquignons.

On parle d'une piiochaîne, irès-prochaîné proclamation d'Empiré, où tout se passera comme sous Vffmpire, Comme sous Tffmpiref Vous savez que c'est le mot d'ordre universel. En ce moiiient, on travaille ati lùanteau impérial ; une comrmîssion a été nommée pour faire attacher audit manteau ïes gemmes du gardemeuble. Puisqu'après tout l'Empire est le dénouement obligé et quMl failt en passer par là, qu*oii èe dépêche * et qu'on n'en parife plus. Je né pense point être banni ; ' je pense au contraire, ^t tW's-séneusemont; travailler à la Jf«7îr^ que' va fonder Bôcagr. Comme j'ai quelque raison de croire qu'on me voit d'un oefil assez favorable à l'Elysée, je me propose de faire diversion, eii tombant tout à cbup à bras raccourcis sur ces bons orléanistes, légitimistes] et jésuites , qui -poussent comme champigîionà autour do Bonaparte. Je sais que cdlà ne sera point mal vu en haut lieu ; et puis, je me propose de le dire tout haut, comme je l'ai dît à Bésuchèl : ^pr^5 Bonaparte, vive la ItêpuUique! Je veux, moi aussi, au nom dé la démocratie, rte poser en hétitier; qu'en dites-vous ? Pai îà-aesSus encore plus d'un bon tour dans mon sac ; j'attends ma mise en liberté.

Non, je ne serai pas expulsé ; en voici encore d'autres raistons r il y a quatre jours, le ConstifutUmnei^ publiant des extraits de lettres de moi, saisies après lé i Décembre chez un ami, lettres où j'avais trop bien prévu les résultat? de notre tentative républicaine, làie faisait dès prévenances ; purs j'ai su par le directeur d'ici qu'ion '■ avait pfensé à bannit plusieurs des w7trffljîw?t^5i?oSVi$'Zft?», antétiéuVénieiii: au ^ ©fecmbfe, rria^s^^rtn' avait- éfé-

arrêté pai^ la dènSidWraficm que les bannîr éiail aggraver leur çdme, ce qoti était impossible, et (jae les gracier potirie^ bannir ensitite eût ét^ odieiix. C*est aïûtei que lé déspotîstne, aprèâ avoir trahie ^uné Constitution dansle^ sstog^ est arrêté par une forme' de procédure;. îl'. rempt 'an c&bîei ^ il est entraîné pai- ttn fll F.., Quant' à moi, je me trouverai- prôtéjgé par le réfgîme ÛgaV lorsque je soi^tk-ài- de prisoni,* on ne pourra pas agir contre moi dicta torialement ; il-feudra iiné -cbncïamna-^ tion ; je resterai donc. ;

Eh bien î mon c|iei^ aij[y, c'est sur ces données que je compte relever d!'ici à deux ou trois mois le drapeau de la République sociale, ni plus ni moins. L'occasion e^t m«^g?iiîfi:qu€| i i^ ^wic^èsr.pra^que iqèïtain. flonlkpalBte unf^,fpi3i«i9$^^mui^9 '^jfmxVp^^-k \m\9QmJmâ^ isubti ha fait {

JQ ,1e, pQuasç i^atj<^H»a#llôsQ^C9»t.à tOulbes:. les Quirc^ridéâ I réypluliQnixair^ iqviii d4iis,:te:-djûdiuéfi^ StiSKèM n^^tQi: pi^3 - d((>H^i^ jsa [pï^inri^^riié ^ XH^i&ijnKai &!»[> ay^neerladl^mf^^^ei^e J^iiiikfra^e^l^vifiu^pfiiliiâ'' etr.i^, c(^pri9«i^tr^ 4î^ 99iis ;qi9»'qiiki >gjk>aHra$i'maiSiltti> pe^pl^ j^e ! Jit, j-i^ ^>yaJL,,ftgjjçiftià ibottfc krawr, ©»! = faii de caloQi^ies, ipapid il i^'%gi^ ^ Jmd^rDi'apràg xi|^ > oTt^diiA l^;Piré^id6pti£i^l^H 4^À wfil^^iiâieiiHt fois bmv' mander^ 6i,BéancJlfi|eit^p^'a.piîQ$)q^^ 9Qi9ifirn»é><ie biniiit Sà^ peu qu'il y ait de vrai, je vous jure d'en tirer bon parti, et il y aura bien du mal, pour peu que l'homme soit en veine, si nous n'en faisons le saint Jean-Baptiste d'une nouvelle Messiade.

Faire de la politique, c'est se laver les mains dans la crotte I... Ce que j'apprends chaque jour de l'avidité des courtisans, de la lâcheté des gens en place, de la perversité du clergé, la bassesse de la magistrature, est à

donner la roge. Et nous ne tenterioas rien 1 Et pas un de nous n'osera se lancer dans ce cloaque 1 Mon cher Marc, j'ai quarante-quatre ans de pauvreté, d'abstinence et de travail ; je n'ai bespin ni de chevaux, ni de maîtresses, ni de luxe, ni de bonne chère; je suis indigné jusqu'à la fièvre, et je veux irrévocablement ce que je veux 1 Augurez du reste.

Je ne vous dis, à vous, que cela 1... Vous reviendrez sous peu, ou j'y crèverai.

Serrement de main.

P.-J. Proudhon.

P.^S. Je ne répondrai pas à Maszini. Cela ne se peut faire utikment qu'en reprenant position et donnant une meilleure attitude au parti révolutionnaire, et j'attendrai pour cela la Ref>ue de Bocage. A défaut, je ferai une brochure. Mazzini, Kossuth, Darasz et L. R., quatre honunes perdus 1 Qu'on les pleure et qu'on les oublie. Les décrets fUianciers du Président ne sont qu'un cononencement d'iengr^age, d'un effet presque insensible, mais d'une signiûeation qui ëaisit déjà lès esprits. Somme toute, cda le consolide, meàs roàttge, Aus6i vou&redirai-jequo tout noire rôle en ce moment doit être de lui creuser un fossé. Marché 1 marche î

Sainte-Pélagie, 21 mars 1852.

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