‹ Correspondance de P.-J. ProudhonChapitre 35 sur 50 · CORRESPOND ANGE · texte numérisé non relu

CORRESPOND ANGE

mon temps. J'ai déjà écrit à Crétin que j'attribuais le revirement du Siècle, à mon égard, à son ralliement secret à Torléanisme ; laissons faire et se découler les preuves. Ici, il n'est bruit, dans les conversations, que de la chute prochaine de L.-N., et du retour de la famille d'Orléans; en Belgique aussi, les républicains, par haine de l'Elysée, se rapprochent de^ ce parti, et tandis qu'ils m'accusent de ralliement au Bonaparte, ils apostasient eux-mêmes. Encore une fois, laissons les faits se pi:oduire; éclairons-nous, prenons des notes, et comptez qu'il me restera assez de rancune dans six semaines et dans six mois, pour sévir contre les jacobins du Siècle, avec la môme impitoyable fureur que je fais contre les jésuites de V Univers.

Mon cher ami, on nous croyait morts; il faut que je ménage mes forces et que je ne frappe plus que des coups calculés et mesurés, si je ne veux périr épuisé dans la bataille.

Ceux de Belgique et de Londres sont bêtes, voilà tout. Si jamais la Revue existe, je me réserve de leur ouvrir une souscription dans nos feuilles, en les priant vertement de manger leur subvention et de taire leur gueule. Voilà la seule manière aujourd'hui de leur répondre.

Pendant qu'à Bruxelles on m'exècre, à Lausanne, on me couvre de bénédictions. Je suis formellement invité par le conseiller d'État Delarageaz à faire le voyage de Lausanne, pour y recueillir mon ample moisson de sympathies; c'est 50 francs au moins que me coûterait la voiture, et je ne suis pas en mesure de me donner de ces passe-temps. La poste aux lettres, cette fois encore, suppléera au voyage.

Dimanche, 29 courant, nous allons à Besançon, ma

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femme et moi. Nous serons de retour à Burgille mercredi au plus tard; de là, je partirai pour Lyon par Dijon, le chemin de fer et la Saône. Ainsi, à partir du 2 septembre, vous pourrez m'écrire chez GatUhier frères, commissionnaires, quai de TObservance^ à Lyon. Bonjour à votre femme et aux amis.

Je vous serre la main.

P.-J, Proxjdhon.

334 (X>Rltfi8(H)NDANGE

Burgille^les^Marnay, 28 août 1853.

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