‹ Correspondance de P.-J. ProudhonChapitre 41 sur 50 · A M. ROBIN · texte numérisé non relu

A M. ROBIN

Citoyen Robin, j'ai été si préoccupé, si distrait, si empoché de toute façon depuis mon transfèrement, qu'il ne m'a pas été possible de me recueillir un instant pour répondre aux questions que vous me faites. Cependant le temps s'est écoulé; peut-ôtre avez vous terminé votre biographie; aussi,- au lieu de vous donner satisfaction, je désire savoir auparavant si vous pouvez faire usage de mes réponses. Daignez donc m'écrire un mot, et me dire ce qu'il en est.

Je vous serai également obligé de dire à votre jeune artiste de vouloir bien renvoyer la miniature et les deux daguerréotypes que je lui ai communiquées. Depuis trois semaines, il a eu le temps, ce me semble, de prendre son dessin, et ma femme est impatiente de ravoir un objet qu'elle regarde comme un bijou du plus grand prix.

J'ai écrit à Gamier pour l'engager à vous remettre la collection de mes brochures; Ta-t-il fait? Je ne sais. Mais je crains que de libraire à libraire on ne se fasse pas de ces gracieusetés-là ?

Comment êtes- vous tous à la CoDciergerie ? Sortez-

VOUS ? Quant à moi, je n'ai pas mis les pieds une seule fois dehors depuis mon transfèrement, et comme on me cherche chicane sur la manière dont j'emploie mon temps hors de prison, je crains fort que Tautorisation ne me soit pas rendue. A la garde de Dieu I

Je vous souhaite le bonjour, citoyen Robin, et vous prie de faire mes civilités à mes anciens compagnons.

P.-J. Proudhon.

Sainte-Pélagie, 2 octobre 1851.

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