A M. L. FAUCHER, MINISTRE DE L'INTÉRIEUR
M. le ministre, radministration des prisons nous ayait accordé , à plusieurs de mes compagnons de captivité et à moi, la faculté de sortir deux jours par semaine , dans l'intérêt de nos affaires domestiques et de notre santé. Elle n'avait mis à cette faveur d'autre condition que celle dé ne pas nous produire dans les lieux publics et les réunions politiques.
Depuis quelque temps , par ime raison de discipline administrative, ou pour tout autre motif qu'il ne nous appartient pas de juger , mais auquel nul d'entre nous n'a donné lieu par sa conduite, cette permission nous a été retirée, et nous sommes informés que ce n'est plus au préfet de police, mais à vous. Monsieur le ministre, que nous devons adresser nos sollicitations.
Je viens donc, en ce qui me concerne personnellement, et avec un véritable regret d'occuper votre attention de si peu de chose, vous prier. Monsieur le ministre, de vouloir bien donnerdes ordres pour que je sois rétabli, vis-à-vis de M. le directeur de la Conciergerie, dans les
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mêmes avantages qu*il y a six semaines. En changeant quelquefois de résidence, je ne sortirai pas pour cela de ma retraite.
Je suis avec confiance, Monsieur le ministre, votre très-humble serviteur,
P.-J. Proudhoh.
D^ P.^. PAOPBW. ' 7d
Conciergerie, 28 juillet 4851.
A. M. MARC DUFRAISSE
Je vous confirme ma dernière de point en point, et vous adresse celle-ci pour vous donner avis que je sors, après-demain mercredi 30 courant, plus la nuit du 30 au 31 et la journée du 31 .
Je désire vous voir Tun de ces jours avec Gallot; je ne serais pas fâché que le citoyen Baronnet, ou Bocage, ou Ducoux s'y trouvât.
Il faut en finir.
L'ancien parti républicain gouvernementaliste veut-il, oui ou non, prendre la révolution telle qu'elle est : guerre aux cultes, guerre aux gouvernements, guerre aux aristocraties capitalistes ou propriétaires?...
Il faut se décider.
Je vous dirai plus : j'ai lieu de èroire que Girardin serait tout disposé à arborer tout à la fois et le socialisme anticapitaliste, antireligieux et antigouvernemental, et par dessus le marché la candidature de L. R. Je vous en dirai davantage encore quand nous nous verrons.
Que pensez-vous encore de cette union de forces.
Allons donc 1 allons donc 1 J'ai lancé un programme
formidable, qui a passé, grflce à la précision, à la condensation des idées, et à la forme technique du style; il faut embraser Tunivers avec cela.
Si L. R. et ses amis ne veulent pas avancer, il n'y a de ressource pour les révolutionnaires intelligents qu*à se jeter dans le parti républicain modéré; c'est pour ma part ce que je ferai si L. R. fait défaut.
Mais il faut se décider, et promptement.
Adieu, je vous serre la main.
P.-J. Proudhon.
m: p.-j. proudhon. si
Conciergerie, 14 aoûM851.
A M. LAÎ^GLOIS
Mon cher Langlois, j'ai donné commission à Mathey de vous faire parvenir mon dernier travail, ainsi qu'à Pilhes et Duchéne.
J'ai appris, par les journaux, vos débats avec le directeur de Belle-Isle, Valette, jadis celui de Doullens. Comment ce fonctionnaire, avec qui tout le monde a pu vivre, à Doullens, en assez bonne intelligence, à Texception de Blanqui et de moi, soit devenu tout à coup une espèce de dogue, acharné sur les malheureux dont la garde, non le supplice, lui a été confié? Dois-je faire remonter à la discorde qui règne parmi vous, et à l'espèce d'émulation de fausse énergie qui depuis votre transfèrement semble vous posséder tous, la cause de toutes les misères qui vous affligent? Cela n'excuserait point les agents du pouvoir ; mais vous me permettrez aussi de n'en pas aimer davantage les personnages auxquels vous semblez tous, d'ici, servir de soldats. J'ai vu de si détestables sujets dans les prisons, que je me méfie toujours des réclames et tartines qui arrivent des lieux de détention; en revanche, quand j'ai vu mes amis frappés, irrités, des honunes dont je connais la
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m GORRISMNDAlfGE
loyauté et la modération, je n'ai pu m'empècher d'en concevoir une profonde colère. M'éclairerez-vous une fois sur tout cela T.. .
J'ai reçu communication hier d*une lettre de Pilhes à un de ses amis. U marque qu'il en a écrit plusieurs, à moi entre autres, dont aucune n'est parvenue. La dernière que j'ai reçue de lui est du mois d'avril, en réponse à celle que j'avais chargé Duchène de vous ^mmimiquer à voiis et à Pilhes (faites-le lui savoir). Dans ces deux lettres, Pilhes attribue en partie ses soufi&ances et celles de ses amis à l'influence occulte de Barbes et de ses fidèles; cela lui donne un chagrin qui va jusqu'au désespoir, et fait mal à lire. Pilhes est Une âme de feu, que la vue, ou seulement l'opinion de l'injiistice et de la malice humaine consume et tue. J'ai eu un frère puiné de ce tempérament. Il était soldat : les concussions de son capitaine, qu'il ne pouvait ni dénoncer ni empêcher l'éfouffaient : il mourut, par le fer ou par le poison, je n'ai pu le savoir, mais à coup sûr de rage. Je crains qu'à Pilhes il n'en arrive autant. Gomment, vous, que je croyais doué de quelque philosophie, et qui ne manquez pas de cœur, avoz-vous pu vous brouiller avec lui? Comment, tout en gardant vos opinions, n'avez-vous eu pitié de cette âme si souffrante? Pilhes est un homme à qui je reviendrais toujours, quelles que fussent ses violences et ses erreurs : c'est \m Achille, vous dis-je, il faut l'aimer, dussiezvous en souffrir.
Une autre de vos étourderies est votre manifestation contre Blanqui. A quoi pensiez-vous quand vous avez commis cette bévue? Ignorez-vous donc que Blanqui, avec toutes ses ruses, est encore moins dissimulé que ses rivaux, et que les pensées qu'il exprime, il les ont
DE p^. mœBBGN. sa
de commun avec M? Tandis <{ûe Yms assumez le nsqiBS, l'impoimlarilé d^une proliestatioûf àruBdi malen- Goxitrease^ eux, ils se taisent, ils a^eepient les senii-^ Bsento dont Blantjui se fait Tor^anedétesté^ et profitent en mâme temi» de votre désaveu, qu'ils n'appuient pas. Pauvre mni I Que je vous plains, mais que je vous sâme d«ns votre candeniri Allez, eb^ ^ifànt, vow ne seres ja^nais estimé ce que vouii valez' cftie par des hommes qui, comme moi, vous connaîss^i à fond, parce ^'ils tous reirm&vent au fond de leur cobu^.
Ge qtte je Vous r^roclie surtout dans cette affaire, c'est, comme partout, d'avoir, en suivant votre tempérameni, manqué à la philosophie. Eh <pioiI vo«» ne eomprenez pas que Blanqui est l'incamatipn des vengeances popidaîres, qu'il est, comme Marat, \me des faces hideuses, mais malheureusement logiques, nécessaires, de la Révolution I Vous frapperez l'ennemi, vous, dans le feù de rindignation; Blanqui l'exterminera d^ns la froideur de ses calculs. N'est-ce pas ainsi que vous a jugés la cour de Versailles? Où seriez^vous, dites-^moi, sans l'abolition de la peine de mort ? Ayez donc pitié des stupides et féïoces humains, mais laissez passer la justice de Dieu. Aujourd'hui, ni vous, ni moi, ni personne, ne pouvons plus rien contre la force des choses. La réaction l'a voulu : nous sommes emportés vers les catastrophes, vers les vengeances. Déjà on ne S'occupe plus des idées ; déjà, pour quelques principes lumineux, jféconds, d'économie sociale, on croit en ^vèîr de reste, et de toutes parts l'impatéenee révolutronhaîre accuse les âiéoriciens. Blanqui aura son heure, il est inutile de le nier; il y aurait de l'imprudence, presque de l'iû justice à y faire obstacle. Ce qtii s^ensuivra, sans doute, se^fa la dissolutioi» ée la France,
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si ce n^est comme nation, du moins comme État. Mais la chute de TÉtat français entraînera celle de tous les États européens : à travers la bacchanale des sectes, des. partis, des factions, des banqueroutes, des guerres civiles, des proscriptions, nous arriverons, d'épreuve en épreuve, à la pratique pure et sim|)le de la liberté. Pour moi, je continuerai à servir mes contemporains et rhumanité du fruit de mes études : mais, je ne vous le cache pas, je songe à me tenir à Técart; car la raison humaine en ce moment est en pleine éclipse, et je ne me sens pas de force à lutter par la passion contrôles passions.
Savez-voufi quel est Thomme de Tancienne révolution, que j'aime, que j'admire, malgré son entêtement et ses travers, que je prends pour mon héros ? C'est Lanjuinais I Lanjuinais, le girondin, mais si généreux, si pur, qu'il insphy le respect à Marat, au 31 mai; à Robespierre, après la loi de prairial. Je me sens digne, à l'occasion, d'imiter Lanjuinais, de protester contre tout ce que ma conscience réprouve; mais je ne veux pas de rôle dans cette ronde d'hydrophobes. Qu'ils se mangent entre eux, qu'ils déciment et ruinent, et déshonorent le , peuple, jusqu'à ce que le peuple se relève d'horreur et les écrase; peut-être ferai-je entendre bien haut ma malédiction; mais je ne me ferai contre eux pas plus chef de parti ou de complot, que je ne consentirai à être leur complice. Que ce qui doit arriver arrive; je ne l'empêcherai point, tout en réservant mon jugement. Mon imique souci est de faire si bien, en subissant le fléau, que je n'en reçoive point la solidarité et la souillure.
La Chambre vient de se proroger. La Montagne a publié son compte-rendu. La deuxième campagne pour
le renouvellement des pouvoirs de Louis Bonaparte est commencée. Que vous dirai-je ? Tout ce qui se publie et se fait me paraît absurde. Quoi ? Voilà la réaction réduite, de son aveu, aveu officiel, à solliciter une réélection inconstitutionnelle, el à prouver que la volonté du peuple, à défaut des prescriptions du pacte, suffirait pour valider là réélection ! C'est à cette extrémité que l'on s'avoue parvenu!... D'abord, quand la réélection serait légale, elle ne serait rien moins qu'assurée; ensuite, quand elle obtiendrait la majorité, Tinconstitutionnalité n'étant pas levée, la validation n'a pas la moindre garantie. On n'ose pas faire im bel et bon coup d'État; et l'on parle de violer la loi par le ministère du peuple ! Quel gâchis ! Et c'est à cette extrémité que l'on soutient ime politique de compression, de persécution de plus en plus inique et impitoyable; c'est en face du plus imminent danger où un parti puisse se voir que nos hommes d'État amoncèlent sur leurs têtes cette masse de colères qui vont éclater comme une bombe I ^
Non, mon cher, nous n'aurons pas d'amnistie. Mes prévisions de cet hiver étaient mal fondées. J'avais bien prévu la pression des événements sur le parti contrerévolutionnaire, mais je ne pouvais croire que les chefs fussent si bêtes que d'aflfronter l'orage sans le moindre abri contre la grêle et la foudre. Que voulez- vousr^ Les hommes ne raisonnent plus ; c'est le hasard qui mène ; et comme je le dis dans mon Idée générale^ je puis bien affirmer le résultat définitif, parce que c'est écrit, et que nous n'y pouvons rien. Mais comment «e résultat se produira, je ne le sais point, parce que cela dépend de notre libre arbitre, et que ce libre arbitre a perdu le sens. Â la garde de Diei^ I
D'^uautf^ (Mii qvLQ foDi les népabUcmx^ aj^ iaoe d*imç situ^Uott si terrible ! Dws sou compte^readu, la Mootagne jx*a vu qu'une cho&e, Timpossibilité d'une restauration dynastique; elle a oublié la Révchition. M. Carnot est candidat, presque officiel, à la présidence. AuUml y mettre le père Eniantin. Ces pauvres démocrates honnête» et modérés s'imiO^nent quil^ vont ramener la paix, comme en 48, en étranglant la qisu^sUon sociale. Depuis quatre ans, malgré nos crûs, ils n'ont rien prévu, ils ne savent rien; ils n'oni pas abjuré un seul de leurs préjugés; c'est encore 1^ bourgeoisisme, la médiocrité envieuse et hargp^use de Robespierre^, de Guiîjot, de Sieyès, de Gamier-Pagàs, do Carrel, de Marrastt de Buebez; ce sont les ex-saint-^imo-*niens satisfaits qui donnant le ion à cetjLe République.
Ut vous n'ave» pas vu qu'au bout de tout cela, il y a, par la colère de Dieu, Blanqoi I... Et vous vous è\m brouillé avec votre frère, parce qu'il a eu le malheur de donner son assentiment , non pas son cœur , au vengeur de la Révolution I Vous avez failli à la logique autant qu'à la prudence ; votre générosiW n'est qu'un anachroui^me et un uon**sens...
Mon dernier écrit s'est bien et vite vendu. La premièro édition, 3,000 exemplaires est épuisée; la deuxième e^ déjà en vente« Auoime critique sérieuse ne s'est encore produite* Autant que j'en puis juger, re£fet général, trèSr>di£Eérwt de celui qu'on attendait (on comptait sur un pamphlet), «st que j'ai prouvé et mis hors de doute ce que je voulais établir. Yasbenter lui'-mème m'a fait faire ses compliments^ On avoue que sur le principe d'asSûeiftUon, celui d'autorité, sur le GoaintAï, Ids/orcés économiques j la nécessité de liquider la société, l'anni-
DK P<-^. BROVWON. Kl
hilation de TÉlai dans rÉconomie, j'ai répandu une lumière qui n'avait point paru jusque-là. — Somme t;Outç^ je suis encore le plus avancé, le plus intelligent 4es révolutionnaires. Mais les esprits n'en sont plus aux idées ; ils en sont à la guerre civile. La révolution, sans la bataille, sans les représailles, semble une chose fade. Le tempérament l'emporte, la science n'est qu'un éclair; le soleil démocratique, c'est toujours la /ra^^rnité ou la mort.
Depuis six mois, il est question de ressusciter notre Peuple : je ne l'espère point. — Darimon est cité aux assises d'Aix : je crains qu'on ne tienne à cette capture, presque autant qu'à la mienne. Il croit néanmoins pouvoir encore se tirer de peine.
Notre ami Charles Edmond est à Nice, de retour du Caire.
Favre et Laugrand ont réussi à se procurer de l'emploi à Bruxelles. Boutteville et Massol donnent des leçons. — Crestin est sténographe à la Presse^ actuellement en vacances. — Mathey n'a pu réussir encore à se placer.
Nous avons actuellement ici le jeune Hugo, Jourdan et Sougères du Siècle^ Neflftzer delaJPr«^*e, Joubert libraire; Robin, homme de lettres, etc.
Nous travaillons, Darimon et moi, àime compilation historique, sous le titre de Atlas révolutionnaire. Après cette publication, nous passerons à une autre; nous formerons ainsi, à défaut de bureau quotidien, une école vraiment philosophique et sociale.
Adieu, cher ami, écrivez-moi.
Je vous embrasse.
P.-J. Proudhon.
P.-S. J'écris à Pilhes, par une autre occasion. Si ma lettre ne lui parvient pas, je vous charge de lui communiquer la présente; et réciproquement, il en usera de même avec vous, au cas où celle-ci serait interceptée.
1)E P.-I. PHOilDHON. 80
CoBciergerie, 28 août 18al •
A M. CHARLES EDMOND
Mon cher enfant prodi(^e, nous avons tous reçu vos lettres de Nice; vos aventures nous ont prouvé ce qu'il n*est que trop facile de voir : que les polices des divers gouvernements sont maintenant coalisées contre la démocratie universelle, et que Tunité européenne , humanitaire a reçu ainsi son premier signal de la réaction «lle-mème. En efiet, dès que les rois, les capitalistes et les prêtres se déclarent solidaires , que par conséquent les travailleurs , les libres penseurs le sont également, il n'y a plus de nationalités, il n*y a qu'un peuple européen, en attendant qu'il n'y ait plus qu'un seul peuple sur tout le globe. Il faut rayer du Gode les titres I et II concernant l'État civil des Français. Le droit de cité appartient à tout individu dans tous les pays civilisés où il se trouve.
Deux lignes là où le vieux législateur en a mis cinq cents sur la qualité de Français , la naturalisation, etc. — Comprenez-vous? Conmie c'est simple I Eh bien I Je vous dis et vous douze que ni Mazzini, ni Ledru-RoUin n'en sont encore là.
Mais ne perdons pas de temps.
La présente est pour tous inviter à revenir à Paris au plus tôt, et, s'il est possible, avec nos amis H***, dont j'ai lu l'excellent travail sur la Russie, et Y***, qui sommeille ma foi plus qu'il n'est permis à Tyrtée ni à Homère.
Mettez en mouvement vos amis, vos connaissances, tout le monde, afin qu'on vous laisse tranquillement travailler avoç îiAUS. Voici, 1^ f q^it , m
Je vais passer un marché avec im éditeur parisien pour la composition et la rédaction d'un ouvrage en quatre volumes in-8®, sous le titre de : Histoire générale de la démocratie moderne, — Le prix est fixé à 12,000 francs, plus' line ]paiK 4afi» ks béjQ^fiseé.
Gomme c'est surtout mon nom qu'on exploite; Je prends la dipeeiion do la besogne, ^ue Je partage ensuite entre nos amis Darimoa, Boutte^ille, Mdss^ et Charles Bâmond, seleni qu'il eonvi^dra à ebactrn d'y prendre part.
C'est du travail, du paSn assure à èhactin pour MU an. N<ms etlevons oétie besogû« lestement en sfî •mois. ;•■•'!■ . r. r>, . . , ,,i;: ... >'. .. \
Puis Je déterre une autre entreprise du môme genre, et nous recommençons.
Avec un peu d'intelligence, isi aotrs iskymmës habiles, si nous savons nous partager la besogne , nous qili remplirions bien chaque jour tme feuille de journal, nous pouvons produire tous les mois un volume. . Nous pouvons faire mieux^ En vertu dés lois actuelles, tout le monde peut être éllîtétir. Qui nous empêche de* nous faire éditeurs et d'ouvrir boutique comme tant d'autres , qui ne làdnt pas de gtands écôho^ inistes, ni de grands philosophes? • * . . • j
Il y a en ce moment révolution dans la librdrîe : bon
m 9.^h MoimHON. m
C'est du commerde, c'est 4e n&d^trîe» <efii âdntdes affaires; pourquoi Ja banque (ki pe^ple^neievieiMlmi^ elle pas au monde par cette toîe?
Les assœiaiioxis sont à ia.mcde. Je ix!6D:su9S pas {asiatique, ni vous noa plus; Pourquoi ne fiutpiierkmsi^ jious pas aussi m^a^oclationisHiufltnBile^ airec Matbiôy poux gériôsit, eu i&èpi^ tftiups qu0 noùft foraia^ rioûs uue école, ayee P^^^J. P^ pour àoyûnî
Dans neuf mois, je sors de prison : d'ici là^ né me mêlant d'aucun journal, la prison^ yespëi», ne me sera pas trop dure; il iiaut préparel' ma rekitiéfr àux^ affaires an fondani xKiiTe établissement. Âilqns donc ! nos débutb Beront vûcieMUs;tû»i^ihit0wrs à ^o^^en attendant que norus soyons des «ntrepii^euts à nbteé ceknpte, de Yrais initiateurs (haut sijle)»
Mon çiier ami, noua avons asse^ pensé pour notre part, et nous y voyons assez clair pour qu'il nous soit perinis dé i»oué lancer danis rexéeuiion. Ce n'esi' pas^n parknt, écrlyaillfiàit, ratiocinant toujours que nous f^ons avancer la révolution. Il faut aller au f^l au feu^ voua dis^t
La Voix du Peuple a disparu: était-ce une-taison pour que la soieiété qui la rédigeait dispafràt en même temps?
Neus avons trop flééU sons la menaùe dé la réaétioih Nos adversaires et nos envieux en ànî ptofité : un travafl doùterrain s'est opft-é contre nous; tandis qu'une partie dé nos critiques, applaudie de roptmon, desèiilhttt lés yeux des jacobins, ceux-*d, tout en profitant de nos leçons, oM pris leur temps pour rattraper leur populàfrité, et tes voîlà tout à 1 Iheure les maîtres \
Nous autrons beau faire; ils sont la tradition, ils sont
les anciens; contre rancienneté, la raison ne prévaudra pas. D^ailleurs, le peuple veut absolument en tâter encore une fois : que sa volonté soit faite I Mais il faut nous mettre en mesure de soutenir la, critique contre ces orgueilleux routiniers; il faut que notre opposition ne fasse pas un seul instant défaut au peuple. Pour cela, je ne vois rien de mieux que les petits livres et les publia cations à bon marché, puisqu'on fin de compte, dans le naufrage de la presse, la librairie est restée libre et florissante.
Nous travaillons en ce moment, Darimon et moi, à une chronique depuis la création du monde jusqu'à Tan 1852, ayant pour titre: Toiles réwlfUionnaires. C'est quelque chose comme le Discours sur r Histoire uuiversette, de Bossuet, refait à notre point de vue. Ouvrage avec lequel le premier venu, pour peu qu'il sache épeler, pourra faire de la profondeur moyennant 50 centimes.
Je songe aussi à faire une brochure sur les Chemins de fer, par le ministère de notre ami Mathey, et pour servir de modèle aux associations ouvrières; en même temps, donner la venette aux spéculateurs et action*naires.
Enfin, j'ai en tète une foule de proj^, d'idées, de systèmes, sans compter la théologie humanitaire, le X qui doit remplacer le vieux catholicisme, comme je l'annonce dans ma dernière publication.
J'ai eu, ces jours derniers, la visite du fils de Fichte, professeur de philosophie à l'Université de Tubingen. U m'a appris que A. Ruge, Marx et Grûnn formaient le triumvirat démoc soc pour l'Allemagne. Est-ce vrai ?
Quoiqu'il en soit, je n'ai pas lieu d'être satisfait de l'influence qu'exercerait ledit triumvirat sur les idées
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des réfugiés français de Londres : leurs manifestes à l'Europe sont toujours aussi yides, aussi fêlés que les fameuses circulaires. Je me méfie surtout de la capacité de Mazzinif dans lequel je ne yois qu'un rêveur à la façon de Sylvie Péllieo : ce n'est pas là, ce me semble, ce qu'il faut à l'Italie.
Au reste, il est yisible que la détestable politique de nos rouges a ensorcelé tous les hommes libéraux du siècle et les a conduits au précipice. C'est là ce qui a perdu Kossuth et la Hongrie avec lui. Si cet homme avait \m peu plus songé au pays qu'il défendait, qui lui avait confié ses destinées et im peu moins à la République universelle, si drôlement maltraitée au 13 juin, jamais le tzar ne fût intervenu, la Hongrie serait libre, et par une politique de juste milieu, d'é«goïsme même, mais appliquée à propos et avec intelligence, la cause révolutionnaire aurait été mieux servie.
J'ai là-dessus des idées que je réserve : il me suffit de vous dire pour le moment qu'un nouvel examen des faits m'ont amené à considérer Kossuth et Mazzini, que* j'admirais d'abord, comme deux fléaux pour leur pays et pour la révolution.
Allons 1 venez, amenez-moi votre fille; je vous pré-senterai ma petite Kathe, très-drêlette. Et travaillons, morbleu I Car le mal du siècle est la vulgarité, la lâcheté, la trivialité, la médiocrité, l'insipidité, l'équivoque et le juste-milieu.
Mes amitiés bien sincères, bien cordiales, à MM. N*** et H**^, que j'ai trop peu connus l'un et l'autre; mais ce n'est pas ma faute.
Je vous embrasse.
P.-J. Proudhon.
9i ownstoNMinsB
CdtteiergerIVf Hè Mit 1981.
A M. t. FAUCHER, MINISTRE DE L'INTÉRIEUR
^ Monsieur le miûiâire, à la date du 25 jtdllet dernier, j*ai eu l'honneur de solBciter de votre bienveillance la continuation des sorties qui m'étaient alors accordées, de temps en temps, par Tadministration.
En réponse à ma lettre, il m'a été notifié par M. le directeur de la Conciergerie que M. le ministre m'accordait pour le mois d'aoiU trois jours dé sortie^ se réservant de renpuveler ultérieurement, s'il y avait lieu, cette faveur.
J'ai usé de cette permission. Monsieur le ministre, et je vous en remercie.
Mais comme je ne pense pas que ni la manière dont j'en ai usé, ni les circonstances vous obligent à la retirer, je viens vous prier, de vouloir bien donner des ordres pour que cette permission me soit continuée de mois en mois, aussi longtemps que vous n'y découvrirez aucun inconvénient ^onr la discipline et l'ordre.
Je suis, monsieur le Ministrej votre très -humble serviteur,
P.*J. Proudhon.
X P.-1. n&mm.
Paris, 14 septembra 1851 •
A M. LE DOCTEUR MAGUET
Mon cher Magu/et, nous a^ons reçu un gros pftté, daté de Yoves; il a paru exquis aux vrais connaisseurs, et j'attends Bessirier tout à Theure poiur déjeuner ub« troisième foi& âvee. Aujourd'hui, dimanche, a été un jour de sortie pour moi.
J'ai adressé hier au préfet de police une demande pour obtenir ma translation de la Conciergerie à Sainte* Pélagie, dans la chambre que j'occupais jadis : le directeur et l'inspecteur général appuient; à moins que le préfet, qui* d'ailleurs ne me veut pas de mal, ne tienne à m'aroir sous la main, j'ai lieu de croire que je ferai mon déménagement ces jours-ci.
Ma nichée ne peut plus venir jusqu'au palais de Saint-Louis. La fille est lourde et la mère est bien grosse I... A «e propos, je dois vous dire que votre vaccin n'a laissé aucune trace. On n'a rien vu paraître. Malgré l'avis de son docteur, ma femme soutient que la soi-disant rougeole était une bonne petite vérMe, d'autant mieux qa'il en est resté une ou deux marques
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non douteuses sur le nez de Tenfant. En ce cas, l'inutilité du yaccin serait une preuve de plus de la préservation pour l'avenir.
J'ai traité avec un libraire pour tme Histain de la démocratie moderne^ à laquelle je vais employer deux de nos amis, studieux et' capables, et absolument sans ressource. 100 feuiUes in-S**, grandeur moyenne, à livrer par trois, chaque semaine, à partir de juin 1852. On me donne 12,000 fr. ferme, plus i fr. par exemplaire, à partir de 5,000 jusqu'à 15,000.
J'ai d'autres travaux sur le chantier, et pas mal de projets. Bref, j'ai jlieu de croire, mon cher ami, que ma position est désormais assurée, et que, même après avoir payé mes dettes, je pourrai faire quelques économies pour la dot de ma fille ou de mes filles ?...
Dans quinze jours paraîtra la troisième édition de mes Confessions^ soigneusement revue et augmentée. J'ai trouvé, après coup, que ce travail avait de trèsbonnes parties, qu'il méritait d'être soigné, expurgé, etc. Je le considère comme le premier volume de mon Idée révolutionnaire. Ce dernier ouvrage est à sa seconde édition...
En somme, j'ai maintenant un public assuré et crok^sant, qui me demande des vues, des idées, des études, et me fait grâce de l'éloquence journalistique et tribunitienne.
On s'accorde généralement à dire que les dnq dernières études de mon dernier travail, quoique extrêmement condensées, jettent un jour tout nouveau et décisif sur les questions qu'elles traitent.
Cette disposition du public me convient fort; aussi je vois approcher le jour où je pourrai grouper toutes mes études, ilhilosophiques et économiques, en un petit
DR P..J. PROiaWON. 97
Tolume éMmentaire que Ton pourra considérer comme apborisUque et vraiment doctrinal.
La situation politique me parait se dessiner.
La loi du 31 mai est abandonnée et sera abrogée. En môme temps, sur Tavis des conseils généraux, la Constitution sera respectée. Xa réaction, sur ces deux points si graves, flécbit donc. La crise électorale me parait devoir se passer pacifiquement.
En revanche, le parti démocratique se déconsidère et s'enfonce de plus en plus. Le procès de Lyon, les dernières arrestations en masse, le procès actuel d'Âgen, les manifestes de Londres, etc., tout cela pose très-n^al le parti rouge.
Ajoutez qu*un parti qui n'avoue pas les conséquences de ses principes, qui dissimule ses tendances, est un parti qui n'a plus de raison d'être, un parti mort. Aussi, tandis que la révolution avance dans les masses, elle n'a aucun représentant ni dans la presse, ni à la tribune; ce qui m'induit à croire que pendant quelques années encore le progrès se fera seulement dans les tètes, et ne passera point dans les faits.
Dans cette retraite simultanée des réactionnaires et des montagnards, que peut- on prévoir pour 1852? Des élections pacifiques d'abord ; pour la présidence, ou Louis Bonaparte, ou Joinville; pour l'Assemblée, peut-être même majorité républicaine, à coup sûr une minorité plus forte.
Donc, c'est encore quatre ans de propagande et d'étude. Dessirier me charge de vous envoyer sa poignée de main. Auriez-vous pour lui une place de compositeur à Voves î Son docteur lui conseille de se retirer en province. Si l'an prochain, après ma sortie de prison, je puis monter quelque entreprise, je l'utiliserai en courses
COERBSP. IV. 7
M eORRKSPONDAMGK
•I iniTauz de main ; c'est la sétihi ^anièM âè M âsduret la santé.
Je vous serre la main, mon cher Maguet.
Mes amitiés à Dominique, le père Eustache, et tous mes souvenirs affectueux à Bestaux et sa famille. Votre
P.-J. Proudhoi^.
DE P.4 • t^ftOtlbfiON. Ml
Sainte-Pélagie, 2 octobre 1851.
A M. LE DOCTËtJR MAGtJfiT. '
Cher Magûét, je consacre cette matinée à ttiôn courrier, que j'ai laissé s'acctiiiitilet depuis troi« iremaiûes,; et je commence par répondre à Votre lettre du 21 septembre et aux six perdreaui.
C'est fort bon, tout ce que vous ïn'ètivoyez, cher ami, mais je ne puis m'empècher de tous dire que c'est trop. Que voulez-voils que je fasde de tant de bîenà à' là fois? deux perdrix ont été mangées par mol et ma petite famille : il y en a eu pour deux jourt. DeUx ont été condamnées au pftté qllî en â duré six, les deux autres ont servi à faire quelque gracieuseté énx amis. Je n'aime ni ne puis faire en prison des pi^ict-ni0è ': cela me fatigue par rexcês inévitable du boire et du manger et par la perte de temps qui en résulte ; et ' cela devient très-pénîble pouf M"»« P. J., Votre trèshumble et reconnaissante servante. Saposition dévient de plus en plus grave' (fffamâaf); sa flUe dé plus eh ' plus lourde: elle est condamnée, la malheureuse, â une clôture presque ausisî sévère que feôu ttiari. '
Je travaillé tant qùë je puis, niais jamaiiô autant tmé
iOe CORRSSPONDANGB
je le voudrais. Les devoirs du dehors et de la famille, les besoins de la vie et de la santé m'imposent des relâches que je considère comme très-préjudiciables. Je fais en ce moment une Histoire universelle, ou plutôt une Chranique de THumanité, par ordre de dates, entremêlées de réflexions; cela devient im travail absolument neuf, original et singulièrement instructif.
Vous ne sauriez croire combien cette idée si simple de ranger à la queue Tun de Tâutre tous les événements de rhumanité, par ordre de date, sans considération de lieu ni de peuple, ni d'objet, est lumineuse et féconde. C'est une Pratique de l'histoire, qui enfonce toutes^ les philpsophies. Gett^ idée me travaillait depuis plus de 30 ans. Vous avez lu nos almanachs de Strasbourg; Bâle, Berne, qui portent au commencement une espèce de chronologie, en une colonne. Je ne cessais, à di^ ans, de relire, et repasser cette chronologie, regrettant qu'elle nq fût pas plus longue. Au lieu de 15 ou 20 articles pu dates, je vais en accumuler 3,000; cela fera la plus belle série qu'on ait jamais publiée en matière d'histoire.
"L'Histoire de la démocratie moderne est confiée aux rnain^ de deux amis intelligents et laborieux, écrivant assez correctement ; ceci du consentement de l'éditeur. Je ne me réserve que la direction, c'est-à-dire le plan, l'idée générale, la déduction historique et philosophique, VaJiiMation elle dToii de corriger, changer partout. Pour ces deux amis , c'est up travail instructif et lucratif; jour nfous tous c'est une belle occasion de proçagandp., , . . /
Quant ^. wpi ^particulier, qui prête mon nom, ce ne sera, guère .qu'un bonùeur et un instrument; je compte
DE P..J. PhOUMON. 101
pour peu la rémunération, qui ne m'eût pas manqué autre part.
Mon dernier livre, sans faire de bruit, a frappé tous ceux qui Tout lu. Il me place définitivement, par la profondeur des vues, la manière nette dont les questions sont posées et les solutions indiquées, en avant de tout le parti révolutionnaire. Je suis classé, comme Ton dit, hors ligne. Cela me satisfait, principalement en ce sens que j'aurai désormais beaucoup moins à polémiser que je n'ai fait jusqu'ici. Je vais donc rentrer dans l'étude sérieuse et positive, sûr d'être suivi et compris. Quiconque ne marche pas avec moi, sera, avant deux ans, réputé incapable et traînard.
Vous ai-je dit que j'habitais présentement Sainte- Pélagie (depuis le 18 septembre)? Le directeur de cette maison ayant été changé, j'ai demandé et obtenu ma réinstaUation dans la chambre que j'occupais jadis; je ne pouvais faire moins pour ma chère pauvre femme à qui je tiens lieu de tout, et qui est vraiment méritante par la modestie, l'honnêteté et le dévouement.
Il paraît, au surplus, que la préfecture veut me faire payer la faveur qu'elle m'a accordée par ce transfèrement. Un journal ayant rapporté que l'on m'avait vu au spectacle, le ministre exige que je déclare n'y être pas allé, et surtout que je promette de n'y aller jamais.
J'ai répondu que j'étais prisonnier de guerre, que je sortais sur parole, c'est-à-dire sous condition de rentrer et de ne me mêler à aucune manifestation politique, que, cette condition remplie, je restais maître de mon temps et de mes mouvements , et qu'il m'était impossible de me considérer un coupable mis en pénitence, obligé de cacher sa honte et ses remords.
m €eMISK>NDANGB
Pepuîs quatre jours on tient conseil sur cet incident, et, en attendant, mes trois sorties par mois me sont retirées.
9onjour aux amis et au percepteur.
Je TOUS embrasse.
Di ».«j. pmamoH. m
Sainie-Pélagi«, 2 octobrt 185! .
1 M. PAUTIIIEH
Mon cher compatriote, j'ai laissé tomber, depuis deux ans et plus, mes relations avec vous, parce que le mouvement d'idées dans lequel je suis entré et que je servais alors exclusivement, n'a pu obtenir jusqu'ici votre adhésion, et que je n'aime point la contradiction avec les hommes que je ne puis m'empécher, d'ailleurs, de respecter, j'ajouterai avec voire permission, et d'aimer.
Aujourd'hui, que la politique me parait devoir laisser un peu de répit, tant par la fatigue générale que par l'incapacité et la lâcheté des sujets, je me livre do nouveau, avec ardeur, aux recherches scientifiques dont je me suis tracé le plan et le eadro.
Je suis donc, pour le moment, tout entier à V Histoire, J'ai pensé qu'il nous manquait, dans cette branche de l'enseignement, un traVail dans le genre du discours sur VHisMre universelle^ de BossTiet, mais conçu d'un point de vue philosophique et pratique supérieur, et au niveau de nos connaissances acquises.
J'ai entrepris ce travail, mais sur un autre plan que Bossue! : cet homme-là étant un de ceux avec lesquels
104 GOttUBBPMDANCB
un auteur avisé évite toute comparaison. Je veux faire un atlas d*liistoire universelle, par ordre de dates, entreviélées seulement de notices et de râlexions générales. J*espère que cela sera intéressant, ou plutôt instructif, car, rien qu*à le faire, j*apprends beaucoup, et des choses que je ne rencontre nulle part.
Ceci dit, voici ce qui m^oblige à vous écrire.
J*ai sous les yeux votre Chine^ qui me servira pour tout ce qui concerne cet empire. C*est donc à vous que je reporterai la responsabilité des actes que j^aurai à enregistrer sur cette partie de la terre.
Je vous demande donc, si, depuis Tannée 1838, date de votre publication, et depuis 1821, date à laquelle s*arrète votre travail, vous avez recueilli quelques faits généraux, importants pour la politique, la philosophie, etc. , et qui méritent Tinsertion. U y a, par exemple, Tinvasion anglaise dont je ne sais pas la date, et qui me parait menaçante pour les Chinois.
Ce n'est pas tout
En travaillant pour V Univers pMoresque, vous avez dû vous trouver en collaboration avec des écrivains chargés de travaux analogues au vôtre. Existe~tp-il, sur THindoustan et la civilisation brahmane, un ouvrage utile, bien fait, et qui puisse remplir mon but? — Pourriez-vous me dire aussi, si le livre de M. Jancigny, le Jqpon^ Fempin Birman^ rindO'Ckine{PaTis, 1850, Didot), mérite d'être lu par moi et mis à contribution?
Je vous saurais im gré infini, mon cher compatriote, de me faire part de vos lumières sur toutes ces choses orientales, où vous êtes maître, et dans lesquelles je ne puis lire qu'à travers les rapports d'autrui.
Puisque je fais tant que de recourir à votre obligeance,
DE P.*l. PBOeraW. 105
je vous serai reconnaissant, en même temps, de me faire parvenir le premier yolume du Kosmos^ de M. A. de Humboldt, que je tous ai jadis communiqué, et de me dire si le deuxième a paru. Car ma chronique doit commencer par ime cosmogonie, à la façon des législateurs antiques, qui commençaient tous leur législation par une Histoire de la création du monde et de la filiation des peuples. Il est absurde de croire que nos enfants puissent se contenter des récits tronqués ou des capucinades bibliques qu'on leur présente. Il faut aborder la question, et pardieu 1 je Taborderai.
Je suis actuellement à Sainte-Pélagie, près de ma jeune famille. J'ai ime petite fille, j'en attends bientôt une deuxième; c^a me fait une nichée charmante. Comme je ne veux pas leur donner l'éducation du Sacré- Cœur, je leur prépare un supplément du catéchisme ; j'ose me flatter de les rendre à dix-huit ans, inaccessibles à toute séduction sacerdotale.
Ecrivez-moi, si vous voulez, à l'adresse de M"»« Proudhon, rue delà Fontaine, w® ^,près Sainte-Pélagie. — Oserais-je vous prier de me dire où vous en êtes et ce que vous faites.
Je vous salue bien cordialement.
P.-J. pROUDHOxN.
m ommspoivdàkge
l5oc(ôbr8i8»l.
A M. MARC DUFRAISSE
Mon cher Marc, quand on veut montper qu*une idée est absurde, il n'est pas de meilleur moyen que de la décomposer dans tous ses termes. C*e8t un art que vous possédez parfaitement; et sous ce rapport, votre série de questions depuis le numéro I jusqu'au numéro VII inclusivement, est un petit chef-d'œuvre.
Toutes ces questions, en efiet, reviennent directement ou indirectement à celle-ci :
Le journal dont s^agit^ snivra-t-il ou non um politique insurrectionnelle et dans quelle mesure?
Or, comme il n'y a, comme il n'y aura jamais de limites aux griefs qu'on peut soulever contre un gouvernement quel qu'il soit, contre la légitimité de son origine et la justice de ses actes; comme, par conséquent, il est impossible de s'arrêter logiquement dans la voie de l'insurrection, et qu'il n'y a de terme que lorsque l'organe insurrectant est maître du pouvoir ; il s'ensuit que la question que vous posez implique cette proposition, sur la moralité de laquelle tout le monde peut mettre un jugement.
Le journal ne cessera de pousser à Vinsurrection que
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krsquA ses rédacteurs seront ministres, et smi chef, Prisir' dent de la République.
C'est à ce point de vue que je vais formuler mes réponses à chacune de vos interrogations.
Page 2. 1® D. Le journal attendra-t-il une décision des représentants républicains ?
R. Pourquoi Tattendrait-il? N'est-ce pas à la presse de préparer l'opinion du pays et celle des représentants? D'ailleurs, cette expectative serait à la fois hypocrite et lâche, en ce qu'elle tendrait à rejeter sur d'autres la responsabilité d'une décision impopulaire, et qu'au fond on n'oserait combattre.
2«>, 3° (je passe le. texte des demandes). R. D'après les considérations qui précèdent, et attendu que si la décision des représentants de la Montagne devait ôtre considérée comme une autorité, il n'y aurait plus de raison pour récuser celle de l'Assemblée elle-même, le journal doit aller de l'avant sans attendre l'initiative des députés, sans s'inquiéter de leur résolution ni de leur unanimité. Le droit est le droit. Il ne souffre ni plus ni moins, Jii transaction, ni modification.
4». R. La première hypothèse, celle de l'acceptation pure et simple de la loi, est inadmissible, puisque si elle était résolue par l'affirmative, il n'y aurait plus lieu à s'interroger sur aucime des suivantes, et que le journal est fondé en partie pour la combattre.
I^ Question, — Ceci posé, je dis que la deuxième hypothèse est une couardise, la seconde un suicide, que la quatrième seule est honnête, honorable et rationnelle, mais je reprends aussitôt et je demande à mon tour : si l'insurrection est vaincue, comme il n'est que trop à craindre, que deviendra ce journal? Que deviendra la République ? Et que fera le peuple ? Que lui
conseilterait ses cheb ? P er ai st ei on i-fls dans la Toie insorrectioimelle? C'est repiodaire une question résolue, rétotmforltL iéfmU...,. CiMiseilleront-îls alors la résignation; attendrani-ib des temps meilleurs? Bref, useront-ils des moyaos qui leur seront laissés pour entretenir Tétat démocratique? Pourquoi alors ne pas commencer par la?
I^ QjÊS^km. — R. Le droit est le droit, imprescriptible, irréductible, inaliénable. Admettre une modification quiconque au suffrage universel, c'est s^engager dans la Toie de réaction et donner raison aux 17. Qs» peceai va mmo^ faetMZ ist owuùmm reus. Suivons Adam le Cambreur.
M^ne question, deuxième hypothèse R. A coup
sûr, la situaticm déjà amétiorée dans le cas précédent, le serait beaucoup plus dans celui-ci. Mais n'est-il pas manifeste que toutes ces transactions impliquent cette double conséquence, dHm côté, que le parti républicain peut transiger sur son principe, comme une matrone avec sa vertu; d'autre part, que tous les citoyens ne sont pas également aptes et dignes à exei:per leurs drmts politiques? Donc, point de concession !
///* QMestùm, — R. Repousser la révision de la Constitution, c'est de la part d'un oi^^e démocratique et insurrectionnel, désavouer tout ce qui a été dit et fait en 48 et 49 par le parti contre cette Constitution; c'est admettre implicitement la Présidence; c'est ajourner le droit au travail ; c'est méconnaître l'autorité du peuple, à qui l'acceptation de la Constitution n'a pas été demandée; c'est mettre en suspicion le souverain; faire passer la prudence des chefs avant le jugement du peuple.
Bien loin donc que le journal puisse mettre des con*«
ditions à son consentement à ce sujet, — ce qui reviendrait à trafiquer de la Constitution, comme le fait en ce moment E. de Girardin, — il doit ôtre le premier à la solliciter, à la proposer, à Tappuyer, in omni génère^ nt^mero et casu, d'autant plus que cette révision embrasse, avec la question de la présidence et celle du travail, les questions relatives à la presse et aux clubs.
iT° Qîtestion, — Môme réponse que devant; l'assemblée de révision devant être nommée par le peuple, qui n'a point accepté la Constitution ; il ne peut y avoir de révision inconstitutionnelle, illégale. Il est vrai qu'alors le journal fondé pour l'insurrection se prive d'un prétexte insurrectionnel, celui de l'illégalité de la révision. Ici donc surgit une question à ajouter à la précédente.
Le journal doit-il placer la raison insurrectionnelle au-dessus de la raison du principe? Quidguid dixeris, àrguTnefUcAor.
Quant à savoir si, dans le cas où la révision serait faite en sens contraire des droits conquis par la révolution, il y aurait lieu de prêcher la résistance, la difficulté se trouve la môme : s'insurger, c'est nier l'autorité des mandataires du peuple; ne pas s'insurger, c*est trahir la révolution. Ici , plus moyen de dire quel parti le journal devra prendre.
F» Question. — R. En cas d'usurpation de la tyrannie, même avec l'appui de la majorité des citoyens, la conduite du journal ne peut ôtre douteuse; elle sera plus que jamais insurrectionnelle. Gallisthène prêchait le tyrannicide. A Babylone, même au milieu de l'armée macédonienne, il protestait contre Alexandre.
Il est vrai qu'en attaquant le président réélu , on est exposé h attaquer la majorité du peuple, et à faire dépendre d'un homme la cause de la République; il est
vrai encore que si fritte à la réélection le principe démocratique est compromis par la non-rééligibilité, le suffrage universel est restreint; ce sont là de ces contradictions inévitables dans la ligne adoptée par le journal ; mais qu'y faire? Le sens commun dit : Dans le dmUy aistiens-4oi. Ici, nous devons dire : Dans le doute, insurgez-vous.
F7° Question, — R. Même réponse que ci-dessus. III* et V° question. Le journal ne peut, d*après ses principes, s'opposer à un appel au peuple : seulement, s'il arrivait que le peuple répondit à cet appel, comme il a fait en 1799, en 1804 et en 1848, le journal aurait son recours dans l'insurrection.
YII^ Question.— R. \^ Le journal doit chercher, avant toute réimion de congrès, le candidat qui lui semble représenter le mieux ses principes et sa politique. S'il ne le faisait pas, si d'avance et sans proposition de sa part il attendait la désignation du conclave, il ne serait plus journal d'initiative : ce serait l'ingtrumeprt d'ime assemblée. Pourquoi dès lors ne pas se mettre tout de suite à la queue de la Montagne? Allons plus loin;, pourquoi ne pas se résigner purement et simplement à l'assemblée actuelle ?. . .
2^ Cela posé) et d'après toutes les taisons plus haut développées , l'iaconstitutionnalité àe^ candidatures n'est qu'une toile d'araignée qui ne peut arrêter personne, puisque, pour lever cette inccmstitutionnalité, il suf&t d'ajouter à chaque candidature ime signi£L<:ation qui en fasse une question soumise au jugement du peuple.
Ex. L'article 45 sera-t-il abrogé; en d'autres termes, le président sera-t-il immédiatement réélijible? Le
De P.-J. MOUDHON. Ul
peuple répond en nominaiit ou en ne nommant pas L. Bonaparte.
La guerre de Rome viole- t«eUe la Constilution? Le peuple répond en nommant ou ne nommant pas LedrU'>> Rollin. LedrU'-Rollm, Tenant purger sa eontumacej ne ferait toujours que poser la question en ces termes; il s'exposerait à un danger, sans la moindre utilité pour sa candidature.
La loi de bannissement sera-t*elle rapportée? (celle contre les princes). Le peuple répond en nommant ou ne nommant pas Jdnville.
Je dis donc que la ligne du journal est nette : il ne peut s'opposer à rien de ce qui tend à consulter directement le peuple. Il est vrai que, par cette politique nette et franche , il perd un motif d'insurrection , le motif tiré, en ce qui concerne L. Bonaparte, d'une irrégularité inconstitutionnelle. Mais ici, il faut opter; ou admettre la candidature de L. B. ou retirer celle de L. -Rollin.
3<> La candidature de L.-Rojlin écartée, il parait difficile que le journal persiste à la soutenir, contrairement à la déeidon du conclave; maiB alors, organe de Ledru-Roliin, il est condamné à appuyer un parti, une politique, des idées qui ne sont pas les siennes , ce qui est toujours fort piteux. Et s'il ne prête qu'un concours peu bienveillant, il déconsidère la candidature républicaine; il favorise celle de la réaction : dans quelles extrémités nous sommes ! . . .
F//i® Question, — R. Le journal manquerait entièrement son but, renoncerait à son caractère, abdiquerait touteases positions, tous ses principes, s'il ne se posait pas énergiquement comme l'organe du prolétariat et l'adifersaire de la bourgeoisie.
Autrement, pourquoi ne pas se rallier tout de suite
au Siàîlei an^ationalf au Paj^s, à la Pressé. Pourquoi du moins ne pas imiter la tactique expectante^ de la JBépuèliçue; pourquoi se séparer de Cavaignac, de Goudohaux, de Duclerc, de Gtimier-Pagès, de Dupont de TEure? On ne fait pas de Tinsurrection pour Tinsurrection; on la fait dans un but détermiùé, dans Tintérèt dHin parti, d'une classe, etc.
Il est vrai qu'alors on rejette la bourgeoisie, c'estr-àdire la classe moyenne, prenant quatre ou cinq millions d'électeurs, dans la réaction ou tout au moins dans l'indifférence, et qu'on recule indéfiniment la République. C'est donc le cas encore de poser ici une question nouvelle :
Lequel est préférable pour le peuple d'une abstention puritaine, équivalant pour lui à une renonciation de ses droits politiques^ ou dune transaction qui lui assure^ en tout cas, une part daction gouvernementale?
Voilà à peu près, mon cher Marc, ce que devront faire nos amis s'ils veulent être fidèles à leur pensée première, à leur tradition, à l'idée qu'ils ont donnée d'euxmêmes, et qu'ils tiennent sans doute à conserver, s'ils veulent conserver leur popularité et leur dignité dans le gâchis politique où ils se décident à intervenir.
Cette conduite, à mon sentiment, est parfaitement absurde, et mène droit à une débâcle irrémédiable. S'ensuit-il ,que je conseille de suivre une tactique diamétralement opposée? que je propose de déclarer qu'on acceptera ce que fera l'Assemblée actuelle, qu'on n'appuiera pas l'insurrection , qu'on se perdra avec le parti bourgeois, etc., etc.?
Pas le moins du monde.
Ces choses-là, on peut les penser ; il ne nous est plus
DE P.-J. PROUDHON. Ii3
possible de les dire. Le système d'abstention, opiniâtrement suivi depuis deux an§ à la Haute Cour, dans les conseils de guerre, dans les élections, les conseils généraux, les conseils municipaux, les gardes nationales, etc., etc., nous a acculés à Tinsurrection en même temps qu'il a énervé le peuple. C'était un pauvre moyen d'enflammer les esprits et de pousser le prolétaire à ime prise d'armes, que de faire cesser partout, pendant deux ans , .l'agitation révolutionnaire, dont chaque procès, chaque élection, chaque délibération nous fournissaient l'occasion. On à cru que ce mutisme systématique serait d'un effet puissant ; je n'y vois que la menace de l'impuissance.
Or, s'il est indubitable que l'abstention a ôté au peuple ce qui lui restait d'énergie, il n'est pas moins vraijque celui-ci a pris cela pour une manifestation de sa force, tant nous avons perdu le sens pratique des révolutions ! On serait mal venu, en ce moment j à lui prêcher une autre conduite : son siège est fait. Jusqu'après 1852, il n'en démordra pas; c'est ce qui m'a fait vous dire aussi que, jusqu'à cette époque, je ne voyais ni honneur ni profit à acquérir dans la publication d'im journal; et vos questions, si bien enchaînées, si précises, h'ont fait que confirmer en moi une résolution jusqu'à ce jour plus spontanée, plu^ instinctive que réfléchie.
Je viens à la seconde partie de votre interrogatoire... Dans l'impasse où la démocratie s'est si malheureusement enfoncée, il n'y a plus, pour soutenir la respectabilité d'un journal républicain, que la hauteur des discussions philosophiques et sociales. C^est bien aussi là-dessus que je comptais lorsqu'avant tout examen, je me laissais aller à l'idée, pour moi toujours souriante,
COBBESF. lY. S
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de voir renaître le Peuple et de me retrouver cbargé| avec vous, de sa direction.
Mais, sur ce point encore, je n'ai pas tardé à être complètement désillusionné.
Le journal dont nous examinons ensemble les conditions me parait, dans les termes oii il se pose, avec l'attitude qu'il est forcé de prendre, les intérêts qu'il est destiné à servir, antipaibique . aux solutions, je ne dis pas théoriques, mais quotidiennes qu'exigent le pays et le salut de la Révolution.
En effety ce journal, essentiellement démocratique et prolétarien , organe du parti insurrectionnel, devra mettre d'accord ses principes avec sa politique. C'est* à-dire que comme ses tendances et ses aspirations seront exclusives, ses doctrines devront l'être également; et, comme vous le faites pressentir, il devra se 'j prononcer, par oui ou par non, sur toutes les grandes questions aujourd'hui à Tordre du jour.
Or, la vérité, je dis la vérité pratique, progressive, quotidienne, qui est la seule vérité vraie pour les sociétés et les États, admet hieil une direction exclusivement à toute autre ; elle n'admet pas d'iDÉB exclusive.
Je m'explique en vous répondant.
/X® Question. — Le journal enseignerihtHl la doctrine du gouvernement direct , ou du gouvernement représin-^ tatif?
R. Assurément il enseignera celle du gouvernement direct, ou tout autre analogue. Il ne peut pas, avec ses données, ne pas l'enseigner. Or, qui ne voit que cette doctrine indique un but à atteindre plutôt qu'une application immédiate; qu'ainsi, après avoir fait sa profession de foi thiorijue^ le journal sera obligé de
D8P.4pPRÛUDB0N. m
(çixe ses râs^rvff ppur la p^txqub ; que dès lors, forcé de recoimaUre lauéc^^té .d^ tr&Q9itio;;ii, il infirme lui** ii^âme toutes ses démouisrtrationp i^surrectiaQuelles, ses prétQuUoBfi exclusives, et mette à nu lM^<^ïppie^ h peraowelité, 1^ mwyeiie: foi de son institutiota ?
X° Qtcestim, — Môme observation sur Jc^ liberté delà pi»esse. Quûi qu'on ait dit, Gavaignac avait r^son quand il ne voulait pas que le principe du gouveme-^^ ment fût discuté; et je 9uis bien s(kf qu'avec un minis* tère rouge il ne le serait pas.
Dès lors, à quoi $ert de professer, disona k mot, de feindre une liberté, absolue dont personne ne voudra?
La vérité, ici comme ailleurs, est dans le rapport de la sécurité du paya aVec le besoin qu'il éprouvede r.examen et de la publicité..
X/« Quâstio»» -^ A coup sûr, je ne suis point pour l'enseignement. obligatoire, donné par l'État; je neveux pas. plus des ignorantins de TUniversité que de ceux de l'Église; j'opine donc pour la liberté de l'enseignement, c'est-à-dire . pour la liberté à'enseifffier^ comme pour: celle d'être €9i^0^«^. ) ,
Il n'est pas moins vrai que je voudrais ôter au clergd toute action^ sur ce point; voilà donc uncf restriction, restrictîoi^ légitime, comm^ioidée par la nécessité dés représailles et le salut de la rëpublique. Donc, encore, la ligne âù journal sera progressive, si elle veut être sage, et même révolutionnaire. :
Mais la boui^feoisie ne demande pas autre chose : elle aussi veut le progrès; 1er gouvernement veut le^ progrès; nous ne différons les uns des autres que par^ la mesure de rapplieatitm. Est-ce le moment de confesser, la veille d'une ' bataille, cette confcnmté secrète de sentiments?
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ce que peut être un journal révolvtiônmireohUgé de faire partout des exceptions à ses principes ; en un mot, du