‹ Correspondance de P.-J. Proudhon (volume 2)Chapitre 11 sur 26 · A M. GUILLEMIN · texte numérisé non relu

A M. GUILLEMIN

Mon cher Guillemin, après avoir bien cherché et réfléchi, je ne vois cju'un moyen de tenler la voie des sollicitations en faveur de votre frère; mais comme il y a du risque, je viens vous en faire part. -

Le ministre Bineau, comme vous savez, est malade; il est parti pour Tltalie, et c'est M. Baroche qui fait llntérim de son ministère.

M. Baroche est tout ce que vous pouvez imaginer de moins favorable, et, de près ni de loin, directement ou indirectement, nous no pouvons atteindre jusqu'à lui.

D'un autre côté, le prince Napoléon qui aurait pu nous servir, n'est attendu que le 26 courant ; il reviendra avec une réputation détestable de rouge , do révolu- 4,ionnaire, de mauvais soldat, de général insoumis, etc. C'est pour cela qu'on le fait revenir; jugez s'il est odieux aux ministres. M. Baroche en particulier est hors de ses papiers.

Que faire donc?

Aux grands maux les grands remèdes. J'ai imaginé d'adresser moi-même à M. Baroche, en forme de protestation, voire même de dénonciation, une lettre qui

DE l».-J. PROUDHON. il3

relaterait tous les faits, insisterait sur rinfluence cléricale, et signalerait le grave désordre d'un gouvernement où la véritable influence est étrangère au pouvoir même, la nécessité de résister; Tabsurde calomnie du socialisme^ etc., etc., etc. Il y aura sans doute en M. Baroche une corde d'amour-propre que je toucherai et qui peut-être nous le rendra favorable.

Je ferai remettre au ministre ma Jott^aefeparM. Perron, et nous attendrons l'effet.

Je vous le répète, mon cher, je n'ai que ce moyen à vous ofl*rir,et, s'il s'agissait de mon frère, je n'hésiterais pas à l'employer.

Répondez-moi donc courrier par courrier, et à l'arrWée de votre lettre, ce sera fait.

Mathey devrait bien au moins m'accuser récepliou de mes lettres; je lui ai écrit pour le nouvel an; mi lettre vous est commune, et vous ne m'eii parlez ni l'un ni l'autre.

Bonjour.

P.-J. Proudhon.

o.'PHSîir. VI.

114 ÉORltESPONDÂNGE

Paris, 22 janvier 18S5

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