‹ Correspondance de P.-J. Proudhon (volume 2)Chapitre 12 sur 26 · A M. L'ABBÉ X · texte numérisé non relu

A M. L'ABBÉ X

Monsieur le curé, vous avez grand tort de me demander si je vous ai oublié et de prendre tant de précautions pour in'écrire. Qu'il me suffise de vous dire que si l'un de nous deux avait perdu le souvenir de l'autre ou avait senti faiblir son estime, ce ne serait pas moi. Cela dit, je réponds point par point aux différents artiticles de votre lettre.

1. Je suis athée comme Malebranche, comme Spinosa, comme Eant, comme Leibnitz, comme Hegel, ni plus ni moins. C'est-à-dire, non que je professe la môme philosophie qu'aucun de ces grands hommes, mais que j'ai sur Dieu, T&me, la religion, une théorie à moi, aussi éloignée du matérialisme holbachien ou épicurien que de l'idéalisme de Barclay. La critique que j'ai faite de l'idée de Dieu est analogue à toutes les critiques que j'ai faites de l'autorité, de la propriété, etc. ; c'est ime négation systématique destinée à arriver à une affirmative supérieure égal^nent systématique. Cette matière au surplus est si vaste, que je ne pourrais la traiter en moins de quinze ou vingt pages.

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