A M. COIGNET
Mon cher monsieur, j'ai pris lecture de vos notes, tant écrites qu'imprimées, concernant le tari/ du change •et ce qui y a rapport.
Il y a longtemps que je vous avais entendu émettre (rue Saint-Georges, si je ne me trompe), votre pensée sur cette matière ardue; aujourd'hui je trouve que cette pensée a pris du corps et des développements.
Vos idées sur l'oscillation des valeurs et le problème de la monnaie sont un cas particulier de ma théorie générale du progrès et de mon système d'Économie politique ; à ce point de vue, elles m'intéressent d'une façon toute spéciale. Or, comme il faut que chacun reste propriétaire de ce qui lui appartient, ou qu'il a le premier aperçu, ou qu'il connaît mieux que les autres ou dont enfin il a acquis la priorité légale, je ne puis que vous encourager à donner suite à vos travaux et, autant qu'il dépendra de vous, à les publier avec toute la lucidité d'exposition que le public réclame.
En ce qui touche plus particulièrement notre affaire, puisque vous avez bien voulu me promettre un mot d'écrit sur la manière dont vous entendez qu'on puisse
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y appliquer votre principe, je vous serai obligé de me l'envoyer dès que vous pourrez.
Je serais heureux, le cas échéant, de vous assurer la part qui pourra vous revenir dans l'élaboration d'une <Buvre qui ne sera rien, au moins de mon fait et que je renierais plutôt, ou qui deviendra l'institution économique la plus pure, la plus irréprochable en science et en droit de l'époque.
Ici, vous le savez, je ne fais pas œuvre de science, mais œuvre de création et de réforme. Courage donc, et si je puis compter sur vous, de votre côté, comptez sur moi.
P.-J. Proijdhon.
104 CORRESPOND ANGB
Pari8« 12 juillet 1855.