A M. BOUTTEVILLE
Mon cber'Boutteville, noiis ayons su que vous étiez venu nous voir jeudi avec M"* Anna, et nous avons été fâchés de ne pas nous trouver à la maison pour vous recevoir. J'avais profité du Jeudis jour férié pour les écoliers et les écolJères, pour mener tout mon ménage à Meudon, où nous avons dîné.
Je pars demain soir lundi, pour la Franche-Comté, où je pense rester une quinzaine. J'ai besoin de mettre la dernière main à ma santé, pour en finir d*un coup d'épaule.
Eh bien ! que dites-vous du superbe plongeon que vient de faire Béranger?... Absolution du curé, service à Téglise, rien n'y manque. Ses amis ont fait comme lui; c'est à qui le félicitera de cette belle fin. — Ce qu'il y a de plus curieux est de le voir revendiqué par tout le monde : orléanistes, bonapartistes, démocrates, socialistes même, et jusqu'à V Académie dont il n'était pas. Quel salmigondis!... Aussi tout le monde vante l'incomparable vertu de Béranger qui sut rester indépendant et plaire à tout le monde.
Je vous serre la main.
A mon retour,
P.-J. Proudhon.
m P^. PBUTOHON. il»
» juinet 1885.