THÈSE FRANÇAISE THÈSE LATINE
ia feni le. la feoille.
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Mi GOI^ËSPONDÂNGE
Je n'ai pas encore osé présenter mon discours à M. Droz, ni à M. Jouffroy ; je n'attends que de la colère et de l'indignation de Tun ; et de l'autre du mépris. Ma philosophie et ma politique ne sauraient leur plaire. J'apprends de Besançon que le clergé a arrêté la vente de ma brochure, qu'on y prépare des réfutations sévères de mes principes; qu'en général, si on ne me refuse pas quelque talent, on me trouve beaucoup de paradoxes dans les idées. Les dévots sonnent l'alarme ; et les soi-disant républicains se réjouissent d'un nouveau champion. Personne ne veut me prendre comme j'ai voulu être pris. Les plus sages, mes amis même, doutent, me font des recommandations, et désirent que je laisse la politique de cêté. Faites-nous de la métaphysique et de la morale, me dit-on, et laissez la république, la monarchie et les prêtres. On veut, comme tu vois que je sois philosophe, sans qu'il me soit permis de ps^ler de Dieu, de la société et de la religion. Que je fasse de la science à condition que je ne toucherai pas aux matériaux. — Pauthier a été très-content de mon travail, quelques autres encore; mais, du reste, nul ne sait que me dire. Les hommes du National se sont moqués du titre de l'ouvrage ainsi que de l'auteur qu'ils ont presque pris pour un jésuite. Dessiner m'exhorte à laisser là mes idées de religion et de divinité, qui ne sont plus à Tordre du jour; cet excellent Dessirier! Que veux-tu? Je suis hors de toutes les conditions de succès, je ne plais à personne. Ma chance sera belle mais patience 1
Ma lettre est déjà trop longue pour que je puisse t'entretenir de mon nouveau travail ; ce ne sera pas l'œuvre d'un jeune homme qui n'a qu'une demi-conscience de la nouveauté et de la certitude de ses idées.
DE P.-J. PROITDHON.
Je t'en parlerai plus au long une autre fois. Il faut que dans trois mois ce soit fini; c'est le terme que je me donne pour quitter Paris où je ne saurais vivre.
Je suis seul, je n'ai plus que Dessiner dont le cœur" est parfait, et l'esprit trop peu éclairé. Mon imprimerie va doucement; je soupire après le jour où j'irai reprendre mon bonnet de papier.
Adieu, mon ami, je t'embrasse et te souhaite succès et progrès. Tu ne me dis rien de ton cours.
P.-J. Proudhon.
\U COaR£SPOra>ANGE
Paris, 20 janvier 1840.
A M. MAURICE
Mon cher ex-associé, j'écris à M. Vieiix et tous prie de remettre la lettre' que vous trouverez ci-jointe pour lui, à M. Tubergue qui la lui fera parvenir à lui ou à M"« Vieux.
Je viens, sur votre lettre du 10 janvier, de régler mon budget; je vous paierai au 1®'' avril prochain, pour intérêts de la somme de 8,280 fr. 50 à 2 1/2 p. 100 échus au 1*"^ novembre dernier, plus, pour intérêts de la même somme à 5 p. 100, depuis cette époque au 1" février 1840, intérêts dont je vous dois 1^ moitié, la somme de 180 fr. 80 c. Vous devez comprendre ce qui m'empêche devons les payer auparavant; ainsi, si vous voulez disposer sur moi au 10 avril, je vous en donne toute liberté. Dans ce cas avertissez-moi avant le 25 mars.
Je n'ai pas un sou à vous donner à compte sur le principal et je m'ôte le pain pour vous payer les intérêts. Si vous aviez en main un moyen quelconque de vendre, au lieu de payer rien ni à vous ni à personne, je me laisserais tranquillement exproprier, après quoi
DE P.^. PROODHON. 17b
je prendrais les moyens d'indemniser par la suite mes créanciers. Si vous avez besoin d'argent, plus que je ne puis le croire^ j'ai encore plus besoin de liberté, et si je tiens à m'acquifter envers vous pour remplir, autant qu'il est en moi, ma parole, je tiens encore plus à m'affranchir. Ainsi tout se réimit pour vous prouver que je ne demande pas mieux que de vous désintéresser.
Parent-Desbarres me doit 200 fr.; quand j'ai été pour me faire payer, il m'a offert des livres, sous prétexte qu'il perdait déjà lui-même 30,000 francs dans une entreprise à laquelle il ne fait que prêter son nom, et quand je me suis présenté pour avoir des livres, il m'a tourné le dos. J'ai sa procuration dans la famille Perrenot; j'en ai chargé Plumey' à qui je vous prie dé recommander, à l'occasion, de n'expédier aucun fonds à Parent-Desbarres sans m'en donner avis.
Je ne désespère toujours pas de Fonçant; il se décidera d'ici au mois de juin, ou bien je ne le re verrai plus.
Très-certainement, de quelque manière que ce soit, l'année 1840 verra la fin de mes embarras; je ne demande qu'un répit de trois mois.
Je vous souhaite la bonne année et des débiteurs solvables.
Votre ex- associé,
P.-J. Proudhoh