‹ Correspondance de P.-J. Proudhon (volume 3)Chapitre 4 sur 24 · SA VIE ET SON OEUVRE · texte numérisé non relu

SA VIE ET SON OEUVRE

dès l'année 1847. M°^« Proudhon lui a donné quatre filles, dont deux seulement, Catherine et Stéphanie, ont survécu à leur père. Stéphanie est mQrte en 1873.

En octobre 1849, le Peuple fut remplacé par un nouveau journal, La voixldu Peuple, que Proudhon dirigeait du fond de sa prison. C'est là qu'on peut retrouver ses polémiqueb avec Pierre Leroux et avec Bastiat. Les articles politiques qu'il envoyait à la Voix du Peuple finirent par déplaire au gouvernement, qui le fit transférer à DouUens, où on le tint quelque temps au secret. Ramené ensuite à Paris pour comparaître devant les Assises de la Seine, à propos d'un article de la Voie du Peuple^ il fut défendu par M. Crémieux et acquitté. De la Conciergerie, il passa de nouveau à Sainte-Pélagie où il termina ses trois années de prison, le 6juinl8S2.

La Voix du Peuple , supprimée avant la promulgation de la loi du 31 mai, avait été remplacée par une feuille hebdomadaire, le Peuple de 1850. Fondé avec le concours des principaux membres de la Montagne, ce journal eut bientôt le sort de ses aînés.

En 18S1 , plusieurs mois avant le coup d'État, Proudhon publia Y Idée générale de la Révolution, au XIX^ siècle, où, après avoir exposé la série logique des gouvernements unitaires, depuis la monarchie, qui en est le premier terme, jusqu'au gouvernement

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direct du peuple, qui en est le dernier, il oppose l'idéal de l'an-archie ou self-government, à l'idéal communiste ou gouvernementaliste. »

A cette époque, le parti socialiste déeouragé par les élections de 1849 plus réactionnaires encore que celles de 1848, justement irrité contre la représentation nationale qui venait de voter la loi du 31 mai 1850, demandait la législation directe et le gouvernement direct.* Proudhon, qui ne voulait à aucun prix du régime plébiscitaire où il voyait avec raison l'écrasement de la liberté , n'hésite pas à signaler, à ceux de ses amis qui attendaient tout de la législation directe, une des antinomies du suffrage universel. En tant qu'institution destinée à opérer au profit du plus grand nombre les réfonnes sociales que le suffrage censitaire ne veut pas accomplir, le suffrage universel est impuissant. Il l'est surtout s'il a la prétention de légiférer ou de gouverner directement. Car, jusqu'à l'accomplissement des réformes sociales, le plus grand nombre est nécessairement le moins éclairé, par conséquent le moins capable de concevoir et de réaliser ces réformes. Quant à l'antinomie, par lui signalée, de la liberté et du gouvernement, que celui-ci soit monarchique, aristocratique ou démocratique, Proudhon, qui voulait avant tout sauver la liberté, devait oaturèUement en chercher la solution dans le libre contrat. Mair si le libre contrat peut être

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une solution pratique des questions purement économiques, il ne saurait Têtre des questions politiques. Proudhon le reconnaîtra dix ans plus tard, lorsque sa belle étude sur la Ouerre et la Paix lui aura fait trouver dans le princive fédératifle juste équilibre de la liberté et du gouvernement.

La Révolution sociale démontrée par le coup d'État parut en 1852, quelque temps après sa sortie de prison. Il régnait alors une telle terreur que personne ne voulut éditer son livre sans une autorisation expresse du gouvernement. U réussit à obtenir cette autorisation en écrivant à Louis Bonaparte une lettre qu'il publia en même temps que l'ouvrage. Celui-ci mis en vente, Proudbon fut averti qu'il ne pourrait en publier d*autres du même genre. Il eut alors l'idée d'écrire ime bistoire universelle, sous le titre de Chronos. Ce projet ne put être réalisé.

Déjà père de deux enfants, sur le point d'en avoir un troisième, Proudbon [devait songer à se créer immédiatement des moyens d'existence; il se mit au travail et publia, d'abord sans nom d'auteur, le Manuel du spéculateur à la Bourse. Plus tard, en 1857, après l'avoir complété, il n'bésita pas àr signer cet ouvrage, se plaisant, dans la préface, à reconnaître la part de son collaborateur G. Duchêne.

Entre temps, il sollicitait vainement l'autorisation de fonder un journal ou une revue. Cette autorisa-

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tion lui fui constamment refusée. Le gouyemement impérial se défiait de lui depuis la publication de la Bévùlutian sociale démontrée par le coup d'État.

Vers la fin de 1853, Proudhon fait paraître en Belgique une brochure ayant pour titre : Philosophie du progrès 9 Programme. Toute inoffensive qu'elle était, cette brochure qu'il essaya de faire entrer en France fut arrêtée à la frontière. Les réclamations de Proudhon n'y firent rien.

L'Empire accordait aux grandes compagnies concessions sur concessions. Une société financière ayant sollicité la concession d'un chemin de fer dans l'est de la France, Proudhon fut chargé par elle de rédiger plusieurs mémoires à l'appui de cette demande. La concession fut accordée à une autre compagnie. On fit oflrir à l'auteur des mémoires une indemnité comme compensation, qui

(cela se pratiquait alors en pareilles afifaires) devait être payée par la compagnie concessionnaire. Inutile de dire que Proudhon ne voulut rien accepter. C'est alors que, voulant expliquer au public, en même temps qu'au gouvernement, le but qu'il s'était proposé d'atteindre, il publia l'ouvrage ayant pour titre : Des réformes à opérer dans VexploUaiUm des chemins de fer.

Ver» la fin de 1854» Proudhon travaillait déjà à son livre de la Justice^ lorsqu'il subit une violente

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