‹ Correspondance de P.-J. Proudhon (volume 4)Chapitre 22 sur 27 · A M. ABRAM · texte numérisé non relu

A M. ABRAM

Mon cher Abram, tu as sans doate été informé, tant par notre journal que par les autres organes de la presse, des vicissitudes du Représentant duPeuple. Trois saisies consécutiyes, et finalement une suspension, témoignent assez de la guerre systématique du pouvoir aux idées démocratiques et sociales.

Le Représentant du Peuple a cessé de vivre. Son rôle, tout personnel jusqu'ici, est fini.

Nous allons reparaître sous le titre du Peuple, organe collectif de Textrôme gauche de TAssemblée nationale. Tu recevras en môme temps que la présente notre prospectus.

A présent que Tidée^mère a été lancée, que la moralité defs événements de juin a été relevée, que c'est besogne faite, nous allons nous renfermer dans les questions de détail, et surtout dans la guerre à la Royauté, qui nous rentre par tous les pores. Sur ce terrain, on ne me fera pas de procès et j'obtiendrai exactement le môme résultat.

Nous constituons une société au capital de 1 00,000 fr.

Nous avons de forts souscripteurs et de bonnes

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signatures ; malheureusement, avec les meilleures hypothèques, on ne trouve en ce moment pas d'argent.

Nous ne pouvons venir à bout de former nos 24 ,000 fr. J'accepte donc avec plaisir et reconnaissance ton ofirande civique, et te préviens qu'en attendant les dividendes, je me propose de te faire figurer parmi nos fondateurs principaux et actionnaires.

Le plus bel avenir, comme journal quotidien, nous est promis. Nos derniers tirages sont allés de 20 à 25,000. Avec quelques frais de propagande, nous comptons positivement arriver à 50,000. La parfaite imité et variété de notre rédaction, nos idées, par ellesmêmes élevées, Toriginalité de nos aperçus, l'ensemble décisif et inattaquable de nos doctrines, la popularité, enfin, tout nous assure le succès.

La conspiration royaliste marche à découvert. Mais que je puisse l'attaquer un mois seulement et je te garantis la royauté à jamais impossible.

Adieu, mon cher Abram, je suis obsédé; si tu ne nous envoies pas par la poste ou autrement ton billet,, je prendrai la liberté de faire traite sur toi du montant de ta souscription.

Ton ami et compatriote,

P.-J. Proudhon,

DE r.W. PROUIHIQII. 3 «9

Paris, 18 décembre 1848.

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