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Youft tnT«9 la bnût qm a oooiu sur Ledru^-RoUis^ dtfclaré, par lil è Wif w êpkudifit parl&cîpiuitdbe ramaistie^ €!« qui {Édi voiv (|uei«e brait était fondéiealla faitam^ Tant : un iM^nattié Vandbiime, tailleur à Lilk, coibh promis dans le complot du chemin de fer du Nord o^ntm )a vie de ren^wrevr eH «oodanmé à mertpav eonSu- Bia€«v étant ^lantré «a f>raiDce à la smite àt i'aownîaiîe^ fat apprAendé au eorpa ooimne coopabie seulcneaU éHm délit de drêit tomnutm^ traéiiit deffaait la* Coor de Bouai, pais relaccé par ordra eu niintie q«i déetan qu'ici le dAit de ctoovt coBunun ^aii devéona, partes qnaliôcaiiona de la Id, délit po^iqua Le SUoh^ à €9 qu'an m'assure, a venda oompte: ée cette' «ffàires <faà irieiit à rappui de ce que vofs» ditas^fiie le déMti poli- ^kpjbt qui seul a entraîné ma oenAuonstie» à trois aae conTriFaii^ en tout cae, le d^t d'ootrage à kt moral» qaa ne pocntait me §êkrt^ condanmer qn^ é$m.
Un autre PsoseigneBaa&^i qof tl ast boip de toi» ttana^ mettpe, e*es€ quesH» eselnsien da Ifamitolie a été le ftût, non dui clergé, leeunoe on aurait pu le evonre, mauv dé la magistrature, devenues à ee quti parait^ diepaie FEmpii^ plUfi morale que janalBi
Ce que voua nuedkjtêe éëS' déniardlfes^de La €Uâtiie me prouve d'ailleurs une fois dephi»q«LV)B ect dédâd JP lefiBer fo> qualitô die poMt^e^ au 41^ M d'^Mil^ à la morale. SaméJÊêZ'^mjnm qu'ans m^a i^epfeebé d%v«l»< aeceltt, dÉns »a teftire à I» £e9méêt/îmwr, immumik à ceux de MH. Efdan et La CSiKire eemme' à^ eevx 4»
deox wmumtam ; ({u'co» Bi*a 4oi^à CBteDdre que peutrètP6 eût-ûB âbjtfiua pour moi une décisicm favorable sans celte asaimilatioa; ce qui implique,, comme je Tai lotyoura dit^ que si «ai se .fût /(Ucidô à m^ajdmettre à ramnisiie, ç'aiuraii été p^ finomti i^dl en vertu du dcoit, j^Tiécisémani ca que je ne voulais pas. . j
Puisque je. viens de nonuaaei MM, £rdan et La C)3âtfe« je fecai ici une dernière réQezina. Pourquoi tene^-vous si fort à ce que mon nom ne, figure pas dans votre Mémoise? Si ce que vous fiailes est une discvissiou de droit, voua ne devez pas vous alDstenir de cette citatiout puisque c'est à Toccasioa de MM. Ërdan,, La Châtre et moi que la. que^ticm esft soulevéa* Sans doute les prin» €4^6 de droit se définissent in àbstmda^ mais ils se réalisent ci a'appliquenit im partieiriaii^ et réciproquer» meikt : c'esi parce qu'il y a dm «as particuliers qu'on peut s^fever k des; solutions générales.
Au lieu dûttcde me. demander de retirer la: question que je désire introduire par ISiPressù^ vous devriez, vo^s en emparer voipis-^mAme; ee n'eât qu'après avoir rappeirté le FiJT que vous enires'iez.ensiinte dans la discussion du i2f^i ainsi que cela se pratique dansi tous les|)ffocèA« civils et erinkindâ» Si j'avais jeté à Paris au 15 août et qu'il se fût agi d'un autre que moi, il y a» longtemps que cette affaire aecût vidée.
Au surplus, sachez-le bien, quoi qu'il advienne de tout ceci, je suis décidé, tant que durera l'Empire, à me tenir im pied à Tétranger, Qu'espérez-vous à cette heure, quand vous voyez saisis et ressaisis Montalembert, Girardin, Vacherot, Michelet, le père Enfantin, le comte d'Haussonville, tout ce qu'il y a de plus grave, de plus modéré, de moins révolutionnaire, de moins à craindre? Le gouvernement, entraîné par son principe,
en est rjdiiit à déclarer la guerre aux Uées. Ce n'est qu*à cette condition qu*il espère obtenir sa paix avec le clergé et le pape. Qu*espérer ensuite d*un public de- Tenu tdlement idiot qu'il crie mort aws Anglais quand il plaît au gouYemement de laisser déblatérer Louis Jourdan contre TAngleterre ; qui crie ensuite vivent nos alliés les Anglais^ quand le même gouTemement juge à propos d*ayertir Montalembert, et, plus tard, toute la presse, d*aYoir à se modérer dans les critiques qu'ils font de TAngleterre? Jamais il ne s^est tu moins de spontanéité, d*initiatiTe, de dignité, de libre opinion chez un peuple que dans la France actuelle. C*est par là qu'elle fait pitié et dégoût. Ah I c'est maintenant que je sens le poids de ma misère; car si je jouissais seulement de 3,000 francs de reTenu net, je tous proteste que le public n'entendrait plus guère parler de moi. J*irais yiyre tranquille à Zurich, à GenèTO, à Turin ou à Nice, et ne songerais pas même à raitrer au pays à la péremption de ma peine.
Mais il faut que je traTaille, il faut que je marche ! Et je n'ai pas d'autre métier que cdxd qui m'a yalu tant de colères et tant de haines, cinq procès et deux condamnations! Marchons donc, et mi tout dm fifêséla
Je TOUS serre la main.
P.-J, Proudhox,
M P.-l. mOUOHON. Me
A déombrt 1819.
Mon cher Gbuvemet, voici deux lettres, une pour Daventure, qui ira vous la réclamer lui-même, ainsi que l'exemplaire de la Justice; Tautre, pour Tami LathffloiSj qui demeure rue Léonie, 9, du côté des BâtignoUes.
Nous allons lentement dans notre convalescence. Il s'agit, à présent qu'on a conjuré la crise, et qu'à l'aide du quinquina pris chaque soir on empêche le retour de l'accès, de faire que la nourriture qu'on commence à prendre produise du sang et ne se transforme pas en sérum^ en eau blanche. A chaque instant, le visage, désenflé, se bouffit de nouveau; enfin, comme je le craignais, nous sommes revenus, après une notable diminution de forces, à peu près au statu quo. Ne chantons pas trop tôt victoire. Un brin de fièvre, un
refroidissement, un rien, nous rejetterait bien loin
MM. de Jonquières et A. Langlois s'occupent de nouveau pour moi de l'amnistie. Je les laisse faire. Il parait certain que L.-RoUin, d'abord exclu, est maintenant reconnu comme ayant droit à l'amnistie. Il ne reste donc plus que moi 1... En vérité, j'ai presque envie de
dire qu*oii me laisse. Exclu tout seul de ramnistie, parce que je suis un homme immoral et pas du tout un condamné politique-! Cela ne pouvait arriver qu'à moi.
Adieu, cher ami. Je suis dégoûté, ennuyé, j'ai la tête cassée. La présence des veilleuses, des visiteurs, des visiteuses, Tétat de faiblesse de ma femme, tout cela fait que nouB ne soBimes pas chez nous et que je ne travaille pas.
Mais je m'aperçois que le temps se brouille et que le froid va diminuer d'intensité. Ce serait heureux, nous commencions à geler.
Je vous serre îè main.
P.-J. P&OUDHON.
^B »,*J. l>WM«iHVN. S7I
U^ùSm, il idècoBfcnr^itt^O.
A M. GOUVERNET
Moa cher ^ami, voici indBS un timbve de 40 «entimes dont je n'ai pas ici Tusage. Vovis vous en BBrvivez à preoaièire occasion. Vos leitres me font tant de imo; Elles causât tant de Joie à la maison quand la mère Qfu lafiille ea reooiarsiaissent récriture, qu'en conscience je devrais vous défrayer non-seuletnent du port, mais de iû peine ; acceptez donc, en signe de reconnaissance, réfugie incluse de Sa Majesté Impériale. Elle vaut 4<0 c^iLiianes juste de phss que Toriginai*
Notre convalescente va picmô ; 11 est vrai que la saison est peu favorable; mais comMen ce mot de guériêon ^si encore illtusoire. Certainement, il y a du mieui^, il y a mdme un léger progrès. On mange, passablement même; la êèvre semble avoir disparu ; rintelligenee est revenue, quoique le moral aoît encore a£&issé. Mais Tenflure n'a pas entièrement disparu; mais aumoindre froid la bouf fiasmre irevient, rinfiltrattoa recommence; mais reu&ni reste ]!>âle, sigm qpià le sang s*élaboi>e mal et circule avec peine ; mats t(His les jours, à œr^ iaines bouises, ii y a de Tagitation, etc.
En vérièé, si c'est là ce qu'on appelle guérison, «m
m QORUSPœiDAMGB
n*est pas difficile. Je dis, moi, que quand la maladie ou le diable est las de tourmenter une pauvre créature, il la quitte, et voilai Une guérison, ce qui s'appelle une guérison, c'est un miracle. Il n'y a que les prophètes et les thaumaturges qui guérissent.
Je ne sais ce que tous entendez par tM pafHât qui m'est parvenu par M. Lebègue, à moins que ce ne soit une longue lettre de notre ami Italien de l'impasse Ifazagran.
Remerciez-le de ma part. Je ne puis plus écrire.
Êtes-Yous informé du travail que va publier Tami Langlois sur l'amnistie ? Il m'annonce ime espèce de Mémoire, une brochure dans laquelle, sans me nommer ni désigner, il prétend établir par pièces et raisonnements que le délit éC outrage à la morale, commis par la voie de la presse, est un délit politique. Divers journaux ont promis d'en rendre compte : les Débats, la Presse, V Opinion Nationale, le Courrier du Dimanche. De mon côté, j'ai autorisé MM. de Jonquières, NeStzer et le docteur Crétin de parer la question, tant en ce qui me touche qu'en ce qui concerne MM. Ledru-RoUin, Erdan et La Châtre, d'ime autre manière. Si vous voyez le docteur, il vous en parlera.
Qu'il faut que les tètes soient détraquées et inattentives pour qu'il m'ait fallu quatre mois avant de me faire comprendre clairement 1 Enfin, j'espère avoir réussi; vous en jugerez d'après ce que vous dira le docteur.
L'incluse est pour MM. Oamier frères; mais je serais bien aise qu'elle fût remise à M. Hifpolyte, c'est-àdire au plus jeune des deux frères, le voyageur. Il s'agit d'obtenir de ces messieurs un milUer de francs, sans préjudice du courant qu'ils m'accordenU Les ma-
Dft P^. PftOUMiON. m
ladies et tout ce qui s*ensuit nous ont tellement exténués que cette remise nous est indispensable. J*espère qu*ils ne la refuseront pas, le débit de mon compte n'étant pas à cette heure très-considérable et mes envois de mantiscrits très-prochains.
Cher ami, il faut bien que je confie à^ quelqu'un le secret de mes misères. Depuis un an, j*ai besoin d'une remonte générale ; je comptais la faire en traitant l'affaire B***, dont l'associé s'est dédit; aujourd'hui, il faut que (}amier le remplace. Qu'est-ce que 1 ,000 fr. ?... Il me faut absolument du linge, du vin, quelques men^ UeSy payer les médecins; jugez quel luxe je puis faire I Et j'ai un frère impotent, qui, du fond de la Franche- Comté, me crie misère I...
A.vetr-yfms vu Daventure ?
Avez-^vous des nouvelles du voyageur? Est-il enfin marié? L'amnistie, lui rendant tous ses droits, a dû aplanir toutes les difficultés.
Nous avons id en Belgique un mouvement anticlérical très-fort. Malheureusement ce mouvement est conduit par un parti qui ne vaut pas mieux que le parti catholique, peut-être moins, c'est le parti doctrinaire. Quant au parti démocratique, il n'a pas d'existence officielle, bien que les éléments existent, même nombreux et pldns d'énergie. Ceci tient à l'incapacité de tout ce qui pose en chef, à la vénalité et à la corruption de la presse. Croyez-le sur ma parole, le pire des journaux impérialistes vaut mieux, comme rédaction et comme conscience, que toute la presse belge.
Pour vous donner une idée de Vesprit publie en Belgique, il suffit que vous sachiez qu'aux dernières élections de juin, à Louvain, le parti de la majorité n'a pu assurer scm triomphe qu'en indemnisant de leurs frais de
CORRISP. IX. 18
rmftê4ti9i§§mtMvm sèoè ékoteuss (en Belgique, on irote an cbefrlioujl. ,
Ceite ifidMiuMkté iBirieat à eavircm ^ fsanes par tète. « Abf! oeussiQtiHi fichonftiiieBi dMeirqui se fail à BffuzelleB^ disent les paysans; on W6 UNifae «be noiis; /quel <iue 4mt le mûiistàFe, noiM payons ioujoum le$ laiâines impôts. » In» &it iitant public^ les dee(triiiaires 0Mr4i9ttEi4 Ubénrax ont aceuféles «iéâcanx de ^ rrufi im UêfBiorêU'^^^^m. Belge ne dMae pas âon vote poor tsevÉ sous; <|a'il œ s*a^ que d¥«ifl«MM^ el qiie oeUe indeauùlé i^'a lien dfrfhis^ iUé^al) que left /imuMoim que les dootiûiAises oSftnl à fours éledieucs. Gelommel r^fMdadeni ceux-cî, nous fai60i£S dîner nos élecleurs spris k vota, tandis que TOUS indemnisez les vôtre» OMU* Là-dessus, enquête, rapport à la Chambrai débatSi, iB|uEe»; tout cala prouve que la populatioa belge se ttcbe à^parkmmtariême et que la Conatltulion n'eftt qu'on csvrtéde papier.
Croyez donc, aprte oek», à œ qu'om apprik 4iftCioiiilitô.
: Je vousr serro la main.
P.-J. PïlÔUDHON,
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D£ P^. BftOODiiON. r4|
IpwHefi, il dàciembrfi ifôO.
A MM. GARNIEH TRERES
MeiBidur^, c'^t av^c le plu^ vif iiegret qvi€ i§ me risque à venir vous demander un pôtitsupplés^ent de crédit ; maie la néeessité la plus impérieuse m'y forée. Il s'agirait, messieurs, \gi vous ne trouvez pas que moa compte courant gK^^t déjà trop élevé» ^ m'autori$(9r à luire traite «ur vous, d'ici au là. janvier, en divers mandats, d'une somme de 1 ,000 fr, 9^U)^ préjudiee de la remise mensuelle que vous voulez hktti me faire en piréviâîon de meÂ^travaux à venir.
Pepuis l» passage de M. ïïippoJjyle, qui a yu ma: fomme au Ut, teo^aladiâ a pour ain^i dire redoublé dom poa pauvr.e ménage : la mère ja'ét^it pa^-ponvalesp^nt^. ^ne'iaa plu3 jewi^ fille» travaillée par Thydropisiç» la paralysie, la âàvre pernicieuse, etc., arrivait 4 r^;!^tré*T. wi^i^ qur^Ue n'a léidiappé à la mort quo, par miracle,, 31. Gfouvarnetr qui v^iijwj r^^met^ate pcé^ente, pwrra,^ Vi>tt$< donner sur^e triste su]^ toute espè^ de ^étailst Peodaat qwiiejwm 41^ p fallu veiller jiowr, et «uit <çeite enfapt^ la paère épuisée. »et moi pw vij^îftaftjL Enfiii; j'^ (k»^ Aom^ais^smtâ^, moi^ vous s^eiï que la J^oi^e n^ («A? va pas mieux et i^. travail pas j^va^tage. Avi lievv
t7« CORRESPONDANCE
de terminer Topuscule, dont je vous ai tant parlé déjà, pour le nouvel an, je n'osepas même vous le promettre pour le l^' février.
Je dois dire, pourtant, que pendant ces rudes épreuves je n'ai pas tout à fait perdu mon temps. En veillant mes malades j'ai multiplié mes lectures, j'ai étendu mes aperçus, fortifié mes études; j'ai surtout développé le projet dont nous nous sommes entretenus M. Hippolyte et moi. Je crois, messieurs, franchement, que ce serait dommage de ne pas venir au secours d*un malheureux écrivain tel que moi, à qui l'exil et le malheur n'ont pas troublé l'esprit, et qui espère encore obtenir de la bienveillance ou de la curiosité publique quelque succès.
J'ai de nombreuses visites de médecins à payer; j'ai besoin d'un peu de vin ; enfin, imaginez-vous un ménage attaqué sur tous les points et vous concevrez qu'avec un millier de francs de remonte nous n'aurons pas de luxe.
Je suis honteux, messieurs, de m'exprimer avec vous en ces termes lamentables; croyez que c'est bien plus le sentiment ou l'impatience de mon mal-ètre qui me fait ainsi parler que le désir d'exciter votre compassion. Je sais bien que vous ne m'avez jamais permis d'en venir là; et j'ai encore trop la conscience de ce que je pids pour perdre ainsi le respect que je me dois. Mais je suis fatigué, irrité même, je commence à trouver que j'ai plus que ma part de souffrance, et c'est ce qui fait que dans mes correspondances avec vous, je m'abandonne volontiers à un langage tolérable tout au plus entre amis, mais qui doit être exclu des affaires sérieuses.
Pardonnez-^-moi donc, messieurs, quand je ne devrais voir en vous que mes éditeurs passés et futurs, de vous
0E p.-j. PRouraoN. tn
parler comme à des amis ; tout ce que j*endure est plus fort que moi, et puis nos relations m'autorisent presque à en user avec vous de la sorte.
Je ne sais, messieurs, si les circonstances vous per* mettent de faire bon accueil à ma demande ; du moins aurez-Yous, je n'en doute pas, Tobligeance de ne pas faire trop attendre une réponse. Ce serait verser du vinaigre sur une plaie vive.
Je vous salue, messieurs, bien eoridialement.
P.-J. Proudhoii.
m cattKissPomA!HCt
Bcux^es» ^ déçembm 1899.
A M. GUSTAVE CHAUDËY
Cher ami, j'ai reçu hier soir, 14, voire bonne lettre datée du 1 2 courant.
La santé de ma Stéphanie va bien lentement , celle de la mère aussi; mais enfin, Tune soignant Tautre, j'ai deux convalescentes. Bien que ma femme ait pris un auxiliaire pendant deux heures par jour pour son ménage, je fais encore bien des corvées : j'allume le feu et prépare le café à mes deux malades; mais enfin je suis dans ma chambre une bonne partie du jour, et, malgré mes soucis et mes indignations, je parviens à m' abstraire de ce lit de douleurs et à travailler. — Merci donc de vos bons sentiments et de ceux de M™® Chaudey . Plus d'une fois sans doute elle vous a vu déjà autour d'elle comme j'étais ces temps derniers auprès de ma femme : alors, toute jeune femme et gentille qu'elle est, elle a dû comprendre quelle chose sérieuse et digne c'est que le mariage, et combien l'amour dont on nous assassine est loin de lui !...
Mais ne prêchons pas, causons.
Une de mes misères est d'arriver toujours dans mes
puMfesCioiMi «emine moutarde après Adie?. La gttevm d'ilalie'sV^feiUs puis les con<MraMwstâ(9^Mieb, saiÀ ^H n^ail^lé po98slMe>d(B publkr moli Iravad. J'af bite peur qu'il en soit de même du cofigi^ Ae* PVtf », à moins que mesmsaTB les plfoipot^ tt l ^if e s^ «muses par k» bals de TOpêfB, ne fassent diire»- teiarrs lta<^>aw loegaflft Pâques. !
Au res«9, ii: mVÉÏ« é^ diflicite cU'aHerph» ikês €« f id Sfipris nn« Ibîs de plus à ne pas fcire d'oeravre^ de <^a.
La question de la guerre, mon cher amr, cette que»» tien que fe^ le moode, les légi^'es y eonvpris, traite per^essous la cuisse, est la plus vaste de toutes apvis eeife de la justke; mais e^est ett même lemps Ils ^im mystérieuse, la plus extraordinarre, to ph» camfihqaée, la plus profonde, ce qui vous donne à entemère qu'î'1 n'yen a pas de moins comprise que cd!e-Ià; ^m lu, plume e» main, analysé Grelius, Wattfel, avec lès notJea comprendieuses de Pinfceira, Perreka, Biiriamtt*quff, et son éditeur de PeKce, Martens o« ravôcat Vergé; f ai lu ou pris counaîssance suffisante ée Wolf, Puffendorf, Amîllou, rabhé de^ Samt Pierre, E^ant, les éhicuîbrationsdu Congrès de la Paix et de ses la^iréatsi; f aï feuilleté toutes sortes de puHicîstes et de pbifosDpfeeâ; j'extrais en ce moment une Histoire an dr^U âè9 Chnf$^ par un M. Laurent, professeur k Gand; enfin, j\ii englouti vingt-cinq ou trente volumes, et a j^'ai apptfe quelque ciose, é'est(Jue mes auteurs ne savaient rien, ce qui, j'ose le dire, m^a mis fôul de sui^e^ÉTfti^la-vcW. Les plus récents, Herminier*, dans sa Pkilbsapkie^êlf droit; Ml Oudot , dans* sa Seiènàe et (msoknce: tout récemment, M. HautefeuiHe; qui vient de puMiw^ quatre vxritnne» air fe maftftre, m\>Ht IMC^ toïT' avec
quflUe nonehalanee les liommes de la M#Me acceptent le ^taiu ÇMO de Tignorance imiTerselle, avec quel sansfaçon ils se transmettent les non-i-sens des livres et les pauvretés de TÉcole.
Enfin, je sais ce qu'ont dit me$ devanciers jusqu'à ce jour, ii décem)>re 1859 ; et je puis dire qu'à Texception de Qrotius, qui a ouvert la carrière aussi bien qu'on le pouvait de son temps; à Tez^ption peut-être de Wolf, qui a essayé une théorie pour fonder le Droit des gens, le reste ne. mérite que des sifflets, si vous n*aime£ mieux des férules.
C'est un sujet grandiose, sublime autant que vaste que j'ai entrepris de traiter; pour mon malheur, ne sachant jusqu'où je m'engageais, j'ai conçu mon plan d'une façon trop restreinte, désireux que j'étais de faire non un traité, mais une simple brochure. Il y a des choses qui demandent à être écrites en mille pages, dût-on ne mettre à chaque page que dix lignes et à chaque ligne dix lettres. Et moi , l'homme aux étemels paradoxes, je resterai avec mon format in-18, à pages compactes, tenant par-dessus tout à dissimuler à mes lecteurs la grandeur et le poids des questions I Enfin, je ferai de mon mieux ; mais je vous en avertis, pour peu que vous me donniez d'attention, je vous ferai marcher de surprise en surprise. C'est maintenant que nous allons comprendre pour tout de bon ce que c'est que le Droit. En attendant, si les conquérants et leurs plats continuateurs vous irritent; si les héros et les chauvins excitent votre pitié, ne vous laissez pas aller à déclamer niaisement contre la guerre, «ontre laquelle je conclus, mais que, très-probable- •ment vous ne connaissez pas.
' Hon ouvrage formera environ 350 pages grand in-1 8 ;
je compte envoyer le manuscrit à Gamier frères avant fin janvier 1860.
Si je réussis à intéresser le public, ce sera pour moi une belle rentrée.
Toutes les réflexions que vous faites sur ramnistie, je les ai faites aussi, j'ai même chargé par lettres, que je serais heureux qu'on vous communiquât, MM. de Jonquières et Crétin de s'entendre avec le rédacteur de la Presse^ M. Nefftzer, et de faire sur ce sujet une interpellation motivée au ministre. M. Gouvemet, qui con^ nalt^MM. de Jonquières et Crétin, pourra vous procurer ces lettres; la dernière, celle au docteur Crétin, suffirait. Que celui-ci, à ma prière, vous la commu-^nique; elle vous révélera tout un plan de campagne, auquel vos observations ne pourront que faire grand bien. Je ne m'étendrai pas davantage avec vous sur cette matière que j'ai épuisée pendant votre séjour à Yesoul, dans mes correspondances avec MM. Langlois, Charles-Edmond, Darimon, etc. Ma dernière au docteur Crçtin vous instruira de tout.
On m'avait annoncé le Courrier du Dimanche. Je n'en ai reçu jusqu'ici qu*un seul numéro, celui contenant la Lettre de M. d'ffaussonville aux bâtonniers des avocats. Sans doute le rédacteur a compris qu'il ne s'agissait pour moi que de ce numéro : les suivants ne me sont pas parvenus.
Quoi qu'il en soit, j*ai fort bien remarqué ainsi que vous la manière dont M. d'Haussonville parlait du Droit de pétition au Sénat, et je me suis réjoui de notre initiative. Que la démocratie aille donc I... Mais la démocratie est une vilaine béte, qui a surtout en haine ses propres initiateurs. Que ne suis-je à cette heure un franc et pur orléaniste !... Au moins je ne parlerais
S8S CORRESPOIfDANCE
pas à des sots et des ingrats, et ne compromettant que moi seul, quel chemin je ferais faire au parti !...
Je n'ai pas trouvé que la lettre de M. d'HaussonviUe aux avocats valût celle aux Conseils généraux : ce genre d'opposition et ce ton de journal demandent à n'être employés qu'exceptionnellement. On n'y réussit pas deux fois de suite. — J'ai remarqué aussi Farticle de M. Elias Régnault sur les provinces. Je l'ai trouvé hardi et de bon augure. Pr&entez-en à l'auteur mes iSlicitations très- sincères.
Je souhaite dé tout mon cœur que les orléano-répuhKcaîns arrivent à quelque chose; mais, bien que j'admette très-bien la possibilité d'une restauration de la monarchie bourgeoise, je n*aî pas gros de foi comme un grain de sénevé dans sa capacité révolutionnaire et consé^ quemment dans son avenir. Au surplus, ma pensée court tellement vite que les années ne me comptent plus que comme des minutes ; cette monarchie dût-elle ne durer que. vingt-cinq ans encore, à l'époque de l'histoire où nous vivons, cela pourrait passer pour un joli bail, et l'on aurait le temps ày encadrer de belles et grandes choses.
Adieu, cher ami ; Dieu vous garde, vous et les vôtres, de maladie. Vofcî la nouvelle année, puisse-t-elle voto apporter toutes sortes de satisfactions, et à moi xae procurer un rafmichissement dont mon esprit a grand besoin. . •
Tout vôtre.
P.-J. Proudhon.
DE P.4. PROCJraON. 283
U^Mw, tO décembra 18S9.
A M, AXTMEIER
Monsieur Altmeyer, depuis samedi, 10 courant , j'ai eu vingt fois l*îdée de vous écrire pour vous remercier du plaisir que m'avait procuré votre leçon sur les comtes d'Egmont et Hom : les affaires, les correspondances, les maladies m*ont continuellement distrait de ce devoir de politesse, je devrais dire de reconnaissance, puisque c'est à vous, monsieur, que j'ai Tobligation de cette intéressante soirée. Il hui cependant que j''en finisse et que je vous dise combien j'ai été satisfait et du sujet de la leçon et du professeur.
Sur le fond, j'ai remarqué deux choses dont je vous sais un gré égal : d'abord, la manière dont vous avez apprécié le comte d'Egmont m'a paru vraie autant que modérée, et Tintérêl qui s'attache au personnage n'y a rien perdu, il est môme testé d'autant plus dramatique, selon moi, que vous avez mieux fait ressortir ses hésitations, ses illusions et ses fautes. Egmont n'est pas un grand homme; ce n'est pas non plus un misérable; il n'est ni héros ni traître : c'est \me nature moyenne, mais médiocre et faible. Ce qui le distingue, c'est, je h
Î8i CORRESPONDANCE
répèle, malgré cette médiocrité, d'avoir conservé quelque chose d'assez grand encore, grâce aux circonstances et au dénouement, pour mériter les honneurs du drame et de rhistoire.
Ce qui m'a fait plaisir ensuite, c'est que, tout en gardant une si parfaite modération dans vos jugements historiques, vous avez su faire vibrer la corde révolutionnaire, et cela sans exagération, sans effort, par la seule puissance de votre sujet.
J'ai entendu autour de moi des gens dire : Voiu y seriez^ous attendu 1.. M. Loiunier était du nombre de ces auditeurs émerveillés. Je suppose que le motif d'admiration de ces messieurs était la manière dont vous déduisiez du fond de votre sujet les conclusions de morale pratique à suivre dans les temps de révolution.
Quant à la forme du débit, je l'ai trouvée telle que je la veux, simple, naturelle, correcte, sans ostentation, sans préméditation de surprise.
Je suis de ces gens qui n'aiment point qu'un orateur, im écrivain, un acteur, les prenne par l'imagination, le sentiment ou les nerfs. Je veux qu'on parle à ma raison, à ma conscience; s'il y a lieu de me fâcher, de blâmer ou d'applaudir, j'en fais mon affaire.
Je connais plus d'un de nos jeunes professeurs ou faiseurs de conférences à qui je dirais volontiers : Parlez simplement, comme M. Âltmeyer. Si votre sens parUculier demande à se faire jour, que ce soit pour ainsi dire malgré vous : il ne faut jamais prendre votre auditeur au collet.
Enfin, monsieur, sur ce point de votre histoire nationale que je connais si imparfaitement, j'ai le plaisir de me rencontrer avec vous et de croire que j'avais jugé juste.
Les jours sont bien courts, la température bien désagréable, nos promenades impossibles. Après .Pâques, les conférences sur le boulevard de Waterloo. Tout vôtre.
P.-J. Pkouohon.
386 GOBABSPOMIAMCS
Bruxelles, 21 dècmBÊtfê tOm*