‹ Correspondance de P.-J. Proudhon (volume 5)Chapitre 20 sur 28 · A M. MATHEY · texte numérisé non relu

A M. MATHEY

Mon cher Mathey, rannée 1859 a été pour moi uue année néfaste! J'ai eu, tant pour moi-même que pour ma femme et mes filles, cinq mois de maladie, cinq mois de temps perdu, de retard dans mes opérations; plus la mise à néant d*une brochure de 200 pages tout imprimée et pour laquelle j'ai payé à Timprimeur 45 ^/q. En somme, ma retraite en Belgique, mon déménagement, les maladies, etc., me coûtent au moins mille écus. A part la différence, très-légère, qu'il peut y avoir entre trois années de prison à la Conciergerie et cinq années d'exil en Belgique, la condamnation prononcée contre moi par le tribunal de la Seine aura porté coup et atteint son but.

En ce moment, ma femme est convalescente ; mais elle n'a pas mis le pied hors de la maison depuis plus de deux mois. Stéphanie a vu la mort de près; elle ne ie lève pas encore, mais elle paraît hors de péril. Moi, depuis quelques jours, j'ai repris le travail et je tâche de rattrapper le temps perdu.

D'abord, la deuxième édition de mon livre va être mise sous presse : elle paraîtra en douze livraisons de

D&^^4 MiUWOK* m'

i^ pcige» diaoUMi ou 5 f «ailles gi^aDd in-lS* ooo^^yrenant une étude entière, plus les notes et appendices q^e je me prc^ose d'y ajouter. ' — L4e prix de la livraispn sera 4e i fi?aiu^ pou^ la Aelgi(}Uâ et de 1 £r. 2^ pour réiraagiar. Ou tir^ia.à 4|M4^ ou 1^00 «aur xziabile; puis on ^jyrendru remycekxtey.f^.^ jamais Vé^l de choses, s*amâiof ô en Firan^oe mMs acccms eu meswre de ..servir denou^Feau mat <)euf^i^Aup\iblic, £Ue ,pai:cuktra afussi, neuve^ «aussi iniéi^spaate que le i^j^^viier jour»

J'ai a» mèDateteiiifMtisw le •chaaM^r um. dousain^ de brochures, d'une ét^dua à pesi près ^gale à celle de. ims jÉtiudeSf &L dont je coAipAe en¥oyier 1& p^eniiièra à GarAîer frères^ eourant d» janvier liôO« Tout C£la> véami^ les livraisons /de moA iivsHs «ur la tfi^ticv ^ m^s nou^i^eatu méiaiiges>/fori:nta*a 4iAe<SéfUs Jadéfitûe qw j#âadâ en mesmve de conduire raussi loin ^ ds varier autant çu'il me plaira, «et â laquelle ^ei^OQoie u^ titriÇj général, senitani; à marquer le caraetèi^e oeuiHeau, essenfcieUement po^itÂf et affînnatif, éeimm aaïauveUes pablicailions.

^pu^ un an, j'âi.auivi attQoldiviemeQt le piouveme&t ifitelleeUiel en flra«f e^ «at Jie Ur ouv^ paâ que ceux ^. ont pu ae n^uîrjie toir le pays déJivJ5é d'un^qpAw;^. et. d'un lécri/vain à paradoxes lel cfue inoi aieiait xiea produit lou recueilli qui soit dç nature À Joidr^p^ mon aai^e do«(kffreteux. Je •crois que je puis entrer dans la polblioité française a^ec avantage, el inéma qpa loiu. de recevoir des leçons j^û aumis plus» d'une à doq^er aux autres* Enfuie cher ami, bien que ^e ix'efipère pas convertir 4out ^ mmà^^à tu» elin i'o^i-r-jQ pljr^mgP ^ère, ^— fa me sefas^plua que. jjimaia (l'<^â|MÛ: de sortir 60/b% i'^tubtn^ et d'améliAi^r ^ri^ijis^ili^it ma#Q&itienu llSes idées s?impaseirt de ^lui» xeftVI^^ tout me

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donne raison ; il ne 8*agit plus que de le faire remarquer.

Je n*ai rien à vous dire de la politique. L'expédition de Yiliafranca est jugée ; Tempereur a dit lui-même très-naïvement la vérité. Devant la coalition étrangère et devant la Révolution, devant Tinsurrection des évoques et les excitations de M. de Gavour, il a compris que lui, chef de la réaction européenne, il se fourvoyait, et il a retiré ses cornes. Il ne fera pas la guerre, au moins de si t6t, à TÂngleterre ; mais il n'est pas fâché de laisser chanter : Jamais en France, etc.

Savez-vous que le sieur Eugène de Mirecourl vient de se réfugier à Londres, fuyant, je suppose, ses créanciers et ses calomniés, et que là il vient de publier une

biographie très-injurieuse de S. M. Napoléon III ?

Yoilà qui me venge un peu. D'abord, on a protégé tant qu'on a pu ce pamphlétaire; puis, quand on Ta jugé trop compromettant, on Ta lAché, et le voici maintenant qui mord la main qui Ta nourri. Quel monde I...

J*ai ici pour voisin Madier-Montjau aine, dont la femme est incomparable. Tous deux se sont montrés pour nous pleins de dévouement pendant ces grandes maladies, et je compte laisser Catherine tout à fait aux soins de M^^* Madier. Avec une personne aussi distinguée, qui d'ailleurs l'a prise en afifection et demande à ne s'en pas séparer, ma fille recevra une meiUeure éducation qu'à Técole. Madier donne ce qu'on appelle ici des con/érenees, c'est-à-dire des leçons de littérature. Trois fois par semaine il va à Anvers et à Malines ; il commence à avoir beaucoup de succès.

Crétin vous aura informé de ce qui m'est arrivé à Toccasion de l'amnistie. Les deux ministres de l'î^r ^ieur et de la justice se sont prononcés formellement

à inoa sujet; je sahdMssl (i\ïe\amM^gistrature s^9slrtion-^ trée, en cette circonstaace, rancunier.) et hostile. J:a9* rais pu, je crois, contester le bien jugé de cette exclusion. Je n'oi pas cru le devoir faire, l^* parce c^'en principe je suis de Tavis de ces messieurs et je reg;aTde V offense à la morale publique^ e^^HMise par la wie de ia presse comme un délit dé droit commun ; 2*> parce fjue si, au fond, mon procès est lout ce qu'il y a 4e plus politique dans les termes, il est ou semi>le incompatible avec les termes de Tamnistie: 3^ parce que je iié voulais pas risquer ma liberté en rentrant en France, et qu'il n'y avait pour moi pas d'autre moyen d'obtenir une explication du gouvernement; 4® parce qu'enfin, pour le quart d'heure, je n'ai pas d'intérêt sérieux à précipiter mon retour. Cependant, je ne songe pas moins, au point de vue des prmcipes, à interpeller ou faire interpeller le gouveqiement sur la manière dont il applique, tant à mon égard qu'à celui de quelques autres, le décret d'amnistie et la loi de 1819; et peutêtre verrez-vous dans quelques jours un article sur ce sujet dans la Presse.

La vie est presque aussi chère à Bruxelles qu'à Paris; le luxe des habits, des meubles, la coquetterie des femmes, la corruption des mœurs, les mômes; le crétinisme encore plus grand. La population belge a des qualités excellentes; les doctrinaires qui la gouvernent en feront, en quelques arknées, une des plus immorales de l'Europe.

Combien vaut le vin chez vous ? Combien le pain, la viande, les loyers? Que devient l'industrie horl(^èref Et la compagnie des Hauts-Fourneaux et Mines? Et le sieur V***? Ici, nous sommes à cinq degrés audessous de zéro de la décadence, et vous?...

COMESP. IX. 19

c«o (iUMMWfiMii^wrr

Si "wmm vpetcewm M. Maurice, le laareliatti de - ytonchff», doBses-lui de mes jioiiveUes et pféseates-hii

Je «DUS embvasflte tous, voos, 'Guîllemiià, M'"® Giûl* , je senre la flaain i FélÎK, je aoufaaîte le bonjour à Abmit. 9Î Alixaia 68t /enoore quelque part autour de vew... Ici, le souvenir deoe brare François me mmat. Que ae piiis*je la faire tressaillir dans son cercueil ! Nous parliroiis donc tretous arant que celle abomijttble coo^idie finisse! O rage !...

AdâsUi awi, écrirefi-noi un brim.

Tcwt veine.

P.-J. Pkoudhon.

m p.^. FMasMON. m\

Ixelles. 22 décembre fBB©.

A M. GOUVERNET

Mon cher ami^ reçu les deux v6tre$ des i 5 et 1 7 couralit, venues sous le môme pli.

Inclus xifkà lettre pour Garnier frères, en remerciement de leur répoase du 18 courant à celle que vous leur aviez râmiae. Cette lettre vous feuraixa une uouvelle occasion d'aller leur parler assu&ancb; mais je doule qu'Es comprennexU seulement de quoi vous leur parlée, dans le coup de £eu de Tinventaice et du nouvel «a.

Je ne vous ai encore rien dit au sujet du tome II de la Garrespondance iê Napoléon, Si vous ne répugsez pas à aller renouveler connaissamce ave^ Perron, ctief de dIviiiOTL an minisière d^tal., dites«le-moi» et je vous envetFai ime iMre pour lui, qui coupem court à toute difOenité. Daas le cas coblraire, je m'y ppandrais d'une eMn muflèio. C'est lui. Perron, qui est cfaargé de reivoîr cette CûtreqnmdimG^ et de^ si^àm les bws à tirer* GoaaMse il a reçu Tordie ds »e livrer le pcemier v«huBe, je piésunM qpi'iL voudra, bien can6i46rer cet ofdbie OfOHae valable fo^x les suiinMilf . i

éî CORRESPONDANCE

Vous avez bien fait de livrer à Daventure votre exemplaire, puisque vous ne le lisiez plus; je vous le remplacerai par un exemplaire de la nouvelle édilion à laquelle on va mettre la main incessamment. Elle paraîtra par livraisons de 180 pages, ou 5 feuilles in-18 en moyenne; chaque livraison comprenant une Étude^ plus les notes et augmentations que je me propose d*y joindre.

La première Étude avec le Prologue ne faisant que 96 pages de Tédilion première, j'y ajouterai une Introduction nouvelle de 60 à 80 pages, dont j'attends un bon effet. Vous verrez. — Il y aura ainsi en tout douze livraisons, plus une treizième pour le Mémoire; et comme toutes ces livraisons forment le début d une eérie è laquelle je donnerai un titre général, il en résultera que l'ouvrage que je destine en premier lieu eux frères Garnier portera le n® 14.

Avez-vous revu Chaudey? A-t-ii pu voir lui-m^me le docteur Crétin et le rédacteur Peignon, et prendre enfin connaissance de ma lettre? S'il ne pouvait obtenir cette communication, vous pourriez aller trouver, rue des Poitevins, 2, M""« de Jonquièrcs, dont le mari est en ce moment à Bruxelles; elle est autorisée par ton mari à vous confier à vous ou à Chaudey les deux lettres que j'ai écrites audit M. de Jonquières, sur le même sujet. La plupart des choses que je disais au docteur Crétin s'y trouvent. J'ai reçu une lettre du député Darimon, qui me marque, ce que je savais, que le bruit répandu sur Ledru-Roilin n'était qu'un canard; il ajoute qu'on est de plus eu plus décidé au ministère à m*exclure par les motifs connus. Je n'attends rien du Mémoire de Langlois ; sa thèse, en principe, me parait insoutenable ; il eût fait un travail intéressant s*A était

DE P.-J. PftOUDBON.

entré dans la voie que je lui indiquais; mais je n*ai pa le convaincre.

Je ne reçois toujours pas le Courrier du Dimanekê^ diles-le à Chaudey si vous le voyez. Je n'ai reçu qu*un numéro, celui contenant la lettre de M. d'Haussonville aux bâtonniers des avocats. Conservez-vous, cher ami, et gardez-vous du rhume. Les journaux m'ont appris que le thermomètre était descendu, à Paris, à 14 degrés centigrades au-dessous de zéro; Besançon, 15; aux Chaperis, près Besançon, 20; Bruxelles, 13. Depuis hier, il y a du redoux, et nous nous en trouvons mieux. Stéphanie est satisfaisante; ces temps passés, elle avait chaque soir un petit accès; j'ai pensé qus cela pouvait venir du quinquina qu'elle continuait dt prendre. J'ai supprimé le Quinquina, et l'accès parait dissipé. y

A vous.

P.-J. Proudhon.

COMIlWONDAKGfi

IxeUes, 15 décembre 4889.

A M. LANGLOIS

McD cher Langlois, le titre de votre brochure ne répotidpas à ma pensée. Je vous ai bien dit qu'il était naturel et logique que vous rappelassiez les faits qui me concernent ainsi que L.-Rolliti et autres ; je ne TOUS ai pas conseillé de mettre mon nom en tète de TOtre travail : ce nom ne signifie rien; ce n'est que Voeeasion, non le sujet de la thèse.

Je comprends parfaitement le refus des éditeurs, pour deux raisons : Fune, que voire thèse arrive trop lard et n'offre plus d'intérêt pour le public; l'autre, que monnom figure au titre. Qui est-ce qui se soucie de Vamnisiie, à celte heure, et de P.-rJ, Prouâhon? "^ Vous n'avez qu'une manière de rendre voire travail îtitéressaht , c'est de le soustraire aux conditions de eircondaHce; c'est, je vous lai dit déjà, d'en faire une étude sur la situation juridique de la moraleen France, élude dans laquelle l'amuislie, mon procès et mon exclusion vous serviront simplement d'occasion, de^ mise en Irain et d'exemples.

Là, au lieu de prendre parti, comme vous faites, pour une opinion très-controversable, vous vous élève-

DE P.^. PROTOHON. SU

riez un peu plus haut, et, sous forme de dilemme, vous raisonnerî<*z & peu près comme suit :

1^ Le délit d'outrage à la morale est^il de droit commun? (Examen de ropinion qui Taffirme);

2<> Ëst-il, au contraire, délit politique? (Eicamen, pas trop long, des raisons qui tendent à rétablir);

3<> Conclusion de l'auteur.

Dans le premier cas, comment, demanderiez-yous, la morale publique se trouve-t-elle être liée à la morale religieuse? Y a -t-il une morale publique? une morale française? une morale de la Révolution? Etc., etc. — Si oui, d'où vient la confusion à Tégard des écrivains qui attaquent TÉglise?...

Dans le second cas, si Toutrage à la morale est un délit politique, la morale et la religion elle-même ne sont rien par elles-mêmes aux yeux des législeleurs;

— d'où vient alors Texceplion de P.-J. Proudhou, etc. Dans tous les cas, nécessité d'une explication, d'une

interprétation de la loi, d'une révisioUj voire même d'une déclaration de principes, etc.

A examiner incidemment :

Qu'est-ce que I'offense a la morale commise par la voie de la presse?

Nécessiié d'une distinction à établir entre des ouvrages, comme VOde à Prîape, la Guerre des Dieuiê, Ift Pmeîle, les Liaisons dangereuses, Fàiéîas, Justine ^eic;

— et dos livrés qui, volentès aut nolentei, renversent la ■ morale par de fausses' théories, la travestissent ou lui ôtent ses appuis, lois que: Jacques y de G. Saud; la- Loi naturelle, de Voîney ; le Système de la Nature, de d'Holbach; le livre De la Judieer de P.-J. Proudbon. etc.

Voilà votre. thèse; il n'y en a pas d'autre. Ce qm

vous >a vos lût pomr om, d'apiès ce qmt vous va! en V9ez dit, est incomplçt, donne à faux, ei je suis de Fa¥i& des éditears, ne doit pas, tel qu'il est,, voir le jour.

Maintenant, quant à ce qui sera pxiUié dans le Com'fier im JHnkUÊCke et la PrcM&t pai MM. Feiûllaâe, Qiaudey et Peignoa, je n'en sais lies. Tout ee que je puis vous dire, c'est qu*à des demandoa d'esxplicatîon réitéffées, Tenue» par M. de Jonquières, notre aoiii Gustîa, &L Ghaudej, j'ai répondu dit; plus en plus caV^ gMtiquenaeQty oooaiae je l'ai fait pour voas, que je a^entendais ni solliciler par un waojesL détourné une apflicatîoD à moDt bénéfice de l'ainnistie, ni reyenir sur l'opinion exprimée par moi dans nia lettre à la Sêvue deNamwr anir la nature du délit politique.

J'ai dit seulement, qu'en raison de l'obscuxité qui règne smr la matière du quadruple motif de ma condamnation^ des faits relatifs au nommé Vandamm» et aiucL condamnés de rOpéra<>-Comique, je désirais qu'en imtecpellât le gouvernemcsat sur la question de savoir, si, etc., etc. Vous connaisseai la subs&ukcede l'interpellation.

¥oîlè, cher ami» ee qui se passe et ce que yqus savez depuis longtemps. D'après cela, il est naturel qu'au Gmrriur et à la Prisse on donne la préférence à des articles conçus dans ce sens, plut6t qu'à votre travail, conçu dans une pensée tou&e contraire i celle lûen cennue du gouvernement et à la mienne. Votre travail ponvait servir à montrer le dauie répandu sur la question; ainsi considéré, il devenait subordênué à l'article à faire; c'est pour eete qu'entre vous et MM. Cbaudey» Peignon^ Feuillade, iln'j a pas possibilité de s'entenâse»

Je vous ai dit comment je concevais la publication d» viotse travail, en quelle forme et dam» quel esprit. Je

n'y reviendrai plus. Mais n'attribuez qu'à vous-même ou plutôt à votre opinion tranchée ce qui vous arrive. Celui qui vous met des Mtons dans les roues, c'est vousmême.

Merci de l'intérêt que vous prenez à ma petite famille. Stéphanie est encore bien bas; hier elle a eu une espèce de rechute, et je ne croirai à la guérison que lorsque je la verrai courir dans les blés après les coquelicots. Ell(^ ne quitte pas le lit : toute sa distraction est de caresser le lapin que vous ]m avez ddniié. IBlle couche avec et ne s'en sépare pas. Soignez votre femme et votre enfant ; c'est chose atroce que de voir les siens souffrir. Ma femme est malade.

Tout vôtre.

P.-J. Protudhon.

300 CORBESPONDÀNCB

A M. GOUVERNE

Mon cher Gouvernet, deux lettres et peut*èlre quatre courses.

L'ami Chaudey, dont je viens de recevoir une longue lettre, me parle de l'amnistie de manière à me faire désirer de le voir en rapport avec M. de Jonquières, rue des Poitevins, 2, et Crétin, rue Pigalle, 18. Je voudrais surtout que celui-ci eût Tobligeance de vous confier ma dernière lettre que je lui ai écrite, afin que Chaudey en prit connaissance. Lui seul, JMsqu'è présent, est rhomme qui comprend ie mieux Tatlitude que je veux prendre; il pourrait donner d'excellents conseils à M. Neffizer de la Prese.

A défaut du docteur Crétin, M. de Jonquières pourrait renseigner pleinemi-nt Chaudey sur ma marièrcde voir et mes intentions. Rien autre h vous dire pour le moment, si ce n'est que Stéphanie se plaint du ventre et ne se lève toujours pas. Je ne croirai à la délivrance que quand je la verrai courir sur le boulevard de Waterloo.

DE P.-i. PROUDHON. 301

Esl-ce que Chaudey n*aurait pas quitté la rue de Verneuil, 52 ? Je ne m'en souviens plus.

Bonjour.

P.-J. Proudhox

jP.-/?. Au moment de fermer ma lettre, je reçois la visite de M. de Jonquières. C'est donc une course de moins que vous aurez à faire. Il m'apprend que Tinterpellation que je désirais faire adresser au gouvernement par la Presse ou tout autre journal a fini par devenir à peu près impossible, grâce à rembrouillemeut que MM. Neffizer, Langlois, etc., ont mis dans la question. On n*a pas Tidée d*un pareil crétinisme. Depuis quatre mois je demande à cor et à cri qu'au lieu de solliciter pour moi la faveur d'être assimilé au^ autres amnistiés, on demande au gouvernement, en s'appuyant sur les motifs que j'indique, si, oui ou non, il me considère comme un condamné politique, et pourquoi ? Qu'il rende publiquement sa décision, etc. On me répond, tantôt que je fais une demande de grâce déguisée, tantôt que le gouvernement, interpellé, ne répondra pas, ou qu'il est trop tard, etc^

De grâce, procurez-vous ma dernière lettre au docteur Crétin, et faites-la lire à Chaudey; il agira ensuite s'il est possible. Jamais je n'ai vu pareille imbécillité. Voilà donc ce que l'on devient en France sous le régime impérial I Honte et flagellation I

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Ixelles, i*rjaBti6rl8<tO.

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