‹ Correspondance de P.-J. Proudhon (volume 5)Chapitre 22 sur 28 · A M. CHARLES PROUDHON · texte numérisé non relu

A M. CHARLES PROUDHON

Mon cher Charles, j'ai reçu ta lettre et deux de M. Maurice, relatives à Texpropriation dont tu es menacé.

Je te le dis avec désolation : je ne puis rien du tout en ce moment pour toi. Peut-être que dans six mois mes affaires auront pris meilleure tournure ; je commence la réimpression de mon livre. Sous quelques semaines, j'enverrai un manuscrit à Paris. Pour le quart d'heure, je te le répète, je n'ai rien que du déficit et des dettes.

Tâche d'obtenir un nouvel atermoiement. Tu as fait preuve de bonne volonté et de bonne foi, c'est ce que je dis à M. Maurice, il serait peu digne qu'on t'en récompensât par une expropriation sans pitié.

Est-ce que tes créanciers s'imaginent par hasard que les vignes vont être hors prix?... En ce cas, ne résiste pas. C'est une opinion fausse, dont ils reviendront. Les Anglais n'achèteront guère plus de nos vins après le traité de commerce qu'ils ne faisaient auparavant ; et ce ne sont pas ceux de Burgille qui feront la hausse.

GomssrmDAMGE

Fais-moi savoir le résultat de ropération dont tu me parles, et tiens toujours ton cœur haut et ferme. On te pourchasse en ce moment parce qu*on nous suppose tous kB deux ruiaés è fond. Peut-être, cependant, me reverra-t-on sur l'eau plus tôt qu'on ne s'y attend. Alors tu verras les sots te faire de nouvelles offres de service.

Crois que je ne peux Caire mieux en ce moment que de te donner de bonnes paroles; et souviens-toi, comme moi, que la vie étant un combat, le plus sage est de faire de ce combat notre félicité.

Ton frère.

OB P.*l. muDMON. 947

IxeUee. 15 mars 1860.

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