Les mots entre tirets, en marge
noncer entre une thèse et une antithèse également abstraites et fausses, trouve la vérité relative dans la synthèse... » Je réclame ici une distinction entre les synthèses de termes contradictoires, tels qu'en comportent les catégories, et les synthèses qu'on voudrait former de propositions contradictoires. Si l'on admet de ces dernières, si Ton croit par exemple n'être pas forcé d'opter entre : Le monde a commencé. Le monde n'a pas commencé, etc., je demande qu'on me ramène aux mystères du brahmanisme, ce sont à ma connaissance les plus puissants produits de l'esprit que la contradiction n'arrête pas,
11 ne me semble pas, quand je vois les théologiens, que leur opinion touchant la prescience divine provienne de ce qu'ils ne conservent point de futurs indécis. Il me semble au contraire, qu'ils voudraient bien en conserver de tels, et souvent ils prétendent le faire. Mais ils en sont empêchés par les exigences de l'idéal d'unité absolue du penser et de l'être.
Ce n'est pas la lecture des romans, quoique fort instructive, qui m'a le plus éclairé sur les dangers du sentiment. Mais c'est l'histoire des religions, la vie même des Saints, le spectacle journalier de la politique des églises et de la direction ecclésiastique. Je suis frappé de la faiblesse de l'esprit de justice dans le monde religieux... Mais je n'en suis pas étonné, car le sens le plus profond des deux grandes religions du Salut me paraît consister en ce qu'elles ont fait un immense eflort pour gagner à force d'amour, de grâce et de sacrifices le prix promis à la justice et dont l'antiquité s'était pourtant rendue outrageusement indigne. Ah! qu'il est temps que le papier manque, n'est-ce pas?
Croyez toujours à toutes et à mes plus vives sympathies