‹ Correspondance de Renouvier et SecrétanChapitre 21 sur 96 · XVI. — M. Renouvier à M. Secrétan · texte numérisé non relu

XVI. — M. Renouvier à M. Secrétan

La Verdette, 24 oct. 69.

Cher ami.

Il me tarde beaucoup d'apprendre, de faire mieux que supposer, que les soins de la famille, le climat plus favorable, etc., ont amené votre complet rétablissement après les épreuves de ce voyage d'agrément dont j'ai goûté seul, je le crains, tout le charme. J'ai pensé et repensé depuis à nos conversations que j'aurais voulues plus longues, plus serrées encore — (mais que je n'aurais pas voulues moins variées) — si je n'avais eu peur de vous excéder par des arguments in forma. Telles qu'elles ont été j'en conserve un souvenir plein de fruit.

Vous aurez été informé certainement des articles de M. Franck dans les Débats, vous aurez vu alors que l'exemple que j'ai donné en citant votre autorité contre l'optimisme de M. Ravaisson a trouvé un imitateur. Je m'en suis félicité. Pour mon propre compte, je suis loin d'avoir à me plaindre de M. Franck. Il ne tient même qu'à moi de croire que j'ai inspiré un moment des inquiétudes à cet honnête penseur pour le bien fondé des vérités qu'il nomme telles (7 et 14 août, 9 sept., 7 oct.. Débats).

Je lis un livre de mérite qui appartient au nouvel éclectisme {éclectisme désormais assez semblable à celui des anciens). C'est la Philosophie de Platon, de M. Alf. Fouillée un grand mémoire couronné. M. Fouillée est visiblement un des porteurs des destinées futures de l'école universitaire.

Ne me punissez pas, je vous en prie, de ma procrastination et donnez-moi bientôt des nouvelles de votre santé.

A vous de cœur. C^ Renouvier.

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