XXIV. — M. Secrétan à M. Renouvier
Les Bergières-sur-Lausanne, 19 mars 72.
Cher ami, Je relève de maladie. Mon deuxième volume est enfin sorti de presse, mais j'ai eu peine à corriger seulement les épreuves, sans pouvoir utiliser les annotations que j'avais mendiées et que vous aviez accordées à mon importunité. Je vous enverrai personnellement le volume dès que je posséderai votre adresse effective; ce billet a pour objet de m'en enquérir, La part active que vous prenez à la rédaction d'un journal hebdomadaire m'a fait soupçonner que vous étiez retourné à Paris, sans m'en donner la certitude. Je vous remercie vivement pour l'envoi de ce journal dont le premier numéro est arrivé juste au moment où je pouvais reprendre pour la première fois une lecture tant soit peu sérieuse, je vous prie de faire tirer sur moi ou de me dire comment je dois payer, ma position devant être celle d'un abonné. Je sympathise avec votre publication dont l'annonce dans le Comple-Rendu ' sera une éclatante dérogation de celui-ci à la règle de ne parler que des publications en langue étrangère. J'enverrai mon volume à la Critique philosophique par l'éditeur et je recommande à votre attention la préface et la conclusion.
La première leçon est aussi ajoutée et résume le premier volume
en visant plus ou moins la philosophie et la critique postérieures à la première édition. Quant au corps du volume, il y a beaucoup de retouches et d'additions, quelques suppressions, pas de changements essentiels.
Je vous serai infiniment obligé si vous trouvez un moment pour me donner en bref de vos nouvelles, et aussi si vous pouvez m'indiquer vos projets pour cet été.
Il aurait été charmant d'aller vous trouver à AUevard si cette vilaine maladie n'était venue à la traverse, mais jusqu'à l'automne je ne ferai que me soigner dans l'espoir de reprendre mes cours en octobre, de sorte que je pourrai aller un peu où je voudrai, et je serais désolé que l'année s'écoulât sans que nous nous soyons rencontrés.
Je suis encore trop chétif pour ra'engager dans une conversation
sérieuse et pour vous envoyer autre chose que mes félicitations et
mes meilleures amitiés.
Ch. Secrétan.