Reproduite dans les Discours laïques
une fantaisie catholique qui surprendrait chez vous, si la chose y était, mais il n'y a que le mot (mot malheureux), puisqu'en réalité vous faites rentrer ce mérite dans le devoir envers soi-même. En réalité vous voulez tout ce que je veux et je ne veux que ce que vous voulez, mais il s'agit de correction systématique, de la forme et de la conséquence. Il me paraît que vous y recourez volontairement par prédilection pour le paganisme et par antipathie pour le moyen âge, pour moi je me fiche de l'un comme de l'autre, je ne veux que Vunité de la vérité et je trouve que l'amour vrai, la volonté que Vêtre soit, permettant seule à la justice de passer dans les faits, à l'intérêt personnel de s'entendre soi-même, est réellement la clef de voûte où toute la chaîne des notions morales est suspendue et loin de laquelle tout tombe en débris.
Je n'ai malheureusement pas l'adresse de M. Lacheret qui est rentré en France, sa patrie.
Je suis bien d'accord avec vous sur votre politique. Seulement, depuis trois mois que votre dernière lettre est écrite il paraît qu'il se produit une recrudescence de Bonapartisme qui empire encore la situation. De B. est réellement abominable avec son doctrinarisme doublé de jésuitisme et sa rouerie doublée d'imbécillité.
Ici nous allons accepter dans un mois notre nouvel acte fédératif. Je le rejetterai en vertu d'un veto accordé au peuple suisse pris comme unité, lequel renferme la promesse de la future suppression des cantons, que je ne saurais admettre, le principe fédératif est ma panacée et selon moi la formule du vrai métaphysique, physiologique, ecclésiastique, moral et politique =: fédération de fédérations, c'est ainsi que se formule mon principe de l'amour réalisant la satisfaction des intérêts par la solidarité dans la justice.
Je vous renouvelle à temps la prière de me faire connaître à temps vos villégiatures de cette année à moins qu'il ne vous soit positivement désagréable d'avoir chance de m'y rencontrer.
Avez-vous ma Conscience^ Recevez-vous toujours le Compte Rendu, avez-vous vu comment j'y suis aligné? Qu'en pensez-vous?
Je m'arrête, trop las pour engage? ou pour rechercher d'autres
sujets dont j'avais foule cependant et ne voulant pas que ma lettre
souffre de plus longs retards.
Je suis à vous du fond du cœur.
Ca. Secrétan.